Le 18 avril dernier, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, la Corée du Sud a voté en faveur d’une adhésion de la Palestine à l’Organisation des Nations unies (ONU) en tant qu’État membre, première étape pour une stratégie de long terme en faveur de la paix au Moyen-Orient.
Un vote pour la « solution à deux États »
Lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, M. l’Ambassadeur Kim Sang Jin, le représentant permanent sud-coréen auprès de l’organisation internationale, s’est positionné en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’ONU en tant qu’État membre à part entière (elle n’est pour l’instant que membre observateur et ne dispose pas de droit de vote).
À cette occasion, Kim a clarifié que ce vote ne constituait en aucun cas une reconnaissance de la Palestine en tant qu’État indépendant. En effet, si la Corée du Sud reconnaît l’Autorité palestinienne comme seule représentante de la Palestine, elle n’a pas établi de relations diplomatiques avec le territoire.
Malgré douze votes en faveur et deux abstentions (sur quinze), la résolution recommandant à l’Assemblée générale de l’ONU d’accepter la Palestine en tant qu’État membre n’a pas été adoptée en raison d’un veto américain. En réaction à ce résultat, le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a annoncé vouloir convoquer les ambassadeurs des États ayant voté en faveur (la France et le Japon en font également partie).
Lors du débat qui a suivi le vote, Kim a réitéré son soutien à la « solution à deux États », la qualifiant de « solution la plus viable sur le long terme » du conflit israélo-palestinien. Il a poursuivi en appuyant sur la nécessité de reprendre le dialogue au plus vite afin de rétablir une paix pérenne au Moyen-Orient. Kim a également suscité l’empathie de son audience en mentionnant la longue attente que la République de Corée a dû traverser avant d’être enfin acceptée en tant qu’État membre de l’ONU (candidature déposée en 1949 pour une adhésion en 1991).
Une stratégie de long terme en faveur de la paix au Moyen-Orient
Le ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Cho Tae Yul, a plus récemment abordé le sujet des conflits et tensions au Moyen-Orient lors d’un discours à la conférence des ambassadeurs qui s’est ouverte à Séoul le 22 avril. Les ambassadeurs d’Israël, de l’Iran et du Liban étaient des absents majeurs.
Cho a également eu l’occasion d’échanger avec son homologue jordanien, Ayman Safadi, au sujet de la situation dans la bande de Gaza. Safadi a remercié la Corée d’avoir voté en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’ONU et a signifié à son homologue son espoir de travailler en étroite collaboration avec Séoul dans le cadre de son mandat en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour 2024-2025. Les deux interlocuteurs se sont engagés à poursuivre ensemble leur promotion de la paix au Moyen-Orient.
Ces récentes prises de position ne font qu’accentuer le rôle et l’engagement grandissants de la Corée du Sud sur la scène internationale en faveur de la paix et de la désescalade. Séoul n’hésite plus à faire valoir sa stratégie de l’ « État pivot mondial », au risque de devoir s’opposer aux États-Unis, leur allié de longue date.
Sources : Yonhap | KBS World French (1) (2) | The Korea Herald (1) (2) (3)
Source image : The Korea Herald
Article rédigé par Romane TOMIO.

