Selon les chiffres de la KOSTAT, l’agence publique sud-coréenne de statistiques, publiés le jeudi 14 décembre, le rythme du déclin démographique sud-coréen pourrait encore s’accélérer, privant le pays d’un tiers de sa population d’ici 50 ans.
Un vieillissement accéléré de la population
Le dernier rapport de la KOSTAT affirme que, si les tendances actuelles se poursuivent, la population sud-coréenne, qui avoisine aujourd’hui les 51,6 millions d’habitants, pourrait passer sous la barre des 40 millions en 2041 et même atteindre 36,2 millions en 2072. Le ministre de la Justice, Han Dong Hoon, a même parlé d’un « risque d’extinction ».
Le taux de natalité sud-coréen est le plus bas du monde à l’heure actuelle. Selon la KOSTAT, il pourrait rebondir dans les années à venir, passant de 0,78 % à 1 %. En revanche, un taux inférieur à 2 % ne garantit pas le renouvellement de la population, et indique donc une baisse. Dans le cas sud-coréen, cette baisse est si drastique qu’elle entraîne un vieillissement accéléré de la population, tout comme son voisin japonais ou encore l’Italie. Le faible taux de natalité entraîne en effet l’augmentation de l’âge médian des Sud-Coréens : les plus de 65 ans pourraient peser pour 47,2 % de la population totale en 2072.
Le rapport envisage des scénarios plus optimistes, mais également des cas de figure encore plus catastrophiques. Selon les statisticiens, le taux de natalité pourrait au contraire doubler durant les 50 années à venir, et empêcher un déclin démographique trop extrême. À l’inverse, l’hypothèse la plus pessimiste prédit un retour au nombre d’habitants que la Corée du Sud comportait en 1967.
Un véritable défi pour le gouvernement sud-coréen
Un tel déclin démographique engendrerait de graves conséquences sur l’économie sud-coréenne. En effet, en 2072, la Corée du Sud pourrait compter 104 retraités pour 100 sud-coréens âgés de 15 à 64 ans et devra d’ici 2031 faire face à une diminution de plus de 3 millions de personnes en âge de travailler.
Ces tendances démographiques représentent également une menace pour la sécurité nationale, dans la mesure où le déclin de la population entraîne, selon toute logique, une diminution du nombre d’hommes et femmes en capacité de rejoindre les forces de défense du pays. La KOSTAT prédit une chute du nombre de jeunes âgés de 19 à 34 ans à 4,5 millions en 2072, pour 10,61 millions en 2022.
Ces derniers mois, le gouvernement Yoon s’est efforcé de contrer les effets négatifs de ce déclin en proposant diverses solutions. Le ministre sud-coréen de la Justice évoqué précédemment a notamment dévoilé une politique d’ « immigration contrôlée », qui apparaît aujourd’hui comme la seule solution court terme efficace afin de limiter le déclin.
Les primes accordées aux familles lors des naissances ont également été doublées. En 2024, cette hausse devrait se poursuivre et les primes atteindraient 710 euros par mois pour la première année et 350 euros pour la seconde. En parallèle, le gouvernement a promis l’ouverture de 500 crèches supplémentaires par an jusqu’en 2027.
Sources : Les Echos | L’Express
Sources images : El País | Korea JoongAng Daily
Article rédigé par Romane TOMIO.


