Tout le monde connaît l’image de la Corée du Sud moderne et high-tech, dont beaucoup sont fans. Cependant, le pays du matin frais a une deuxième facette : celle historique. Partons justement à sa découverte avec le village folklorique Oeam.
Lors de votre séjour en Corée du Sud, il est forcément tentant de ne visiter que les grandes villes telles que Séoul ou Busan parce que là-bas, tout est démesuré et attractif. Toutefois, lors de voyages à l’étranger, un grand nombre de touristes recherchent le sentiment de dépaysement afin de découvrir de nouvelles cultures. C’est pourquoi, il est vivement conseiller de se promener dans l’entièreté du pays du matin frais, qui sait, peut-être tomberez-vous sur des joyaux coréens ? D’ailleurs, loin des gratte-ciels à s’en tordre le cou, des écrans géants affichant les derniers produits en vogue et des néons criards des différentes enseignes ; en pleine campagne coréenne, le village folklorique Oeam pourra peut-être vous tapez dans l’œil de part son cachet et son architecture aux antipodes de la modernité …
Une petite introduction s’impose
Avant de vous rendre dans ce lieu chargé d’histoire, voici quelques petites informations importantes qui étayeront votre visite …
Le village folklorique Oeam, prononcé « weh-am » abrite en son sein 192 habitants, descendants de son fondateur Ye An Lee qui y a posé bagages 500 ans auparavant. Ici, vous retrouverez 69 foyers différents : 38 vivent de l’agriculture tandis que d’autres proposent l’hébergement et le couvert aux visiteurs ou occupent un emploi à l’extérieur du village. Ce petit havre de paix est composé uniquement de maisons en pierre et de toits en chaume/paille ou en tuiles (le revêtement dépend du niveau de classe sociale des habitants de l’époque : les maisons en chaume/paille étaient faites pour les familles pauvres ou de classe moyenne tandis que celles en tuiles étaient dédiées aux familles bourgeoises). D’ailleurs, deux de ces habitations (maison Champan et Geonjae) ont été classées par l’État « éléments importants du patrimoine folklorique » et l’ensemble du village a lui-même été désigné comme « village folklorique » par le Gouvernement coréen en janvier 2000. De plus, les ustensiles de la vie quotidienne de l’ère Joseon (1392-1910) tels que des meules, des moulins à eau, des manèges et autres vous aideront à plonger à pieds joints dans l’histoire coréenne.
Ce site historique n’a malheureusement pas encore été inscrit officiellement comme « Patrimoine mondial de l’UNESCO » bien qu’il ait été placé sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011. Les habitants espèrent son inscription officielle afin qu’un plus grand nombre de touristes afflue pour faire vivre les alentours.
Bref, il est maintenant temps de passer à la présentation détaillée de ce lieu pittoresque !
Quelques informations pratiques
Adresse : 13-2, Oeamminsok-gil 9beon-gil, Asan-si, Chungcheongnam-do, Corée du Sud
Durée de la visite : environ 1 h 30 (c’est évidemment gratuit)




Un village figé dans le temps
Des habitations ayant traversé les années
En vous baladant dans ce petit havre de paix, vous pourrez apercevoir diverses maisons en pierre et au toit de chaume. Bien que nous sommes aujourd’hui en 2026, des personnes continuent d’habiter entre ces quatre murs. Ainsi, tous les ans vous pourrez observer leurs habitants refaire leur toiture selon une technique ancestrale transmise de génération en génération au sein du village. Celle-ci a d’ailleurs été classée « patrimoine culturel immatériel » par l’UNESCO : représentant donc un vrai joyau de l’histoire et du folklore coréen !
Il y a 500 ans, on donnait des noms à ces édifices en fonction de l’endroit où travaillaient certains citoyens ou en rendant honneur à des personnages nobles comme des hauts placés du gouvernement ou de l’armée et bien d’autres. Ces appellations ont traversé les années et sont, aujourd’hui, toujours d’actualité. Durant votre visite vous pourrez donc retrouver la maison éponyme Ichampan (haut-placé du gouvernement de l’époque) ou la maison Yeongam ayant emprunté son nom à un ancien magistrat de Jeolla du Sud. Toutes deux ont notamment été désignées comme « Monument Important Folklorique ». Peut-être aurez-vous la chance de goûter au met d’exception que fabriquent les habitants de la maison Ichampan, qui est : le Yeonyeopju, un vin traditionnel (désigné comme « Bien Culturel Intangible ») qui était offert au roi à chaque printemps et fabriqué à partir de Nuruk (riz gluant) et de feuilles de lotus infusées.
Les maisons Ichampan, Gyosu, Gamchal et l’ancienne maison Geonjae sont des piliers de cet héritage coréen car elles illustrent parfaitement les techniques spéciales des caractéristiques d’aménagement des habitations et jardins de cette époque. Rentrons dans les détails …
Un village folklorique pas comme les autres
Le village folklorique Oeam est considéré comme un village unique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs au pays du matin frais ! En effet, sa composition et son emplacement suivent les codes découlant de la pensée Confucianiste qui était dominante durant l’ère Joseon.
En fait, le village Oeam est entouré par la nature : face aux monts Meonjeoksan et Bongusan, au nord-est le mont Seolhwasan (il a d’ailleurs été construit sur ses flancs) suivi par une chaîne de montagnes, des champs à perte de vue et une rivière appelée Geundaegolnae. Tout ceci suit la disposition typique d’un village coréen d’antan. Aussi, l’entièreté du village forme un ovale, avec un côté s’élevant petit à petit vers l’est tout en ayant les maison construites face au sud-ouest ou plein sud. Ces codes très précis qui suivent la philosophie du fengshui et l’idéologie du Confucianisme, étaient autrefois appliqués à tous les villages du pays. C’est ainsi que de nombreux lieux d’habitation déjà existants avant l’ère Joseon, ont été détruits puis reconstruits en suivant les codes architecturaux de l’époque.
Toutefois, ce qui fait la particularité de ce village n’est pas sa disposition ou ses bâtiments mais son cours d’eau artificiel. En effet, l’eau qui alimente le village, les jardins et autres, puise sa source dans l’eau de la haute vallée créant ainsi un circuit respectueux de l’environnement. Spirituellement, on dit que ce cours d’eau permet de contrebalancer l’influence de la montagne en soulageant son esprit, celle-ci portant le caractère chinois « hwa (華) », un homonyme du caractère « huŏ (火) » : « feu ». Le mont Seolhwasan représente donc le feu tandis que le village et le cours d’eau représentent l’eau, suivant la théorie du Yin et du Yang. Cette spécificité propre à Oeam, fait de lui un village folklorique unique en Corée du Sud !
En plus d’une architecture et d’une disposition unique, ce site historique accueille en son sein divers rituels spirituels transmis de génération en génération ainsi que des mets traditionnels tels que l’alcool à base de feuilles de lotus (Yeonyeopju) ou les crêpes de riz appelées Buggumi.
Toutes ces caractéristiques et traditions créent un environnement de cohésion et d’unité entre les habitants de ce lieu figé dans le temps, qui marquera au fer rouge votre mémoire !

En conclusion, le village folklorique Oeam est un trésor que la Corée du Sud veut offrir à quiconque y mettrait les pieds. Sachez que les citoyens, fiers de vous faire découvrir leur lieu de vie, n’attendent qu’une chose : que plus de visiteurs prennent le temps de sillonner Oeam. Alors, n’hésitez pas à l’ajouter sur votre programme de voyage, vous ne serez pas déçus !
Sources : VisitKorea | UNESCO | The Korea Herald
Source image de une : Flickr

