Avec l’ouverture cette année de la branche SeMA Photography du musée SeMA, dédiée entièrement à la photographie, voici l’occasion de revenir sur l’histoire de la famille Lim. Pionnière de la photographie moderne coréenne, elle a permis au travers de la transmission familiale de marquer l’histoire de cet art et de dresser un portrait de certaines périodes de la Corée du Sud.
4 générations de photographes
Lim Suk Je : l’affirmation au travers du réalisme
Au début de cette histoire, il y a donc Lim Suk Je. Né en 1918, il sera l’un des premiers photographes professionnels de Corée. De photo-journaliste, il va se diriger vers une photographie plus réaliste, ayant pour sujet les gens « ordinaires » travaillant, qui se fait témoin du quotidien en Corée dans les années 1940-1950.




Lim In Sik : photographie de guerre et documentaire
Dans son sillage, le neveu de Lim Suk Je, Lim In Sik, va également devenir l’une des figures emblématiques de la photographie moderne coréenne. Après avoir capturé en images la Guerre de Corée, il se tourne vers un style plus documentaire en montrant la réalité de l’après-guerre et l’évolution impressionnante de certains quartiers comme Myeongdong. Il sera également à l’initiative de divers projets qui le place comme une figure pionnière de la photographie, en devenant par exemple le premier photographe aérien ou en ouvrant la première galerie dédiée à la photographie à la fin des années 1950 à Séoul.





Lim Chung Eui : témoignages de l’évolution architecturale moderne
Vient ensuite le fils de Lim In Sik, Lim Chung Eui, qui va se spécialiser dans la photographie architecturale. Ses clichés ont pu capturer de réelles avancées urbanistiques et structurelles dans un Séoul en plein changement, à partir des années 1960, comme au sein du quartier Dondgaemun par exemple. À côté de cela, il documentera aussi les « non-changements » dans certains quartiers plus en périphérie, qui semblent être délaissés par ce vent de nouveauté, les « villages de la Lune ». Même si la plupart de ces quartiers seront par la suite emportés par la modernisation grandissante de la capitale, les photographies de Lim Chung Eui ont permis d’immortaliser ce pan de l’histoire de Séoul, avec ses contrastes saisissants.

1985, Lim Chung Eui

Lim Juneyoung : une approche plus abstraite
Lim Juneyoung, fils de Lim Chung Eui, se place également aujourd’hui dans la lignée de son père, en travaillant principalement sur l’architecture. Toutefois, son approche est plus abstraite car il se sert de la géométrie, la rigidité et l’ancrage physique de ces structures pour y insérer des figures en mouvements, comme dans sa série Like Water (« Comme l’eau »). Les lignes d’eau ajoutées par le biais de logiciels photographiques viennent contrebalancer par leur mouvement et leur fluidité les infrastructures modernes, véritable flux de vie qui se balade au sein de la ville.


Le travail de Lim Juneyoung s’exprime cette fois entre États-Unis et Corée du Sud, ouvrant de nouvelles perspectives à un héritage familial ancré dans la volonté de capturer des instants, mais également des changements. Héritage qui a fini par construire l’image de l’évolution et l’histoire de la photographie moderne coréenne.



Sources : SeMA | The Korea Herald (1) (2) | Korea Joongang Daily | The Artling | The Korea Times | Architectural Digest | MMCA (1) (2)
Sources Images : Chungam Archive | The Korea Herald | Korea Joongang Daily | The Korea Times

