Une comédie sociale britannique à la sauce sud-coréenne. C’est le choix audacieux du réalisateur Jo Woong qui adapte la série Good Vibrations pour JTBC.
Les vertus de la vente

- 정숙한 세일즈 / A Virtuous Business
- Réalisé par Jo Woong
- Écrit par Choi Bo Rim
- Chaîne/plateforme : JTBC
- Diffusion : 2024 sur Netflix et TVING
- 12 épisodes
Synopsis : En 1992, dans la petite ville de Geumje, quatre femmes choisissent pour des raisons différentes de se lancer dans la vente à domicile de lingerie fine et de sextoys. Un choix qui ne manquera évidemment pas de choquer les esprits conservateurs de ce coin reculé.
En parallèle, un nouveau policier intègre le commissariat de la ville et enquête secrètement sur une vieille affaire non classée.
Les super-héroïnes de la vente
Pour porter ses héroïnes dans l’émancipation, le réalisateur a fait le choix de l’expérience et les quatre actrices sélectionnées cumulent de nombreux films, séries et récompenses.

De gauche à droite : Kim So Yeon, Kim Sung Ryoung, Kim Sun Young et Lee Se Hee
Kim So Yeon : l’ex-Miss Piment qui est tombée sur le mauvais numéro

De nature très réservée, le personnage de Han Jeong Suk se lance timidement dans cette activité pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Elle se découvrira rapidement de véritables qualités dans le domaine du marketing.
Kim Sung Ryoung : la femme moderne au foyer qui s’ennuie

Le personnage de Oh Geum Hui devait juste accueillir une vente dans son domicile, une vente qui vient égayer sa vie et la pousse à rejoindre Han Jeong Suk dans son activité. Un travail qui lui permettra également de mettre enfin à profit ses années d’études à l’université.
Kim Sun Young : la mère de famille épanouie

Le personnage de Seo Young Bok est prêt à tout pour améliorer les finances de son foyer et faire mieux pour ses quatre enfants. La vente de lingerie ne lui fait pas peur et son enthousiasme sera un moteur essentiel pour le groupe.
Lee Se Hee : la mère célibataire qui n’a pas froid aux yeux

En tant que mère célibataire, le personnage de Lee Ju Ri n’a pas peur des défis et encore moins du regard des autres. Elle rejoint le groupe pour compléter ses finances, mais surtout pour s’amuser. C’est la touche de jeunesse et de bonne humeur du groupe.
Quatre personnalités bien différentes qui forment un groupe attachant, et il est très difficile de ne pas les comparer aux héroïnes de Sex and the City. Les ressemblances sont nombreuses et des morceaux latinos accentuent le clin d’œil à la série de 1998. Une recette qui a fait ses preuves et dont le public ne se lasse pas.
Humour et émancipation
La vente d’objets coquins est le fil conducteur du drama. Les scènes sont d’autant plus cocasses dans ce milieu rural des années 90 et dans un pays très conservateur. Heureusement, il ne se réduit pas à cela, et cette vente très particulière devient une véritable possibilité d’émancipation pour ces femmes.
La vie des héroïnes est guidée d’une manière ou d’une autre par les hommes et leurs agissements. Elles semblent la subir et trouver des manières de s’en accommoder. Avec la vente de ces produits, les personnages vont devoir faire un travail d’introspection, découvrir qui elles sont et leurs valeurs afin de s’épanouir et de définir leurs nouvelles vies sur des bases qu’elles choisiront.
Voir ces femmes s’émanciper ne veut pas dire descendre le genre masculin, bien au contraire, c’est le tour de force du scénario. Les femmes subissent leur sort, cependant le scénario n’accuse pas directement les conjoints, mais plutôt le fonctionnement de la société. Les rôles masculins dans ce drama sont réellement touchants, presque fragiles. Ils sont maladroits, aimants et peu sûrs d’eux, surtout face à ces femmes qui s’affirment.
L’histoire secondaire avec l’acteur Yeon Woo Jin représente l’homme moderne, l’idéal à atteindre. Il a fait ses études aux États-Unis et dégage un certain charisme que son collègue Na Seong Jae (Jung Soon Won) s’efforcera de copier sans succès.





La virilité comme atout de séduction est remise en question tout au long du drama. Le personnage de Lee Ju Ri ne peut pas s’empêcher d’embrasser Eom Dae Geun dès qu’il se met à pleurer et inversement, les femmes deviennent plus séduisantes quand elles reprennent le pouvoir.

Le scénario n’hésite également pas à se moquer des femmes pour qui les choses sont bien telles qu’elles sont et qui s’offusquent devant l’inutilité de la lingerie coquine ; « je comptais acheter des culottes pour cacher ma graisse ».
Ci-contre : Jung Young Joo découvre avec stupéfaction le principe de la culotte fendue.
C’est finalement un message assez sérieux envoyé à tous les membres de cette société patriarcale avec beaucoup d’autodérision.
Les derniers épisodes de trop
Les vertus de la vente est une adaptation de Good Vibrations (appelé aussi Brief Encounters), une série britannique sortie en 2016 et qui compte 6 épisodes. L’adaptation sud-coréenne semble fidèle à la version anglaise, mais compte le double d’épisodes.
Un choix qui autorise certainement plus de détails et à faire des retours dans le passé des personnages, à mieux les apprécier, un choix cohérent pour les connaisseurs en drama habitués par ailleurs à une moyenne de 16 épisodes.
Cependant, les deux derniers et surtout le dernier épisode ne sont pas de la même qualité que le reste de la série. Le scénario flotte un peu, les évènements abordés ne sont pas des plus intéressants. Et pour finir, on fera un bond de quatre ans qui n’apporte pas grand-chose à la série, une fin presque déstabilisante, d’autant que d’autres sujets entamés par le scénario semblent complètement laissés de côté.
Conclusion
Les vertus de la vente aborde avec beaucoup de légèreté des sujets toujours d’actualité, même en décalant l’action dans les années 90. C’est un drama plein d’humour porté par de très bons acteurs avec des looks improbables et devant lequel vous passerez forcément un bon moment malgré une fin un peu maladroite.
Sources : Hancinema | Télérama
Article rédigé par Fanny.

