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Kim Ki Duk, un réalisateur atypique
Kim Ki Duk est loin d’être un réalisateur inconnu. C’est même l’un des plus reconnus de Corée du Sud depuis une quinzaine d’années. Il est adulé en Europe pour son style qui se réinvente à chaque film, et le regard sans concession qu’il porte sur la société coréenne. C’est un peu le Luc Besson coréen : ils se sont tous les deux formés seuls au cinéma. Sauf que Kim Ki Duk n’est pas trop enclin au style hollywoodien et qu’il est très apprécié par la critique. D’ailleurs on pourrait plus facilement le classer dans la catégorie des cinéastes indépendants, si l’industrie du cinéma coréen permettait cette catégorisation. Ce qui n’est pas vraiment le cas.
Personnellement, j’ai découvert Kim Ki Duk cet été avec trois films : Adresse Inconnue (2001), Locataires (2004) et Entre deux rives (2016). Ce dernier est actuellement au cinéma et vaut vraiment le détour. Donc n’hésitez pas à aller le visionner. Ce qui m’a vraiment saisie avec ces films c’est combien ils sont différents. Certains cinéastes ne peuvent pas s’empêcher de ruminer les mêmes sujets ou de filmer sous un angle récurrent. Mais Kim Ki Duk semble vraiment se réinventer à chacun de ses films. Certes ils sont toujours incisifs et la violence est toujours filmée avec pudeur. Mais hormis ces quelques discrètes touches on serait bien en peine de relier ces films.
- Filmographie :
1996 : Crocodile (악어, Ag-o) | Wild Animals (야생동물 보호구역, Yasaeng dongmul bohoguyeog) - 1998 : The Birdcage Inn (파란대문, paran daemun)
- 2000 : Real Fiction (실제상황, Shilje sanghwang) | L’Île (섬, Seom)
- 2001 : Adresse inconnue (수취인불명, Suchwiin bulmyeong)
- 2001 : Bad Guy (나쁜 남자, Nappeun namja)
- 2002 : The Coast Guard (해안선, Haeanseon)
- 2003 : Printemps, été, automne, hiver… et printemps (봄 여름 가을 겨울 그리고 봄, Bom yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom)
- 2004 : Samaria (사마리아, Samaria) | Locataires (빈집, Bin jip)
- 2005 : L’Arc (활, Hwal)
- 2006 : Time (시간, sigan)
- 2007 : Souffle (숨, Soom)
- 2008 : Dream (비몽, Bi-mong)
- 2011 : Arirang (아리랑) | Amen (아멘)
- 2012 : Pieta (피에타)
- 2013 : Moebius (뫼비우스)
- 2014 : One on One (일대일)
- 2015 : Stop (스톱)
- 2016 : Entre deux rives (그물, Geumul)
Quelle est donc la recette de Kim Ki Duk pour réaliser ces films ? Ses interviews et ses journaux de bord permettent de s’en faire une idée. Tout d’abord, il attrape une anecdote de la vie quotidienne et il la change en une idée de scénario.
Dans Adresse Inconnue, ce sont les lettres sans destinataire qui l’avaient inspirés. Dans Locataires, c’est en remarquant les publicité collée aux serrures des portes que l’idée lui est venu que ça serait une bonne technique pour reconnaître les appartements vides. À partir de là, il a écrit rapidement un scénario.
Lorsqu’il commence un tournage, Kim Ki Duk explique que le scénario peut encore être modifié de 30%. Lors du tournage, le réalisateur attend beaucoup de son équipe qui le connaît bien. Il met aussi la main à la patte. Il prépare les accessoires et répète avec les acteurs. Lorsque le moteur tourne, il incite toute son équipe à ne pas dépasser cinq prises. Il semble aimer la rapidité et l’efficacité. Et il faut avouer que cela se ressent très bien dans ses films.
Sources : Bonus du film Locataires (interview et journal de bord) | Jacquette du film Adresse Inconnue


