Informations
Titre original : 염력
Pays : Corée du Sud
Réalisateur : Yeon Sang Ho
Scénariste : Yeon Sang Ho
Diffusion : 2018
Genres : action, comédie, fiction
Durée : 101 minutes
Synopsis
Roo-Mi est une jeune entrepreneuse qui développe son commerce de poulet frit. Mais un projet de réaménagement du quartier la confronte à des mafieux qui souhaitent la déloger de force. Les circonstances la poussent à contacter son père qui l’a abandonnée quinze ans plus tôt. Celui-ci, banal gardien dans une banque, acquiert soudainement des pouvoirs télékinésiques. Le super-héro coréen parviendra-t-il à rendre justice pour les petites gens victimes d’expulsion ?
Casting
Bande-annonce
L’histoire
Psychokinesis est une comédie énergique, burlesque et brut de politique. Elle met en scène un anti-héro, Seok Hyeon en perpétuelle fuite de son existence. Voleur, alcoolique et mauvais père, il est soudainement contacté par sa fille en mauvaise posture face à des mafieux tenaces. Or un don du ciel lui permet soudainement de déplacer les objets par la pensée. C’est donc la mutation du mauvais père en héros accompli que l’on suit durant deux heures.
Derrière cette première trame scénaristique, le réalisateur s’intéresse surtout aux petites gens. Souvent élément décoratif, les restaurateurs à la sauvette ou les petits bistrots où l’on mange les meilleurs chimeak (치맥) sont rarement investis comme personnages principaux. Tout au mieux, on les sauve entre deux contrechamps. Mais on s’intéresse rarement à leur luttes quotidiennes. Et c’est cette prise de risque qu’a pris le réalisateur Yeon Sang Ho. Certes le format reste très grand public et le ton semble plus proche du comics que de l’essai politique, mais le film, sans être bon, n’en est pas pour autant mauvais.
Un film qui rend hommage à l’animation
Psychokinesis tant dans sa forme, dans son ton que ses cadrages, ressemble à un film d’animation. Et cela tient au fait que le réalisateur a commencé ses classes dans les films animés. Son univers cinématographique est imprégné d’une culture otaku riche. Et Psychokinesis n’échappe pas aux références. Akira (de Katuhiro Otomo), Dragon Ball Z (de Akira Toriyama) mais aussi X-Men, les films de Yakusa, sont autant de références qui apparaissent à l’écran. Cela n’est pas étonnant quand on sait que le réalisateur, né en 1978, a grandi en plein âge d’or de l’animation nippone.
Psychokinesis réinvestit pourtant ces codes de la culture populaire pour ouvrir sur un message plus politique. Amené sans subtilité, le discours n’en est pas moins extrêmement efficace. « Oui, les petites gens dans notre société sont traitées, par elle, comme des esclaves » dit le film. À la manière de son précédent film, « Dernier Train pour Busan », Yeon San Ho aborde, sous l’aune du divertissement, des questions socio-politiques profondes. La métamorphose fantastique du personnage raconte aussi l’aspiration d’une modification de la société par ses individus. La satyre politique prend, dès lors, toute son ampleur. Mais la conclusion du film reste pour autant amère. Aussi courageuse que fut la fille et super-puissant que fut le père, changer la société n’est pas si aisé.
Conclusion
Sans être un chef-d’œuvre, Psychokinesis est un bon divertissement qui ouvre les voix de l’héroïsme d’une manière très coréenne. La vaine lutte dans laquelle nous embarquent les personnages pendant presque deux heures, s’achève sur un ton aigre-doux. Sans réussir à obtenir la justice qu’une société de corruption ne saurait accorder, les petites gens se faufilent dans la vie et trouvent le bonheur dans les relations du quotidien et les repas partagés. Un peu caricatural et brut de décoffrage, le film révèle une conception très coréenne de l’existence à mille lieues de la morale ou des principes de nos films politiques. Le film est aussi à voir pour tout les fans de culture geek, comics ou otaku. Car ils y retrouveront un langage et des références familières dans un décor très coréen.
Source : Arte
Article rédigé par Casado Hélène.










