Au programme, émotions, crise de confiance et question d’éthique sur les progrès de la science. Seo Bok est un film qui ne vous laissera pas indifférents ! Vous pouvez retrouver la fiche du film dans cet article !


Introduction
- Nom original : 서복
- Durée : 114 minutes
- Réalisateur : Lee Yong Ju
- Scénaristes : Lee Jae Min, Lee Yong Ju & Yum Gyoo Hoon
- Genres : drame, science-fiction, thriller, fantastique
- Diffusion : décembre 2020
- Disponibilité : disponible à l’achat sur les plateformes de vidéo à la demande
Casting
Synopsis
Un ancien agent d’une société de sécurité étatique (Gong Yoo) se retrouve à protéger Seo Bok (Park Bo Gum), le premier clone humain. S’ensuit une cavalcade pleine de rebondissements. Pour l’agent, c’est une question de vie ou de mort. Littéralement. En effet, Seo Bok détient le code génétique capable de soigner son cancer. Le problème est que Seo Bok est immortel et possède le pouvoir de dépasser la mort. Il est donc la cible de tensions internationales et de convoitises.
Review de Seo Bok
Seo Bok est de ces films qui ont plusieurs vertus : celle de vous émouvoir, celle de vous faire réfléchir et celle de vous tenir jusqu’à sa toute dernière seconde. C’est connu, si j’aime les divertissements purs, j’ai une petite inclinaison pour les films sociaux, ceux qui vous intriguent sur des questions de société, d’éthique et qui essaient de porter, chacun à leur niveau, leur pierre à l’édifice dans cette réflexion. C’est ce que fait Seo Bok tout en nous offrant un film haletant et très bien ficelé. Le tout tournant autour d’une relation très touchante entre Ki Hun (Gong Yoo) et Seo Bok (Park Bo Gum). L’ange gardien et le protégé. Dans ce film, on nous offre une certaine vision de ce que pourrait être la science dans quelques années, tout en nous questionnant sur la nécessité de certaines avancées. Clonage, transhumanisme. C’est le menu de Seo Bok. Et c’est volontairement le thème que j’aborderai en dernier.
Mensonges et trahisons, la crise de confiance de Seo Bok
Le problème quand vous êtes un clone, que votre existence ne tourne autour que de raisons scientifiques et que vous en avez conscience, c’est que la confiance est une chose très fragile. Imaginez-vous n’être qu’un cobaye, immortel, destiné à aider les hommes, plus cupides les uns que les autres, à vaincre leur propre mort. N’auriez-vous pas un certain déficit de confiance ? N’auriez vous pas des doutes sur cet ex-agent secret qui est chargé de vous protéger des menaces extérieures ? À quel moment vous trahira-t-il pour vous vendre ? Quel intérêt a-t-il à vous prendre sous son aile ? On l’apprend rapidement. Ki Hun a un intérêt. Guérir sa maladie. Mais jusqu’où ira t-il pour cet objectif ? Tous ces questionnements on les voit passer dans les yeux de Seo Bok. Et c’est une chose qui fonctionne très bien. Seo Bok, très peu habitué aux relations humaines, parle peu. Mais il exprime beaucoup par ses expressions. Park Bo Gum a ce talent pour exprimer beaucoup, sans parler énormément. Sans grandes explosions verbales. Et on voit à quel point il ne fait pas confiance à son protecteur et j’aime le fait que la confiance ne soit pas automatique pour faciliter le récit. Non. Jusqu’au dernier moment, la confiance se noue et se dénoue.
De l’autre côté, Ki Hun est mis en face de ses propres questionnements. Sur sa propre éthique, sur ce qu’il doit faire vis-à-vis de Seo Bok. On n’est pas face à une vision manichéenne. Pas forcément de bien ou de mauvais. C’est juste qu’on se retrouve parfois dans des situations difficiles et que l’on doit faire des choix. Moraux ou non. Et plusieurs moralités sont présentées tout au long du film. Et c’est très intéressant de voir comment le personnage de Gong Yoo va évoluer petit à petit. Que ce soit par rapport à son passé ou dans sa relation à Seo Bok. Gong Yoo, qui a plus de lignes de dialogue que Bo Gum, nous montre quand même toute la palette d’expressions qu’il peut avoir. Le tout avec une justesse assez incroyable.
Finalement, confiance, défiance. Le tout se fait et se défait. On ne peut jamais être vraiment sûr comment le tout va se finir. À qui ira l’allégeance de qui. Personnellement, le film m’a tenu en haleine jusqu’au bout grâce à ça. Grâce à la force de la relation entre Seo Bok et Ki Hun. Une relation qui n’est ni feinte, ni trop forcée. Ce qui est louable quand la majorité des scènes se passent entre eux deux. À la limite, les intrigues extérieures semblent secondaires à côté de ces deux-là. Comme pour remplir le reste du film et pour donner une raison à la fin.
Pour conclure sur cette partie, je dirais que c’est fort de réussir à tenir un film juste en se basant sur la relation entre deux personnes. Comme je le disais précédemment, si le film brille par les émotions et cette relation, sa deuxième vertu, et pas des moindres, c’est de nous faire réfléchir sur certains progrès et sur leur utilité.
Clonage, transhumanisme : la science en question dans Seo Bok
De tout temps, l’être humain a voulu dépasser les limites du possible. Toujours aller plus loin. Et est-ce que le but ultime ne serait pas de vaincre la mort ? De dépasser cette limite-là ? Après tout, tout au long de l’Histoire, on a toujours cherché à vaincre la Faucheuse. On peut penser aux alchimistes par exemple et à la légende de la pierre philosophale. Est-ce que la science réussira un jour cet exploit ? Mais surtout, est-ce que la science doit un jour parvenir à le faire ? Et à quel prix ? Ces dernières années, de nombreuses œuvres sont venues apporter leur réflexion, leur critique ou leur encensement sur des sujets comme le clonage ou le transhumanisme, ce mythe de l’humain augmenté. On peut penser à la série des Deux Ex par exemple. Et puis, de grandes entreprises se sont saisies de la question. Celle de savoir à quel point on peut « améliorer » le corps humain. Je tiens à préciser que je ne donnerai pas mon avis dans cet article. Je veux juste montrer pourquoi c’est intéressant que des œuvres de fiction se saisissent de cette question.
Bien sûr, le traitement de la question est romancé. Il est utilisé pour jouer avec nos émotions pour nous faire adhérer aux enjeux de la narration. Mais ça a le mérite d’être là. De poser une question et de donner des opinions différentes sur le sujet. Bien sûr si on se place du côté de Seo Bok, le cobaye créé uniquement dans le but de la science, de servir de sujet de test, la réalisation de sa condition, sa volonté de chercher un but à sa vie fait pencher l’opinion. C’est questionnable de créer quelqu’un qu’on ne considère pas comme humain. Juste pour servir la cupidité de riches personnes ou de puissances étatiques. Ce sont des manipulations que l’on peut remettre en cause. De l’autre côté, il y a ces personnes qui pensent avoir raison et ces progrès sont pour la bonne cause. Une cause qui passe surtout par le pouvoir et l’enrichissement personnel.
Mais le plus intéressant je trouve est la position de Ki Hun : une position médiane parce qu’il veut pouvoir se sauver. Utiliser les gènes de Seo Bok pour se sauver. Mais aussi le protéger en passant au-dessus de sa propre condition. Je trouve ça intéressant. Et la limite si fine entre les deux est très bien interprétée par Gong Yoo.
Je ne veux pas en dire plus, parce que je veux vous laisser découvrir par vous-mêmes la profondeur des questionnements mis en place dans le film. Mais je suis sûr que vous en ressortirez avec des idées plein la tête.
Pour conclure
Seo Bok est donc un film plein d’émotions et de questionnements. Bien écrit et bien ficelé. Pourtant il n’est pas exempt de points négatifs. Je disais que la confiance entre Ki Hun et Seo Bok est bien construite parce qu’elle fluctue au fil des événements. Mais on a quand même des deus ex machina qui vont venir forcer la confiance juste pour nous tirer quelques larmes et je trouve ça dommage. C’est ce qui m’a le plus déçu je crois. Dans un film qui place les émotions et une relation unique au centre de sa narration, c’est toujours un peu triste de voir l’artificialité de certaines situations et émotions. Le film n’est pas très long. Il fait un peu moins de deux heures. Et pourtant on sent que le scénario choisit de faire des énormes pics émotionnels, incohérents avec le reste juste pour remplir les trous du scénario ou pour amener des situations. Si ça vise à les rendre crédibles, pour moi ça a l’effet inverse. Et j’avoue que ça m’a sorti du film quelques fois. Pas assez pour abandonner le visionnage bien entendu.
Je vous conseille vraiment de vous arrêter voir le film. Comme je le disais, on n’en ressort pas indemnes et sûrement avec de nouvelles idées de réflexions sur des questions importantes. Je suis curieux d’avoir votre avis sur Seo Bok en tout cas. J’espère que cette lecture vous aura plu et vous aura donné envie de voir ou revoir le film.
C’est mon dernier article pour cette rubrique. Ce n’est donc pas sans émotion que j’écris ces lignes. Je vous retrouve rapidement pour des articles sur la musique coréenne. Merci à toutes et à tous !
Sources : Hancinéma | AsianWiki
Article rédigé par Dahlia.


