Seule artiste sud-coréenne annoncée dans le cadre de la Semaine de la Critique à Cannes, dans la catégorie « Courts-métrages », voici l’occasion de découvrir le travail d’animation en noir et blanc de Joung Yumi.
Une nouvelle approche de l’animation
Plongez dans le monde en noir et blanc de Joung Yumi
Joung Yumi est une artiste sud-coréenne née en 1981. Après des études aux Beaux-Arts de l’université de Kookmin, elle complète son parcours à l’Académie coréenne des Arts du Film où elle s’intéresse au monde de l’animation et plus particulièrement « l’animation expérimentale ».

Joung Yumi va alors combiner ses compétences pour exprimer ses histoires à sa manière : son approche réside dans l’utilisation du dessin au crayon, créant ainsi des visuels uniquement en noir et blanc. Le choix de cette technique est pour l’artiste un moyen de se concentrer sur l’essentiel pour raconter ses histoires, sans être « parasité » d’une certaine manière par la couleur ; et invoquant par la même occasion une sorte d’ambiance surréelle dans ce monde en noir et blanc.
La technique sert également ici à l’histoire, car l’artiste s’exprime au travers de courts-métrages, inspirés par différents moments ou sentiments de la vie. Dans Dust Kids, son premier court-métrage présenté à Cannes en 2009 (et adapté quelques années plus tard en livre pour enfants), elle anime Eujin, une fille qui trouve de la poussière dans sa chambre, sous forme d’enfant. Au fur et à mesure qu’elle nettoie, Eujin continue de trouver cet enfant dans chaque recoin de sa maison sans réussir en s’en débarrasser. Au travers d’Eujin, l’artiste semble proposer une réflexion autour de la vie ordinaire en solitaire, en utilisant les taches ménagères comme moyen de remise en perspective du quotidien et de la fatalité qui l’entoure.
Cette année, c’est son court-métrage An-Gyeong Glasses qui a été sélectionné à Cannes, dans le cadre de la Semaine de la Critique. Il est également histoire d’introspection, autour du personnage de Yujin, qui se rend chez l’opticien après avoir cassé ses lunettes. Pendant l’examen, elle va alors être confrontée à son monde intérieur au travers de trois ombres d’elle-même.


Ces animations ne traitent pas d’événements spécifiques mais sont allégoriques de la vie. Bien qu’elles ne soient pas basées sur des incidents spécifiques, elles sont inspirées par des sentiments et des significations qui sont importants pour moi dans ma vie. On pourrait donc dire qu’elles s’inspirent d’histoires réelles, car elles reflètent mes expériences et l’expression de ces sentiments.
Joung Yumi, Interview pour Honorary Reporters
La diffusion et la reconnaissance de son travail cette année encore est une bonne excuse pour découvrir le travail de Joung Yumi, qui nous propose des œuvres uniques et originales dans le domaine de l’animation, ouvrant de nouveaux horizons de réflexion grâce à ses histoires en noir et blanc.
Sources : Joung Yumi | Yonhap News | Honorary Reporters | Seoul & Animator | Semaine de la Critique | Locarno Festival
Sources Images : Semaine de la Critique | Joung Yumi
Traduction anglais vers français : K.OWLS


