Sorti sur Netflix en décembre dernier, The Great Flood se présente comme un film catastrophe qui vise à repousser les frontières du genre, en glissant progressivement vers la science-fiction. Si les cinéastes coréens manient habituellement le mélange des genres avec brio, le film de Kim Byung Woo n’atteint pas cette maîtrise, malgré la présence de Kim Da Mi et Park Hae Soo au casting.
Informations & synopsis de The Great Flood
- Titre original : 대홍수
- Titre anglais : The Great Flood (Submersion)
- Pays : Corée du Sud
- Réalisation : Kim Byung Woo
- Scénario : Han Ji Soo, Kim Byung Woo
- Date de sortie : 19/12/2025
- Genre : Science-fiction, catastrophe
- Durée : 1 h 48
Suite à l’impact d’un astéroïde sur Terre, une mère et son fils se retrouvent bloqués dans un immeuble inondé. An Na, chercheuse dans un centre d’intelligence artificielle, et son jeune fils, Ja In, tentent d’échapper au chaos les entourant.
Casting & bande-annonce

The Great Flood : codes du film catastrophe
Les codes du genre catastrophe, développés à partir des années 1970, reposent davantage sur des mécanismes d’effets visuels et de tension que sur un suspense dont l’issue demeure souvent prévisible. Les tragédies évoquées au cinéma illustrent des drames liés au dérèglement climatique et à des catastrophes naturelles telles que tornades, volcans, séismes, incendies, tsunamis et inondations. Toutefois, ces films cherchent rarement à mettre en avant les problèmes environnementaux, misant avant tout sur le spectaculaire et sa mise en valeur par des effets spéciaux assez efficaces. Dans The Great Flood, les codes élémentaires du genre que sont l’annonce de la catastrophe, l’apparition du désastre, et la réaction survivaliste des personnages, sont présentés d’emblée, posant les bases d’un récit qui se déroule sur fond d’inondations imminentes et d’infrastructures non préparées.
The Great Flood : du déluge au basculement vers les limites de la SF
Le récit s’ouvre sur An Na, mère célibataire, et son jeune fils Ja In. Ce dernier, passionné par le monde extérieur, s’entraîne à la plongée au fond de son lit, tandis que le monde extérieur se révèle telle une immense piscine. Leur vie semble relativement inchangée par le déluge imminent : An Na travaille, Ja In va à l’école et les provisions ne manquent pas. Le choix scénaristique privilégie ainsi une réalité immédiate et contemporaine des problématiques environnementales : il ne s’agit pas d’une vision lointaine de l’avenir à ce stade de l’histoire, mais d’un drame qui se déroule sous nos yeux. L’immeuble où ils résident montre déjà des signes d’inondation et d’infrastructures dépourvues de parade face à l’événement, soulignant une humanité encore mal préparée.


Présenté avant tout comme un récit survivaliste, le film passe progressivement d’un registre de catastrophe à une approche science-fiction qui, finalement, s’enlise dans un éventail d’ébauches faisant office de fourre-tout maladroit. L’idée pouvait pourtant sembler cohérente malgré son virage : l’aube d’un cataclysme naturel bouleversant le monde au point d’ouvrir une réflexion sur un futur où des progrès, impossibles aujourd’hui, deviendraient envisageables. Mais The Great Flood apparaît davantage comme un assemblage hétéroclite et peu maîtrisé, manquant de nuance et de subtilité dans son basculement vers la fiction spéculative. Le récit cherche à sonder la nature humaine et la facilité avec laquelle on se débarrasse de ceux jugés « inutiles ».
Le film met l’accent sur l’intelligence artificielle en cherchant à relier émotions et décisions des personnages. Il les éprouve selon une logique d’échantillonnage humain, dans le but de préserver l’espèce . Dans un contexte apocalyptique où l’humanité pourrait disparaître, l’idée d’expérimenter les sentiments d’un être vivant créé artificiellement devient centrale: le rôle de l’instinct maternel, perçu comme le pivot moral nécessaire à la survie, conduit toutefois à une réduction manichéenne entre « humain » et « copie imparfaite ». Mélangeant des inspirations comme Mickey 17 pour l’idée du sacrifice de l’inutile et Edge of Tomorrow pour la répétition des événements jusqu’au succès, The Great Flood ne parvient toutefois pas à atteindre l’ambition de ces films.
Conclusion
Annoncé comme un pur film catastrophe, The Green Flood déçoit. Non pas parce qu’il s’éloigne du genre attendu, mais parce qu’il s’aventure maladroitement sur le terrain de la science-fiction. Si l’intention visant à surprendre le spectateur mérite d’être soulignée, le scénario, trop convenu et prévisible, laisse surtout un sentiment de déjà vu aux ficelles assez niaises.
Sources : AsianWiki | IMDb
Sources images : AsianWiki | IMDb



