Dans Along With The Gods, un pompier meurt et doit passer les sept procès de l’enfer pour espérer une réincarnation. Directement inspirés de la religion bouddhiste, ces procès ont donné lieu à de vrais univers visuels dans les films et je vous propose de les découvrir en détails.
Introduction
L’hindouisme a grandement influencé la culture et la religion coréenne, la Corée ayant été majoritairement bouddhiste jusqu’au XIVe siècle. Ainsi, le concept de jugement après la mort, pour évaluer la vie vécue et gagner ou non la réincarnation, s’est répandu dans le bouddhisme pratiqué en Corée. D’ailleurs Yama, le Dieu de la Mort hindouiste, a conservé exactement le même nom dans le bouddhisme ainsi que dans le shintoïsme, qui a également influencé la péninsule coréenne.
Le premier opus d’Along With The Gods est introduit par ces mots :
« Quand une personne atteint la vie après la mort, elle est jugée sept fois sur une période de 49 jours. Tentative de tromperie, d’indolence, d’injustice, de trahison, de violence, de meurtre et d’impiété filiale, seules les âmes qui passent toutes les épreuves sont réincarnées. »
Écriture bouddhiste
Ne vous méprenez pas, je ne vais pas vous faire un cours de religion, mais cette introduction permet de mieux comprendre d’où Joo Ho Min a puisé l’inspiration pour le webtoon Singwa Hamgge. Puis, Kim Jong Ha, réalisateur et scénariste, a prévu l’adaptation du webtoon en trois films. Pour le moment, deux sont sortis en salle : Along With the Gods: The Two Worlds et Along With the Gods: The Last 49 Days.
Afin de bien comprendre de quoi il s’agit, découvrez la bande-annonce du premier film, Along With the Gods: The Two Worlds :
C’est donc l’histoire de Kim Ja Hong (Cha Tae Hyun), un pompier qui atterrit dans l’autre monde après sa mort, un monde entre la vie et l’enfer où les actes sont jugés afin de déterminer s’ils vont en enfer ou s’ils bénéficient d’une réincarnation. Kim Ja Hong est escorté par ses gardiens : le chef du trio, Gang Rim (Ha Jung Woo), le guerrier Hae Won Maek (Ju Ji Hoon) et la petite dernière, Duk Chon (Kim Hyang Gi). Ils vont affronter les différents obstacles qui se dressent sur leur route afin que Kim Ja Hong se présente à tous ces procès dans les 49 jours impartis.
Chaque procès a droit à une scénographie et un univers visuel différent plus ou moins étudiés. Ils sont ordonnés selon la volonté du Roi Yeom Ra qui juge les péchés du plus léger au plus lourd. Sans plus attendre, décortiquons ensemble les sept procès de la réincarnation présentés dans les films Along With The Gods.
Les sept procès de la réincarnation dans Along With The Gods
Le procès du meurtre : Roi Byun Song
Comme son nom l’indique, le procès du meurtre juge les meurtres commis directement ou indirectement dans la vie de l’accusé. Extérieurement, tout est gris et terne, comme si tout ce lieu était recouvert de cendres. Cependant, à l’image du Roi Byun Song (Jung Hae Kyun) et de son regard de braise rougeoyant, l’enfer du meurtre est un grand volcan que les âmes condamnées tentent de remonter, finissant toujours pas retomber dans un océan de lave. Bien que visuellement, cet enfer soit déjà très poussé, la prouesse est également sur le maquillage de Jung Hae Kyun dans le rôle du Roi Byun Song qui s’illumine et transforme entièrement son visage lorsqu’il s’énerve.





À noter que cette description correspond surtout au premier volet d’Along With The Gods. En effet, dans le deuxième volet, l’enfer du meurtre est le dernier procès, le péché le plus important de la vie de l’accusé. Le volcan de l’enfer de meurtre est en plein éveil, avec de la lave en fusion présente un peu partout.


Le procès de l’indolence : Reine Cho Gang
Le péché de l’indolence est le gaspillage d’une vie par la paresse et la négligence.
Pour représenter ce procès, l’espace est très agréable, réalisé en bambou et flottant tranquillement sur le haut d’une cascade. La Reine Cho Gang, responsable de l’enfer de l’indolence, a une figure douce et respectable. L’actrice, Kim Hae Sook en rajoute d’ailleurs dans toutes ses manières en rentrant parfaitement dans le rôle d’une grand-mère touchante.




Cependant, la sous-estimer serait une grave erreur, car lorsqu’elle se fâche, elle n’hésite pas à précipiter les pêcheurs sur un plateau terrible où des rouleaux en pierre écrasent perpétuellement ceux qui sont rendus coupables du péché d’indolence. Pour ceux qui penseraient naïvement pouvoir s’en sortir en sautant dans l’eau, d’horribles poissons se chargent de les manger.
Le procès de la tromperie : Reine Tae San
La Reine Tae San, qui règne sur l’enfer de la tromperie, est sans doute l’un des personnages les plus mignons de ce film, sans doute parce qu’elle est incarnée par Kim Soo Ahn (oui la petite de Dernier Train pour Busan). L’enfer de la tromperie punit tous ceux qui ont menti durant leur existence, notamment les mensonges de grande envergure. De couleur verte (elle est associée au mensonge), cet espace prend la forme d’une usine faussement abandonnée et envahie de végétation. Cette végétation est d’ailleurs l’arme de la Reine Tae San qui anime des racines pour immobiliser ceux qui ont commis le péché de la tromperie et leur couper la langue.





Connaissez-vous le proverbe : « La vérité sort de la bouche des enfants » ?
C’est pour l’illustrer que tous les techniciens et la Reine Tae San elle-même sont des enfants : ils sont impitoyables pour juger les mensonges et les tromperies.
Le procès de l’injustice : Roi Oh Gwan
L’enfer de l’injustice est un canyon de glace, où sont congelés les âmes sans cœur, c’est-à-dire les personnes qui ont refusé d’aider ceux qui en avaient besoin.
Il n’est qu’un lieu de passage dans Along With the Gods: The Two Worlds. Mais c’est aussi le théâtre d’un des tournants du deuxième volet, Along With the Gods: The Last 49 Days.




Sous ses airs affables, le Roi Oh Gwan est un juge exigeant et intraitable qui n’hésite pas à confronter les accusés à ceux qu’ils ont trahis ou par qui ils ont été trahis. Il incarne parfaitement son univers et est en effet aussi froid et tranquille que la glace au premier abord, mais il est également aussi cruel qu’elle.
Le procès de la trahison : Reine Song Jae
Le concept de l’enfer de la trahison ressemble beaucoup à celui de l’injustice, mais à la place de la glace, ce ne sont que des miroirs. L’enfer de la trahison est un dôme composé de verre et de miroirs. Les pêcheurs qui se sont rendus coupables de trahison sont enfermés dans un miroir avant d’être détruits en un claquement de doigt. La maîtresse des lieux est la Reine Song Jae (Kim Ha Neul), une reine très belle qui ne pardonne que les belles trahisons, c’est-à-dire les trahisons désintéressées ou les trahisons de la conscience.



Le procès de la violence : Roi Jin Gwang
L’enfer de la violence se caractérise par son entrée, le gouffre sans fin : un gouffre où des rochers flottent tandis que les accusés se laissent tomber pour une durée déterminée par la gravité du crime commis. Puis, l’accusé est conduit devant le Roi Jin Gwang (Jang Gwang), dans sa cour rocheuse où son bureau n’est tenu que par des chaînes. Une cour qui peut s’effondrer afin de précipiter les pêcheurs dans un gouffre semblable à celui sans fin mais finissant écrasés par les rochers.



Pour représenter la violence, c’est donc l’environnement minier qui a été choisi par le réalisateur Kim Yong Ha, c’est d’ailleurs pour cette raison que le costume du Roi Jin Gwang s’inspire autant des costumes miniers, du casque au marteau.
Le procès de l’impiété filiale : Roi Yeom Ra
L’impiété caractérise originellement le manque de considération des obligations due au culte ; l’impiété filiale, par extension, désigne le manque de considération des obligations dues aux parents. Ce procès a pour but de juger les actes commis à l’encontre des parents et c’est le Roi Yeom Ra (Lee Jung Jae) en personne qui est juge de ce procès.



L’enfer de l’impiété filiale prend la forme d’un désert où les coupables sont ensevelis vivants.
Bien que le Roi Yeom Ra soit apparu plus tôt dans le film, il n’en reste pas moins parfaitement en accord avec cet enfer, mais il vous faudra attendre la fin de Along With the Gods: The Last 49 Days pour comprendre pourquoi il est si véhément concernant ces crimes.
Conclusion
Les sept procès de réincarnation sont les étapes cruciales des films Along With the Gods et le réalisateur a parfaitement su créer des univers esthétiques poussés pour représenter les péchés qu’ils jugent, tant et si bien qu’il est facile pour le spectateur de se repérer dès lors du visionnage du deuxième volet.
De plus, bien que la religion bouddhiste ne soit plus aussi influente en Corée du Sud, il est intéressant de découvrir une autre vision de l’enfer et des péchés.
Et vous, comment auriez-vous modélisé les différents péchés ?
Sources : Webtoon original : Mangarock |Bibliomonde | AsianWiki
Article rédigé par Laulilau.



