Informations
Titre original : 아티스트: 다시 태어나다
Titre anglais : The Artist: Reborn
Pays : Corée du Sud
Réalisateur et scénariste : Kim Kyoung Won
Diffusion : 9 mars 2017
Genre : drame
Durée : 1h36
Synopsis
Giselle est une artiste qui revient en Corée du Sud après avoir étudié la peinture au Danemark pendant plusieurs années. De retour dans son pays natal, elle tente d’organiser sa première exposition mais essuie refus sur refus. Puis un jour, elle fait la rencontre du directeur de galerie Jae Beom. Grâce à son aide, Giselle va enfin réussir à exposer ses tableaux mais un événement inattendu va bouleverser toute l’histoire.
Casting
Bande-annonce
Mon avis sur l’histoire
Un mélange de sujets réussi
The Artist: Reborn est un film qui touche plusieurs thèmes : la mort, l’envie de reconnaissance, le succès et évidemment, le monde de l’art. J’avais peur de trouver le film ennuyeux, les films sur l’art étant souvent complexes, philosophiques. Cependant, grâce à ce mélange, le réalisateur prend un angle très intéressant pour parler des tourments des artistes. En parlant ainsi de la mort et du succès, le réalisateur nous montre comment le monde artistique fabrique et façonne l’artiste.
Le film prouve que Giselle, les autres personnages et même nous les spectateurs, nous restons coincés dans un système où seuls l’échec et le succès nous définissent. Véritable satire du monde de l’art malgré l’amour du réalisateur pour celui-ci, The Artist: Reborn est une histoire qui fait écho à notre monde capitaliste, masculin, diabolisé par l’argent.
Une touche d’ironie à la fois plaisante et floue
Kim Kyoung Won a eu le génie d’utiliser l’humour noir et l’ironie pour aborder le sujet principal de son film. Cet humour rend le film agréable à regarder et le rend ainsi plus léger. Le sujet étant très complexe, cela fait du bien de rire à certains passages, nous rappelant que dans n’importe quelle situation, des choses ridicules ou incontrôlables peuvent arriver.
Cependant, cette ironie nous perd aussi de temps à autre. En effet, on ne sait plus vraiment ce que le réalisateur a voulu nous faire passer comme message finalement : est-ce véritablement une critique du monde de l’art ? Cette confusion se fait surtout ressentir à la fin du film : certaines scènes ironiques auraient peut-être dû être traitées de façon plus dramatique. Le jeune réalisateur n’a pas réussi à créer un équilibre entre le cynisme et la rêverie dans ce premier long-métrage. Il a trop idéalisé son personnage principal, Giselle. J’aurais aimé la voir un peu plus cynique après tout ce qui lui arrive.
Le jeu des acteurs et actrices
Côté jeu, je n’ai absolument rien à redire. Ryo Hyeon Gyeong en tant que Giselle est un très bon choix. L’actrice, qui a débuté il y a 20 ans maintenant, a su jouer avec justesse son personnage torturé du début à la fin.
Il en est de même de son homologue masculin Park Jeong Min. Celui-ci a su trouver l’équilibre entre un directeur de galerie talentueux, aimant son métier, mais aussi avide d’argent. Il arrive très bien à nous montrer l’évolution de son personnage vers son côté « obscur ». Rendant au final Jae Bom attachant, on comprend pourquoi il agit de cette manière et on se met à le plaindre au lieu de le détester.
Si le reste du casting est réduit, tous les autres acteurs et actrices ont eu de l’importance dans le récit. En effet, ils permettent de montrer les différents visages du monde de l’art : les artistes reconnus, les passionnés de l’art, les grands patrons, etc. ; reflétant ainsi au mieux le monde dans lequel les artistes doivent faire leurs preuves.
Conclusion
The Artist: Reborn est un film que je conseille pour les amoureux de l’art et de l’humour noir. Vraie satire du monde artistique, il nous permet de mieux comprendre l’enjeu des galeries de trouver de nouveaux talents prometteurs dans un milieu finalement très spéculatif, le rendant incontrôlable.
Véritable fable contemporaine, Kim Kyoung Won signe ici un premier long-métrage certes bancal, mais prometteur pour la suite de sa carrière. Un talent que l’on devrait revoir, je l’espère, très bientôt.
Sources : Nautiljon | EastAsia
Article de Sammin.










