Né en 1948 à Séoul, Kim Hoon est un écrivain et journaliste coréen. Il écrit son premier roman Le chant du sabre en 2001.
Résumé
« Alors que sa femme vient de mourir, le directeur commercial d’une société de cosmétiques doit gérer, depuis les salons funéraires, l’urgence de la campagne publicitaire d’été.
Entre mascara et mascarade, un portrait au scalpel de la Corée d’aujourd’hui et une écriture inflexible, d’une incroyable densité, au plus près des corps, de la mécanique du vivant et des enjeux sociaux, qui ne recule devant aucune horreur, qu’elle soit morale ou physique, mais avec une charge d’humour permanente. »
Mon avis
Durant toute ma lecture, j’ai pu constater l’absurdité du parallèle deuil et travail. Le personnage principal essaie de faire son deuil mais il est rattrapé par la folie du monde du travail. Il est importuné même dans le salon funéraire de sa femme. Ce parallèle montre une fois de plus l’importance du travail et du rendement dans la société coréenne, peu importe les circonstances.
Le monde des cosmétiques n’est sûrement pas choisi au hasard vu que l’apparence est primordiale en Corée. Cela m’a fait penser aux écrits d’Erving Goffman, sociologue et linguiste. Il expose qu’on revêt différents masques (dans notre société actuelle, cela peut-être traduit par du maquillage) afin de s’adapter aux situations auxquelles on est confrontées. Le mari doit revêtir le plus vite possible son masque de salarié et faire face. Il doit gérer la campagne publicitaire malgré le drame familial.
J’ai été un peu surprise par la froideur, la distance et la souffrance que dégage ce livre. Je suppose que ce sont des traits caractéristiques du réalisme coréen que j’ai souvent rencontré dans mes lectures. En lisant le résumé, je pensais quand même découvrir plus d’émotions et de tendresse.
Les détails sont donc très réalistes et parfois crus comme les scènes de toilette. En beauté parle de la maladie mais aussi l’amour platonique. On se demande alors si c’est légitime et excusable de fantasmer sur un(e) de ses collègues lorsque son conjoint est atteint d’une maladie grave.
Ce livre est facile à lire dans le sens où il est court et que le style est accessible. Mais c’est une histoire assez dure, qui rend compte de la réalité d’une maladie incurable, de la souffrance des patients. Elle montre aussi le quotidien des proches ainsi que leurs lourdes responsabilités.
Si vous voulez en savoir plus sur les prises en charges médicales en Corée, c’est ici.
« Il faut absolument que tu t’occupes jusqu’au bout de la campagne de pub de cet été. D’accord tu es en deuil, mais en même temps il n’est pas question de la décaler, tu comprends ? » p. 29
En beauté de Kim Hoon, éditions Picquier poche, 6 €
ISBN : 978-2-8097-1354-1

