Love In The Big City est une oeuvre LGBT+ coréenne. Je vous parle ici d’une oeuvre car celle-ci possède différentes versions que je vais vous présenter par la suite.
Souvent, lorsque l’on parle d’adaptation, on pense à un livre devenu série ou film. Ici, Love In The Big City est une oeuvre littéraire qui a vu naître quasi simultanément une version pour le cinéma et pour le petit écran : et autant vous dire, que cela ne fut pas pour me déplaire !
L’origine de Love In The Big City
Love In The Big City est un roman coréen écrit par Sang Young Park et publié le 28 juin 2019. Il recevra le 39ème prix Shin Dong-yup Literary Award. Par la suite, il sera traduit dans pas moins de 15 pays et a été nominé en 2022 pour les International booker prize.
À ce jour, Love In The Big City est devenu un best seller international et connaît, depuis août dernier, une traduction française sous le titre, S’aimer Dans La Grande Ville.
En ce qui concerne l’histoire : Young est un étudiant qui aime faire la fête et occupe son temps libre avec ses relations Tinder. Avec sa colocataire et meilleure amie, Jae Hee, il écume les bars au travers desquels ils libèrent leurs angoisses liées à leurs familles, relations amoureuses ou l’argent avec du soju et des Marlboro Red.


Plusieurs versions qui abordent différents pans de l’histoire
Une adaptation cinématographique pour Love In The Big City
- Titre original : 대도시의 사랑법
- Réalisé par : Lee Eon Hee
- Date de sortie : 5 septembre 2024
- Casting : Kim Go Eun, Steve Sanghyun Noh, Kwak Dong Yeon, Lee You Jin
- Genres : Drame – Romance – LGBT+
- Durée : 118 minutes
- Synopsis : L’amour vu et vécu par les nouvelles générations, entre passion et rupture, insouciance et émotion.
- Plus d’informations dans cet article K.OWLS
Love In The Big City adapté pour le petit écran
- Titre original : 대도시의 사랑법
- Chaîne de diffusion : TVing, Viki
- Date de sortie : 21 octobre 2024
- Nombre d’épisodes : 8 épisodes
- Genres : LGBT+ – Romance – Drame
- Casting : Nam Yoon Su, Jin Ho Eun, Lee Soo Kyung
- Synopsis : Sous les yeux de sa meilleure amie et colocataire Mi Ae, Ko Yeong tombe amoureux pour la première fois. Contraint de renoncer à son amour, il part pour la Thaïlande, où il trouve un peu de réconfort, mais surtout lui-même.
Deux versions, deux directions artistiques
Attention, du fait des différentes versions, les noms des personnages ne sont pas les mêmes. Ainsi, le personnage de Young dans le roman prend respectivement les noms de Jang Heung Soo (dans le film) et Ko Yeong (dans le drama). La même chose se produit en ce qui concerne sa meilleure amie Jae Hee (le roman) qui prend les noms Koh Jae Hee (dans le film) et Choi Mi Ae (dans le drama).
Le film Love In The Big City prend le parti de ne développer qu’un pan de l’histoire originale, à savoir, l’amitié entre Koh Jae Hee et Jang Heung Soo. Chaque centimètre carré de cette amitié va être passé au crible et vous allez pouvoir observer les personnages évoluer aussi bien individuellement que collectivement au travers des années. Malgré tout, bien que le film soit plutôt complet en ce qui concerne cette relation d’amitié, je trouve que nous n’en savons que peu concernant les relations amoureuses de Heung Soo, ce qui peut paraître parfois frustrant. Et c’est là que le drama vient parfaitement compléter le visionnage !
Comme dit précédemment, le film n’aborde que les années où Heung Soo et Jae Hee partagent leur vie ensemble, tandis que le drama prend le parti de nous présenter en détail la vie de Ko Yeong. Évidemment vous pouvez retrouver une partie de son histoire d’amitié avec Choi Mi Ae, mais aussi avec son trio d’amis et l’ensemble de ses relations amoureuses. Love In The Big City, le drama, rentre plus en profondeur dans la psychologie du personnage principal et nous décrit sa vie en tant qu’homme et homme gay dans la société coréenne.
En tout cas, ce qui transparaît indissociablement des deux oeuvres, c’est une quête de l’identité au sens large.


Les thématiques abordées dans les différentes versions de Love In The Big City
Évidemment, les deux adaptations ont des visions et des formats différents ainsi, elles n’apportent pas la même importance à certaines thématiques.
Attention, les lignes qui vont suivre rentrent plus en profondeur dans l’essence des deux œuvres et des spoilers vont transparaître. Je vous conseille donc de rejoindre directement la conclusion si vous voulez connaître mon avis. Au cas contraire, revenez lire ces quelques lignes après avoir visionné une ou les deux œuvres.
Outing, amitié et violence sont les maîtres mots du film, Love In The Big City
Dans la version cinématographique, Love In The Big City se concentre d’avantage sur la relation d’amitié homme/femme qu’entretiennent les deux héros. Bien qu’ils soient tous les deux purs face à leurs intentions envers l’autre, le reste de la société ne peut pas s’empêcher d’être suspicieux. En Europe, il est plutôt commun qu’une colocation soit « multigenre » et nous paraît normale. Cette différence drastique avec la pensée de la société coréenne se ressent davantage. Ici, cette colocation est un problème. Elle finira même par devenir un obstacle à la relation amoureuse de l’héroïne, qui n’aura d’autre choix que d’outer son meilleur ami dans l’espoir de le protéger.
Cette scène transparaît dans les deux versions, mais je trouve qu’elle est davantage travaillée dans le film. Quand Jae Hui hurle l’information, notre cœur de spectateur se serre… Hyung Soo n’a jamais autorisé sa meilleure amie à parler de son orientation sexuelle et souhaite pour le moment garder cette information pour lui seul. Ainsi, cette révélation brise cette confiance mais surtout, change le regard du troisième interlocuteur…
Enfin, dans le film Love In The Big City, la thématique des violences conjugales est abordée. Une scène d’une rare violence vient alors perturber cette ambiance plutôt légère que les deux personnages se sont créée dans leur cocon, pour nous renvoyer face à la réalité du monde extérieur. La violence ne vient pas simplement de l’image mais aussi des attitudes et des mots.
Le harceleur se présente en tant que victime bafouée et demande même des excuses. Il utilise à son avantage l’identité sexuelle de Heug Soo pour s’en sortir indemne avec une phrase inouïe : « Si tu es gay, prouve le ! Donne moi une vidéo de toi en train de faire l’amour, connard ».
Cette scène montre la quintessence de l’amitié et de l’amour de nos deux héros car Jae Hui décide de se faire passer pour une fille facile tandis que Hyung So affirme devant tout le monde son identité, tous les deux dans le but de protéger l’autre.




Relation amoureuse et maladie rythme le drama, Love In The Big City
Bien que la relation d’amitié entre les deux héros soit abordée, le drama Love In The Big City nous en dévoile davantage concernant les relations amoureuses du héros. Les moyens de rencontres sont divers (application, boite de nuit, groupe d’études …) ce qui permet de visuellement banaliser l’amour gay. Dans un pays encore très conservateur sur ses valeurs traditionnelles, il est important d’avoir ce genre de représentation télévisuelle. Toutes ces relations auront leurs défauts et qualités et se termineront pour diverses raisons (l’acceptation de soi, la relation toxique, relation sans sentiment…).
Pourtant, un détail nous permet de comprendre davantage la difficulté du héros à se projeter et il s’agit de sa « colocation » avec Kylie. Kylie est celle avec qui il partage son corps au quotidien bien qu’il n’ait pas choisi de vivre avec. Au travers de ce nom, notre héros personnifie sa maladie, le SIDA, pour pouvoir réussir à vivre avec. J’ai trouvé l’image belle mais surtout, je me suis rendue compte lors de mon deuxième visionnage, que l’information était accessible beaucoup plus tôt… De petits détails avaient été laissés visibles aux yeux du spectateur ce qui permet une prise de conscience décuplée au moment de la révélation.




Les thématiques communes aux adaptations de Love In The Big City
Enfin, certains sujets sont abordés dans les deux versions.
Tout d’abord, la thématique du suicide n’est pas utilisée simplement pour choquer le spectateur mais pour nous faire comprendre la difficulté d’assumer sa sexualité dans la société, ici, coréenne. Dans les deux œuvres, il s’agit à la fois de scènes dures et tristes mais qui laissent énormément place à l’espoir.
Enfin, la barrière de la religion et l’acceptation de la famille sont deux thématiques très importantes dans les deux versions. Dans le drama, le héros se voit entrainer de force dans un « séjour de conversion », tandis que dans le film, la mère du héros lui dit : « Heung Soo, je savais que tu allais guérir » lorsqu’elle apprend qu’il vit avec une femme. Elles renvoient ainsi l’image que l’homosexualité est une maladie… Malgré tout, ces deux femmes finiront par accepter l’identité sexuelle de leur fils même si cela leur prendra du temps. L’une décide de s’ouvrir et d’aller voir le film Call Me By Your Name tandis que l’autre accepte de rencontrer l’homme qui partage la vie de son fils.


Conclusion
Pour conclure, je voulais vous dire que j’ai eu des coups de coeur pour les deux oeuvres !
Lors de mon visionnage du drama j’avais adoré suivre l’évolution d’un personnage dans sa totalité : sa sexualité, son rapport aux autres, lui-même, ses problèmes et ses chances… Mais plus que de juste suivre un personnage, le scénario est rythmé par des rencontres, des amours plus ou moins profonds, des questions existentielles mais surtout, de musiques et d’une scénographie incroyable. Une fois mon visionnage terminé, une seule question subsistait : le film est-il autant à la hauteur ou vais-je être déçue ?
Après deux mois de doutes, j’ai décidé de me lancer à corps perdus dans le film pour pouvoir enfin découvrir les tenants et aboutissants de cette seconde version. La peur de revoir la même histoire en format court est complètement dissoute dès les premières minutes du film. Je me suis retrouvée embarquée dans cette amitié improbable qui m’avait déjà plu dans le drama. J’avais d’ailleurs, à l’époque, été triste, de ne pas en savoir plus sur ces deux personnages. Le film est ainsi, venu remplir les détails et répondre aux questions qui subsistaient.
Ainsi, Love In The Big City est un coup de cœur peu importe l’œuvre visuelle. J’ai même envie d’aller découvrir le livre car je suis devenue hyper curieuse quant à la version d’origine.
En tout cas, chers Owlers, si vous souhaitez découvrir ces deux œuvres, un conseil, Foncez !
Parfois, il est important de voir une version avant l’autre mais dans le cas de Love In The Big City, peu importe l’ordre de visionnage, cela n’entachera pas votre découverte de la deuxième adaptation.
La cinématographie, les thèmes, le jeu d’acteur, les musiques et la sensibilité des deux oeuvres ne sont pas les mêmes, ce qui rend les visonnages excitants et stimulants !
Sources : Mydramalist (1)(2) ı Hancinema (1)(2) ı The Booker Prize (1)(2) ı Booknode



