Blue Wednesday, développé par le studio coréen Buff Studio, est un jeu narratif sorti en août 2023 sur PC. On y incarne Morris, un pianiste de jazz confronté à la routine d’Evans City via des dialogues, des minijeux musicaux et une exploration minimaliste. Est-ce que son univers et son gameplay valent le coup ? Examinons ce jeu vidéo de plus près.
Avant-propos
Blue Wednesday est une aventure narrative courte et mélancolique où l’on suit un pianiste de jazz confronté aux aléas du quotidien, mêlant des interactions simples et une ambiance jazzy. Le titre, que l’on peut traduire littéralement par « un mercredi bleu », est synonyme de spleen urbain et de rêves ternis. Morris est un protagoniste talentueux mais sans succès, jonglant entre piano et petits boulots. Le tout dans une ambiance nocturne, aux visuels stylisés en 2D et avec une bande-son jazz immersive.
Buff Studio est un studio basé en Corée du Sud. Il est plus connu pour ses jeux mobiles, notamment dans les aventures narratives. Le studio est actif depuis 2014, avec la sortie de Buff Knight cette année-là. Ce dernier est un RPG mobile, très bien accueilli en Corée et au Japon. Underworld Office fait aussi partie de ses jeux, ce qui m’a convaincue de tenter l’aventure de Blue Wednesday. Vais-je être aussi comblée ? Verdict à suivre !
Mon test de Blue Wednesday
Un début laborieux
Avant de savoir que je retrouvais un jeu de ce studio, j’avais été attirée par la direction artistique. Les visuels ont un vrai charme, à la fois doux mais avec un petit côté cartoon. Le studio s’est aussi appliqué à mettre une bande-son plutôt efficace. Pour les personnes peu habituées au jazz, c’est un bon moyen de découvrir le style musical. Pour les aficionados, il y a peut-être moins d’intérêt.
Pourtant, il faut s’accrocher et atteindre la première heure de jeu pour que Blue Wednesday se montre moins longuet et poussif. Cela est notamment dû aux mécaniques de jeu. La vitesse de déplacement de Morris est un peu trop basse, ce qui donne une sensation de lourdeur. Pour un jeu assez récent que j’ai testé sur Steam Deck, c’est un poil décevant. Et on peut ajouter le fait que Morris se repositionne à chaque fois qu’il parle à un PNJ (personnage non-joueur). Quel intérêt ? Certaines animations sont également rigides, nuisant aux visuels de Blue Wednesday. La première heure de jeu consiste seulement à découvrir la ville d’Evans City, voir l’ensemble des personnages et comprendre les minijeux, souvent anecdotiques. Ceux-ci ne sont pas bien compliqués à part si vous avez du mal avec les jeux de rythme, mais ce n’est pas pour autant pénalisant.
Cet aspect se prolonge dans le récit, qui dépeint le quotidien morose de Morris, pianiste survivant tant bien que mal dans un monde où les métiers de passion ne font pas vivre. Loin d’avoir réalisé son rêve, il végète au plus bas de sa forme. Son environnement et ses routines paraissent tout aussi déprimants et automatisés, vus à travers ses yeux. Même les PNJ ploient sous divers soucis existentiels. C’est d’ailleurs, à mes yeux, un léger défaut : la facilité à engager la conversation avec eux. Morris, pourtant introverti, initie toujours les échanges via nos choix. J’aurais préféré quelques approches spontanées de leur part, même scriptées.
L’histoire d’un soir ?
Mais l’étincelle commence à prendre au moment où Morris rejoint finalement un orchestre de jazz (ou jazz-band), nouvellement installé dans sa ville. Et c’est là l’intérêt du jeu : sa narration. On suit la vie de Morris, dans un moment où il ne va pas bien. Lui-même se dit dépressif, il est facilement anxieux et se déprécie facilement. Mais le jeu réussit à ne pas tomber dans les clichés. Blue Wednesday apporte aussi une réflexion sur les métiers liés à la musique et les difficultés que bon nombre de personnes rencontrent dans ce milieu. L’histoire a beau être réaliste, elle apprend à ses personnages le lâcher-prise sans pour autant être dépourvu d’optimisme.
La seconde force du jeu réside dans la variété des personnages que l’on peut croiser. Selon le temps que vous choisissez de leur consacrer et la façon dont vous interagissez avec eux, vous découvrez leurs parcours, leurs doutes et leurs aspirations. Les dialogues, à la fois cohérents et naturels, s’ajustent au caractère de chacun et à sa réalité, les rendant attachants. Morris n’est donc pas le seul à évoluer : une simple discussion avec un inconnu peut suffire à faire bouger son regard sur le monde. Néanmoins, il est dommage d’avoir une traduction française parfois trop littérale. Certaines tournures de phrases correspondent au coréen, mais sonnent à côté en français. A priori, la version anglaise n’a pas ce problème.
Buff Studio a sans doute voulu apporter à ce jeu plus qu’une simple expérience narrative. Sauf qu’il n’y a pas de vrai challenge ou d’intérêt dans la jouabilité. Le jeu reste court : trois heures sont suffisantes pour profiter pleinement. Pour vraiment l’apprécier, il faut se mettre en tête que c’est idéal pour une ou deux sessions de jeu, sans prise de tête. Comme si on avait une nouvelle interactive sur les désillusions artistiques, accompagnée de visuels et de musique pour agrémenter l’expérience.
Où trouver Blue Wednesday ?
Blue Wednesday est jouable sur PC (via Steam), Nintendo Switch (sortie en mars 2025), Android (Google Play), iOS (App Store). Le prix peut varier selon votre plateforme de jeu. La bande-son et l’artbook sont aussi disponibles sur la page Steam.
Sources : Page Steam de Blue Wednesday | Buff Studio
Source image de Une : Page Steam de Blue Wednesday




