Notre avis sur ce drama historique alliant comédie, tranche de vie, drame et complots politiques.
Chers Owlers, la critique ci-dessous s’efforce de rester vague mais contient quelques spoilers. La lecture est à votre discrétion.
Bienvenue à Check-In Hanyang
Informations

- Nom original : 체크인 한양
- Réalisateur : Maeng Hyun Woo
- Scénariste : Park Hyun Jin
- Chaîne de diffusion : Channel A
- Date de sortie : du 21 décembre 2024 au 9 février 2025
- Nombre d’épisodes : seize épisodes
- Durée des épisodes : une heure et quinze minutes
- Disponibilité : Viki
Synopsis
À la suite du meurtre de son père, Hong Jae On, sa fille, est obligée de vivre comme un garçon sous le nom de Hong Deok Su. Devenue adulte, Hong Deok Su dédie tous ses efforts à rejoindre Yongcheonru, la plus grande auberge de la capitale où le client est roi et où chacun, qu’importe sa classe sociale, peut réussir. C’est là-bas que les secrets entourant la mort de son père se révéleront, elle en est certaine.
À Yongcheonru, elle fera équipe avec trois autres apprentis aubergistes : le droit et mystérieux Lee Eun Ho, le nonchalant Cheon Jun Hwa et le fidèle Go Su Ra. Entre sa soif de vengeance et son secret, Hong Deok Su devra faire attention car à Yongcheonru, les apparences sont parfois trompeuses.
Distribution de Check-In Hanyang
La distribution des quatre rôles principaux se compose ainsi : Kim Ji Eun (Love Next Door) interprète Hong Deok Su, une jeune femme cachant son identité en faisant croire qu’elle est un homme. Bae In Hyuk (The Story of Park’s Marriage Contract) prête ses traits à Lee Eun Ho, un prince cachant lui aussi sa naissance royale à ses comparses, tandis que Jung Gun Joo (Bittersweet Hell) joue le rôle de Cheon Jun Hwa, un apprenti aubergiste insouciant et nonchalant. Enfin Jaechan du groupe DKZ (vu notamment dans l’excellent Semantic Error) donne vie à Go Su Ra, un honnête apprenti qui veut réussir coûte que coûte pour aider sa famille.
La distribution se complète par Kim Eui Sung (The Trauma Code), dans le rôle de Cheon Mak Dong, le propriétaire de Yongcheonru, Han Jae Suk (A Witch’s Love) dans le rôle du roi, ancien prince Hyeon Wi, Yoon Je Moon (Reborn Rich) dans le rôle d’Oh Yeong Rak, ministre de la Guerre, et Kim Min Jung (The Devil Judge) dans le rôle de Seol Mae Hwa, maître aubergiste.
On notera également les seconds rôles de Lee Ho Won (Hip Hop King), et de Choi Min Chul (The Midnight Studio).

Combien d’étoiles pour notre auberge ?
Un mélange des genres réussi
De prime abord, Check-In Hanyang semble être un énième drama historique où le personnage féminin principal doit cacher sa véritable identité et se faire passer pour un homme de manière plus ou moins crédible. Et vous n’auriez pas totalement tort en voyant les différentes affiches et vidéos promotionnelles. Toutefois, ce saguk n’est pas que ça. De la comédie légère et des épisodes tranches de vie, la série évolue, s’étend, pour nous offrir des intrigues politiques, de la romance et un peu d’action. Si ce n’est, là encore, rien de nouveau, force est de constater que le mélange des genres se complète bien et arrive à proposer un rythme équilibré dans la première moitié de la série. Le passage d’un genre à l’autre permet de tenir en haleine le spectateur. Moi qui traversais justement une phase de creux, ce mélange et ces vignettes d’un genre ou d’un autre m’ont attirée et fait poursuivre Check-In Hanyang. De tous, je note surtout les parties tranches de vie et l’intrigue politique qui se démêlent au fur et à mesure qui comptent parmi les parties les plus réussies.
Des personnages enfermés dans des archétypes obsolètes
Toutefois, le drama n’arrive pas forcément à se détacher de certains archétypes et stéréotypes de certains de ces genres qui ont la vie dure.
Si j’ai d’abord été enchantée par le personnage de Cheon Jun Hwa, que l’on considère typiquement comme le « second premier rôle masculin » (lire ici qu’il sera un prétendant potentiel mais toujours éconduit du personnage féminin principal), son développement m’a par la suite déçue. D’abord attachant et attentionné, bon ami fidèle, je me voyais déjà avoir une préférence pour son personnage plutôt que celui d’Eun Ho dans le cas d’une romance. Rejeté comme tant d’autres seconds premiers rôles avant lui, son comportement a alors changé du tout au tout de manière inattendue. Comme si les scénaristes ne savaient pas trop quoi faire de son personnage s’il n’était pas choisi (et il était évident qu’il ne le serait pas), ils ont préféré opter pour une voie vu, revu et re-revu : son personnage devient d’un coup obsédé par l’héroïne, devient violent et possessif, hésitant à peine à comploter contre l’un de ses amis. Tous ces développements arrivent comme un cheveu sur la soupe simplement pour satisfaire les archétypes que les scénaristes avaient en tête sans se soucier de la cohérence. Et c’est bien dommage car ce personnage avait tant à offrir au lieu de n’être qu’une autre victime des stéréotypes des romances de K-dramas.


Si la romance est mignonne et rappelle l’amour de la série Coffee Prince (allant au-delà du genre et de l’expression de genre), certains aspects m’ont cependant fait soupirer, notamment dès lors qu’Eun Ho apprend que Deok Su est en réalité une femme. À partir de ce moment, Eun Ho ne veut plus rien laisser faire à Deok Su, qu’il s’agisse des tâches à l’auberge ou bien une partie de son plan de vengeance, principalement parce que c’est une femme. Ce contraste entre cette romance qui aborde des thèmes intéressants (bien que n’allant pas plus loin que Coffee Prince) et reste cependant ancrée dans des archétypes et stéréotypes me laisse également comme un goût d’inachevé. Il y avait beaucoup de potentiel pour explorer plus en profondeur les identités multiples de Deok Su/Jae On et comment elles influent sa romance avec Eun Ho mais malheureusement toutes ces questions ne sont évoquées qu’en surface.
La famille sous toutes ses formes
Il y a cependant un thème traité par Check-In Hanyang qui m’a beaucoup plu : celui de la famille. À travers le quatuor principal, la série explore les liens complexes de la famille, entre solidarité, émancipation, affranchissement et hommage. Les personnages principaux sont chacun la fenêtre vers une idée de la famille afin d’en analyser les différentes formes et évolutions.
Deok Su, par exemple, est une orpheline. Après la mort de son père, elle a d’abord été recueillie par une restauratrice (qu’elle considère comme sa mère) puis par son groupe d’amis. Si elle n’oublie jamais son père et souhaite le venger et l’honorer, son personnage est là pour rappeler que la famille est aussi celle du cœur. Que même si la famille de sang est importante, celle que l’on se choisit l’est tout autant.
Go Su Ra, au contraire, représente le plus l’idée de la piété filiale, notion très importante du confucianisme, philosophie dominante lors de la dynastie Joseon. Issu d’une famille modeste de marchands lourdement endettés, il est celui sur qui tous les espoirs reposent. Moqué pour ses origines, il ne reniera jamais son statut ni n’abandonnera jamais sa famille, donnant chacun de ses salaires aux créanciers, quitte à subir menaces et coups par ces derniers.
Quant à Eun Ho et Jun Hwa, il m’apparaît qu’ils représentent chacun les deux faces d’une même pièce. Respectivement prince du royaume et fils du maître de Yongcheonru, ces deux personnages démarrent leur histoire à des points opposés mais finissent sur une ligne similaire. Si Eun Ho est un prince tout dévoué à son père et conscient de ses responsabilités, Jun Hwa semble être le total opposé de son père : insouciant, nonchalant et naïf, ne souhaitant pas vraiment prendre la suite de l’auberge. Tous deux intègrent l’académie du complexe hôtelier en cachant leur véritable ascendance, pour des raisons différentes cependant. Au cours de l’histoire, Eun Ho commence à se questionner sur son père et à s’en éloigner là où, au contraire, Jun Hwa se rapproche de son père, commence à lui ressembler et remet de moins en moins en question ce qu’il lui raconte. Au gré des intrigues, Eun Ho et Jun Hwa se détachent et s’émancipent finalement de ces figures paternelles omniprésentes. Si Eun Ho parvient à convaincre son père de faire mieux et de prendre la décision qui s’impose, même si elle les séparera, Jun Hwa doit saisir son destin en main et coupe définitivement les ponts avec son père, promettant de faire mieux et de réussir sa vie en faisant le bien.
C’est notamment l’histoire personnelle de ces deux personnages avec la notion de famille qui a rendu le drama plus intéressant. Si Deok Su et Su Ra représentent des exemples plus traditionnels et acceptés de la famille, Eun Ho et Jun Hwa cassent les codes et ce, dans une société où la sphère familiale exerce encore une forte influence sur la vie d’un individu.



Un scénario qui se perd en route
Malgré ces thématiques intéressantes, le drama reste malheureusement trop inégal dans son scénario et son rythme.
Si la première moitié de la série s’en sort sans trop d’encombres, la seconde partie tombe dans plusieurs travers. Tout d’abord, de nombreuses scènes traînent en longueur, sans nous apporter de véritables informations, ni sur l’intrigue, ni sur les personnages eux-mêmes. La durée des intrigues m’a aussi posé problème. La question de l’identité véritable de Deok Su, notamment vis-à-vis d’Eun Ho, dure bien trop longtemps, usant d’excuses de plus en plus absurdes pour éviter à Eun Ho de découvrir la vérité. Au contraire, la révélation du véritable statut d’Eun Ho à Deok Su et ses conséquences se règlent en une moitié d’épisode à peine où les décisions et jugements changent sans raison logique, simplement car il faut que le scénario se poursuive.
De la même manière, le changement radical de comportement de Jun Hwa devrait apporter son lot de conséquences, aussi bien sur ses relations avec les autres personnages que le dénouement de son histoire. Malheureusement, là encore, nous retrouvons un Jun Hwa avec une attitude similaire à celle de sa première apparition, et agissant (aussi bien lui que les autres personnages) comme s’il ne s’était rien passé. Bien que cette fin heureuse puisse faire chaud au cœur, elle reste cependant trop simplette et met en exergue les limites du scénario.
Je noterai toutefois l’intrigue politique qui me paraît la plus aboutie. D’abord sous-jacente et peu présente, elle finit par prendre de plus en plus d’ampleur. Si son développement reste plutôt convenu, elle a cependant pu offrir un retournement de situation inattendu et appréciable.
En bref, Check-In Hanyang partait avec de belles promesses mais s’est égaré avec une intrigue qui tourne en rond et des développements beaucoup trop abrupts pour être toujours crédibles.
Sources : Han Cinema | AsianWiki
Source images : Han Cinema
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