Ce 29 septembre, la police a été saisie pour enquêter sur la diffusion sur des sites pornographiques de 80 vidéos provenant de cliniques sud-coréennes.
Des vidéos de patients sur des sites pour adultes
Le 7 octobre 2026, le député Heo Jong Sik, du Parti démocrate, a annoncé avoir demandé l’ouverture d’une enquête sur 80 vidéos diffusées sur des sites pour adultes étrangers.
Ces vidéos, enregistrées entre février 2022 et novembre 2025, proviendraient de caméras de surveillance d’établissements médicaux (gynécologie-obstétrique, chirurgie plastique, médecine traditionnelle, rééducation) et concerneraient des scènes de traitement et de changement de vêtements des patients. Les vidéos publiées sur les sites en question auraient été éditées de manière à suivre les patients dans la salle d’attente puis la salle d’examen et montreraient le visage et le corps de ces patients.
Après avoir comparé ces vidéos, la police a conclu que 21 d’entre elles auraient été tournées dans une même clinique, à Séoul. Ces révélations ont amené le député Heo Jong Sik à s’interroger sur la confiance du public envers les hôpitaux, et à demander au ministère de la Santé et du Bien-être sud-coréen d’effectuer des inspections complètes des établissements concernés, de veiller à la suppression des vidéos et de protéger les victimes.
Des vidéos liées à des arrestations en 2025 ?
Cette enquête survient après une affaire qui, en décembre 2025, avait mené à l’arrestation de quatre personnes. À l’époque, plus de 120 000 caméras avaient été piratées. Les vidéos, dont certaines étaient originaires de cliniques de gynécologie, avaient été revendues en cryptomonnaies à des plateformes spécialisées.
Une des hypothèses de la police provinciale du Chungbuk, à qui a été confiée l’affaire, est que ces 80 vidéos feraient partie de ces enregistrements et auraient ressurgi sur d’autres sites après le blocage sur les sites d’origine. La police cherche donc les personnes qui auraient redistribué ces vidéos. Cependant, l’origine exacte de cette fuite n’est pas encore déterminée et bien que cette piste soit privilégiée, rien ne démontre pour l’instant qu’il s’agisse de vidéos piratées à l’époque.
Les vidéos de surveillance dans la loi sud-coréenne
Cette nouvelle enquête survient également après l’actualisation du cadre légal. En effet, en 2021 a été votée une loi sur les services médicaux, entrée en vigueur en 2023. Celle-ci impose l’installation de caméras en circuit fermé dans les salles d’opération des établissements effectuant des opérations avec des patients inconscients, ainsi que la mise en place de mesures de sécurité pour éviter toute fuite. 2 529 établissements sont concernés.
De son côté, l’association médicale de Séoul a indiqué avoir prévenu à l’époque des discussions sur la loi à propos des conséquences dangereuses qu’elle pourrait avoir sur les droits des patients et des équipes médicales. Mais selon le député Heo Jong Sik, les 80 vidéos qui ont été retrouvées sur des sites étrangers ne filmeraient pas des salles d’opération. Ces caméras ne seraient donc pas concernées par cette nouvelle loi, ni les mesures de sécurité qui en découlent.
Cette affaire se déroule tout de même dans un contexte peu rassurant, le nombre de rançongiciels étant passé de 8 en 2025 à 14 entre janvier et août 2026 et le nombre d’incidents de cybersécurité s’élevant à 109 entre 2021 et août 2026. Des chiffres qui ont amené la ministre de la Santé et du Bien-être à insister sur l’urgence et l’importance de renforcer la sécurité de l’information dans le secteur de la santé.
Sources : Korea JoongAng Daily | Mac4ever | Seoul Economic Daily | The Korea Herald
Source image de Une : Mac4ever

