Derrière Pororo le gentil pingouin se cache un autre succès de l’animation sud-coréenne.
Longtemps limités à Dooly le petit dinosaure, les succès de l’animation sud-coréenne ont connu un véritable essor avec l’arrivée du pingouin Pororo et de ses amis, faisant de ce personnage une véritable mascotte nationale et un héros international (la série s’est vendue dans près de 120 pays). Il n’en fallait pas plus pour faire des émules et c’est ainsi que Larva voit le jour, série animée qui suit les aventures de deux petites larves hautes en couleur.
Plongez dans le monde coloré de Larva
Fiche technique

- Nom original : 라바
- Créateur : Maeng Joo Gong
- Scénaristes : Ahn Byung Wook & Kang Min Seong
- Société de production : Tuba Entertainment
- Chaîne de diffusion : KBS1, KBS2, JEI TV puis SBS
- Date de sortie : diffusion en cours depuis 2011
- Nombre de saisons : six saisons
- Durée des épisodes : 2 minutes (saison 1 à 3 et 6), 7 minutes (saisons 4 et 5)
- Disponibilité : Netflix
Synopsis de Larva
Larva suit les aventures d’un duo de larves quasi typique des dessins animés : Jaune, une larve jaune plutôt tranquille, presque benêt, qui adore manger et péter, et Rouge, petite larve rouge un peu caractérielle, sarcastique et qui prend plaisir à martyriser son acolyte.
Série d’animation sans dialogues (à l’instar de Oggy et les Cafards par chez nous), les courtes vignettes suivent les aventures de ses deux petites larves ainsi que de leurs amis d’abord dans leur antre, sous un trottoir, puis à New York, sur une île déserte et enfin sur Mars.
Larva : l’animation à l’honneur
Si j’ai décidé de vous parler de cette série, c’est bien sûr parce qu’elle m’a plu mais aussi parce qu’elle me permet de parler d’une série d’animation, un médium pour l’instant peu présent dans les contenus coréens proposés à l’international. Bien sûr, Pororo cartonne mais l’industrie de l’animation coréenne me reste encore très inconnue. Le succès de Larva et sa présence dans près de 40 pays me laisse espérer que d’autres séries (ou films) d’animations coréennes mettront bientôt les voiles dans nos contrées.
Au-delà de cette mise en avant que je souhaite faire, l’univers ultra coloré et inventif de Larva m’a plu, et aide à de suite rentrer dans cette série aux gags exagérés.



Un condensé d’humour noir et de slapstick plutôt addictif
Larva repose sur deux types d’humour bien particuliers qui s’accordent à merveille dans la série. L’humour noir d’abord, avec le malin plaisir qu’a Rouge à embarquer Jaune dans les pires situations, les prédateurs (animaux et humains) qui les pourchassent, les mangent parfois, dans des gags cruels, bêtes et méchants mais drôlement efficaces. L’humour dit slapstick, ensuite. Cet humour se caractérise à la fois par un comique de gestes et un visuel qui exacerbe la violence comme ressort humoristique (par exemple Tom de Tom et Jerry qui se prend la queue dans un piège à souris, Oggy de Oggy et les Cafards subissant les sévices des trois parasites, etc).
Dans Larva, Rouge, Jaune et leurs amis sont souvent amochés et estropiés, meurent même parfois (avant d’être sauvés in extremis d’une manière parfaitement débile et drôle) pour les besoins d’un gag. Si cette cruauté quasi-horrifique peut questionner (bien qu’elle suive la lignée de nombre de séries d’animation avant elle comme Courage, Le Chien Froussard, Happy Tree Friends ou encore South Park), elle n’en reste pas moins diablement efficace pour ravir parents et enfants.

Évolution, parodie et poésie
Malgré cet humour, la série ne reste pas cantonnée dans ses gags sans liens entre les épisodes. La série évolue, tout d’abord dans le décor : de la tanière des deux larves, théâtre de leurs premières aventures, Rouge et Jaune voyagent jusqu’à New York dans une véritable jungle urbaine hostile à nos deux petits insectes. On retrouve également l’île déserte, qui verra d’ailleurs Rouge mûrir un peu, pour ensuite arriver sur Mars. Chaque décor participe au renouvellement des enjeux et des gags : la survie des larves dans de nouveaux environnements qui leur semblent inadaptés de prime abord, avec des dangers toujours plus grands, toujours plus inattendus.
Mais la série évolue aussi dans son format, notamment lors de la quatrième saison baptisée Larva Island. De petites vignettes de deux minutes, les épisodes s’allongent à sept minutes. Ce changement permet d’apporter de nouveaux éléments à Larva, notamment une sérialité. Contrairement aux premiers épisodes sans véritable lien entre eux, Larva Island met en place un scénario fil rouge qui jalonnera les gags. En plus de ce fil conducteur, ce rallongement des épisodes permet aux scénaristes de la série de jouer avec les codes des séries coréennes. Ralentis, flashbacks et quiproquos propres aux dramas (surtout romantiques) se mêlent à l’humour de Larva pour une parodie détonante mais qui fonctionne pour les fans chevronnés.
Derrière ces nouveaux ressorts scénaristiques et comiques, le dessin animé arrive par moments à nous proposer quelques moments de poésie, de tendre amitié et camaraderie qui sauront vous attendrir après des aventures ô combien chaotiques. C’est avec cet atout que Larva a définitivement fait son entrée dans mes découvertes coup de cœur de 2024.


Par où commencer ?
Avec six saisons (et même un film faisant le lien entre la quatrième et cinquième saison), et plus de trois cents épisodes, où commencer ? Faut-il nécessairement démarrer avec le tout premier épisode ? La réponse est toute simple : absolument pas. Si la première saison pose évidemment les bases de l’humour et des personnages de la série, l’absence de dialogues permet à chacun de prendre le train en marche et de démarrer la série dans n’importe quel ordre. J’ai par exemple moi-même découvert la série par son film dérivé, Larva : Le Pouvoir de l’Amulette (2022), court-métrage d’une trentaine de minutes faisant suite à la saison 4.
Alors n’ayez crainte du large choix d’épisodes et commencez là où il vous plaira.
Avec son humour noir et ses personnages parfois bêtes et méchants mais pourtant liés par une touchante amitié, Larva se place comme une série d’animation coréenne où petits et grands y trouveront leur compte pour passer un bon moment, haut en couleur.
Sources : Korea Herald | Korea Times | IMDb | The Free Dictionary
Sources images : IMDb

