Bonjour les hiboux ! Vous l’aurez probablement remarqué, si vous avez déjà lu certains de mes articles, mais j’ai un penchant pour le cinéma d’horreur. Pour cette occasion, je ne vais pas vous faire une review sur un film en particulier. Je vais vous faire découvrir un top 10 de courts-métrages d’horreur coréens !
Pourquoi un top de courts-métrages d’horreur…
Quand je m’ennuie, il n’est pas rare que je passe du temps sur YouTube et plus particulièrement à la recherche de courts-métrages d’horreur. Ce n’est que mon avis, mais il arrive que les courts-métrages de ce type soient bien plus aboutis que certaines grandes productions hollywoodiennes actuelles.
C’est donc après une énième recherche de courts-métrages que l’idée de faire ce top 10 de courts-métrages d’horreur coréens m’est venue. La liste n’est évidemment pas exhaustive, puisque je n’ai pas vu l’entièreté des films disponibles sur YouTube et mon avis est purement subjectif. Amateurs d’horreur et de frissons, cette plateforme est une véritable mine d’or. Les courts-métrages coréens sont plus rares, mais j’ai tout de même pu en dénicher quelques-uns pour vous les présenter et, je l’espère, vous donner envie d’aller les visionner. Découvrez ces films sans plus tarder !
10. Driver
En dixième position de ce top de courts-métrages d’horreur : Driver. Réalisé par Oh In Chun et sorti en 2013. Le thème récurrent de ce film est l’argent, ainsi qu’une critique subtile des classes sociales.
Synopsis
Un soir une jeune femme monte à bord d’un taxi pour rentrer chez elle. Une conversation plutôt étrange va alors s’engager entre cette dernière et le chauffeur. « Vous aimez l’argent ? […] Je vous donnerai tout ce que j’ai si vous me tuez. » Jusqu’où l’être humain est-il prêt à aller pour de l’argent ?
Driver présente une situation initiale plutôt intéressante et intrigante. Jusqu’à la fin, je me suis demandé qui de la femme ou de l’homme était le réel antagoniste. Malheureusement, je suis restée sur ma faim, ce qui explique cette dixième place. J’ai apprécié le côté psychologique du film, la conversation a une certaine profondeur. Elle m’a également suscité beaucoup de questions pendant mon visionnage. Je me suis demandé ce que la femme voulait, jusqu’où l’homme allait-il réellement aller. Le suspense est bien mené jusqu’au bout, mais la fin m’a déçue.
Cette dernière est probablement forte en symbolique, mais je suis restée confuse en visionnant le final pour la première fois. Il est toujours possible de lire les interprétations d’autres internautes dans l’espace commentaires sous la vidéo, mais j’ai trouvé cela dommage et quelque peu frustrant de ne pas réussir à me faire une hypothèse par moi-même. De plus, les explications que j’ai pu trouver dans les commentaires ne m’ont pas pleinement convaincue. Driver reste toutefois un bon court-métrage ce qui lui vaut cette place honorable, puisque que j’ai vu bien plus de dix courts-métrages pour constituer ce top.
9. A moment
A moment est l’un des premiers courts-métrages d’horreur réalisés par Oh In Chun en 2009. Il présente une certaine originalité puisque l’action se déroule en Chine, à Beijing, et donc la plupart des dialogues sont en chinois.
Synopsis
Jang Mung est un employé reconnu d’une grande compagnie à Beijing en Chine. Jusqu’au jour où sa femme disparaît lors d’une promenade au parc. Alors qu’il la cherche désespérément, il croise le chemin d’un touriste coréen… C’est à ce moment que la vie de Jang Mung va basculer. Un seul et unique moment.
Ce court-métrage a été tourné il y a plus de dix ans et cela se ressent, autant dans la qualité de l’image, la mise en scène et les jeux d’acteur. Toutefois, j’ai passé un bon moment en le regardant. Ce côté « vieillot » lui donne un aspect un peu plus amateur et je trouve qu’il est d’autant plus facile de s’identifier aux personnages. Je me suis laissée captiver par le scénario et je suis allée de surprise en surprise. J’ai été partagée vis-à-vis des personnages, que j’ai été incapable de détester ou apprécier face aux actes horribles qu’ils commettent. Lorsque j’ai eu le dénouement de toute cette histoire, j’ai été prise de court et agréablement surprise. Le réalisateur n’a pas manqué d’inventivité.
Cependant, en lisant l’explication du réalisateur dans la description de sa vidéo, j’ai vu une autre profondeur à son court-métrage et je l’ai d’autant plus apprécié. Il explique qu’il a voulu symboliser un « moment » décisif dans la vie de ses personnages. Qu’aucun d’entre eux n’est né bon ou mauvais. Ce sont des personnes ordinaires qui peuvent faire le bien ou le mal. Les rencontres qu’ils sont amenés à faire les rendent extraordinaires et révèlent leur dualité en tant qu’être humain… Cela a donné d’autant plus de sens à ce court-métrage à mes yeux, j’ai vu d’un autre œil les actes de chacun et leurs conséquences, bien que certains soient atroces. D’ailleurs si vous n’aimez pas le sang et qu’une agression peut vous mettre mal à l’aise, je vous conseille de le regarder avec prudence. Toutefois, A moment a une dimension touchante, bien qu’horrible. Une autre dualité.
8. Torment
Ce court-métrage d’à peine cinq minutes est signé Lee Hyun Soo et est sorti en 2014. Puisqu’il est relativement court, je ne pourrai pas vous en dire beaucoup au risque de spoiler. Je vous conseille de le découvrir par vous-mêmes, tout en vous mettant en garde si vous n’aimez pas les scènes trop sanglantes.
Synopsis
Une photo dans les mains, un homme pleure seul dans son appartement… Et s’il n’était finalement pas aussi seul qu’il le pensait ?
Le synopsis de Torment est plutôt énigmatique, il se dévoile au spectateur petit à petit et si au départ je n’étais pas spécialement convaincue, l’horreur soudaine et surprenante ainsi que la fin m’ont fait changer d’avis. Le court-métrage est rapide et prend à peine le temps de se poser pour raconter son histoire. Cependant, j’ai apprécié ce changement radical de rythme entre le début et la fin du métrage. J’ai également bien aimé la symbolique de plusieurs éléments présents dans Torment. Ce film est un peu comme un puzzle dont il faut rassembler les pièces pour en comprendre le contexte. Je trouve que ce sont souvent les films d’horreur qui peuvent surprendre avec leur dénouement qui sont, selon moi, les plus réussis.
Lee Hyun Soo sait d’ailleurs parfaitement retranscrire l’horreur. Ses films ne sont jamais bien longs mais très efficaces ! Je ne suis pas une grande amatrice de gore, moins il y a de sang mieux je me porte, mais aucune effusion d’hémoglobine dans Torment n’est injustifiée. Il y a juste ce qu’il faut pour raconter une histoire, morbide sur les bords et qui nous prouve encore que la réalité n’est jamais telle qu’on le pense au premier abord.
7. Polaroid
À l’origine, Polaroid a été diffusé en 2018 avec une version en couleurs dont je vous joins le lien dans les sources. Cependant, j’ai décidé d’inclure dans mon classement la version en noir et blanc publiée en 2019. Polaroid a été réalisé par Oh In Chun, un nom qui ne doit plus vous être inconnu si vous avez lu le début de ce top, et ne présente qu’un seul personnage joué par Yoon Joo, une actrice que nous retrouvons régulièrement dans les courts-métrages d’Oh In Chun.
Synopsis
Le synopsis de ce court-métrage tient en quelques lignes. Une jeune femme semble faire du tourisme et s’amuse à prendre des clichés avec un petit appareil Polaroid. Toutefois, l’horreur n’est jamais bien loin…
J’ai décidé d’inclure Polaroid dans mon classement car il a une particularité que j’ai beaucoup appréciée. Il ne comporte aucun dialogue. Tout est basé sur le jeu de l’actrice et sur ce que suggère la situation. De plus, le synopsis de ce court-métrage reprend un vieux scénario de creepypasta* qui a connu de nombreuses versions au fil du temps. J’apprécie tout particulièrement l’univers des creepypasta et trouver une autre adaptation de cette légende urbaine en court-métrage a attiré mon attention. D’ailleurs, Oh In Chun a très bien réussi à s’approprier cette histoire. Dans Polaroid, l’horreur n’est absolument pas graphique, tout est basé sur le psychologique, ce que nous ne voyons pas et la situation oppressante dans laquelle la jeune femme se trouve.
Un autre détail qui m’a fait apprécier ce court-métrage c’est la technologie utilisée pour le tourner. Oh In Chun explique dans une interview que vous trouverez dans les sources que Polaroid a été entièrement tourné à l’iPhone 7. Il a d’ailleurs gagné le Smartphone Flick Fest en 2018. Comme quoi, il est possible de faire de bons films avec peu de moyens.
S’il n’est qu’à la septième place, c’est parce que le scénario est tout de même assez connu et qu’il présente quelques légers faux-raccords. Comme je le disais, j’ai connaissance de nombreuses légendes urbaines reprenant la même trame. Certes, j’ai apprécié retrouver l’adaptation, bien faite, d’une creepypasta, mais j’aime tout de même être surprise quand je regarde un film d’horreur. Certains courts-métrages de ce top ont bien mieux réussi ce tour de force, alors je ne pouvais pas le mettre plus haut. Ce qui ne lui enlève en rien d’être bien réalisé et joué. De plus, j’ai d’abord vu la version en couleurs qui, je trouve, est moins oppressante que la version noir et blanc, d’où mon choix de vous présenter cette version, qui joue davantage sur le sentiment de piège et d’angoisse. Comme si le noir et blanc était une représentation visuelle du ressenti du personnage principal. Le film est court, seulement quatre minutes, mais n’en reste pas moins efficace.
* Légendes urbaines horrifiques modernes largement diffusées sur internet
6. Metamorphoses
Encore un court-métrage signé Oh In Chun. Cette fois, Metamorphoses se classe dans le genre comico-horreur. Un mélange plutôt inattendu, mais qui a fonctionné pour moi. Sorti en 2011, il est probablement le métrage le plus long de ce top puisqu’il dure trente minutes.
Synopsis
Oh Sung Gil,auteur de manhwas, souffre du « syndrome de la page blanche ». Pour s’inspirer et s’aérer l’esprit, il a pris l’habitude de sortir dans un parc tous les jours après le travail, au volant de la voiture de sa mère. Là-bas, il a croisé plusieurs fois une belle jeune femme et il veut se décider à enfin l’aborder, bien qu’il ait déjà une petite amie. Le jour où il fait enfin le premier pas, il se retrouve à devoir suivre la jeune femme à travers le parc et se perd dans les bois… Il n’est pas près d’oublier les rencontres qu’il y fera.
Je n’ai pas beaucoup de films ou de courts-métrages mêlant comique et horreur dans mon répertoire, si bien que je ne savais pas à quoi m’attendre et Metamorphoses a réussi à me surprendre. L’humour est presque caricatural, malgré quelques scènes sanglantes, sans excès, je n’ai pas pu m’empêcher de rire face à tant d’absurde. Les personnages sont pour la plupart assez clichés, il y a la jolie fille, le beau mec musclé, l’autre un peu idiot… Cependant, cela accentue le côté comique et les acteurs endossent parfaitement bien leurs rôles.
La fin est ouverte, elle a presque failli me décevoir, mais les dernières secondes ont rattrapé mes préjugés avec un élément auquel je ne m’attendais absolument pas. C’est d’ailleurs un autre point qu’il faut souligner dans le scénario de ce court-métrage, il y a toujours des rebondissements pour relancer l’action. Metamorphoses est un petit ovni parmi tous les courts-métrages que j’ai pu voir et c’est agréable de pouvoir rire un peu devant un film d’horreur. Devant un bon film d’horreur j’entends, car rire devant un mauvais film d’épouvante c’est facile, cependant, ici c’était réellement l’intention de l’auteur alors le rendu est parfait.
5. A function
Nous retrouvons à la cinquième place un des courts-métrages d’horreur de Lee Hyun Soo : A function, sorti en 2011. Le synopsis de ce film tourne surtout autour du système scolaire coréen, la compétitivité, les concours difficiles, la course à l’excellence… A function a gagné pas mal de prix entre 2011 et 2012 dont ceux du Meilleur Film au Festival Hallucination Collective à Lyon (2012) et du Meilleur Film lors de l’International Fantastic Film Festival de Paris (2011).
Synopsis
Ce qui est intéressant dans A function c’est qu’il n’a pas réellement de situation initiale claire. Une jeune fille doit visiblement résoudre une équation dans une salle de classe sordide sous peine de voir des événements affreux survenir…
J’ai justement apprécié A function pour son absence d’histoire concrète. Je me suis sans arrêt demandé comment cette jeune fille s’était retrouvée dans une telle situation. L’atmosphère pesante et angoissante est parfaitement dépeinte, avec le tic tac de l’horloge, la plume qui gratte sur le papier, le décor qui commence à prendre vie… La montée en tension est progressive et oppressante à souhait. J’ai bien aimé la critique de la société étudiante en Corée, fait que le réalisateur a lui-même confirmé dans une interview que vous trouverez dans les sources de cet article. Il y parle plus en détail de son métrage. Lee Hyun Soo a voulu souligner à quel point les étudiants coréens se battent littéralement pour chaque examen et il y a cette notion qu’ils jouent leur vie à chaque test. Tout cela est évidemment appuyé et exagéré dans l’horreur pour A function, mais rendant le tout intéressant et prenant. La symbolique est omniprésente dans A function, il faut donc bien ouvrir l’œil et ne pas hésiter à laisser son imagination s’échapper. L’absence d’histoire concrète du métrage me rend la tâche difficile pour vous en parler, mais si vous appréciez les films à ambiance, angoissants dans leur mise en scène, A function vous plaira.
J’ai également apprécié toute l’ironie de la fin, qui semble cette fois dénoncer le monde du travail, suivant par conséquent la scolarité d’un étudiant. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir le court-métrage pour vous faire votre propre avis !
4. Human Form
Il y aurait beaucoup à dire sur Human Form (titre original : 인형) réalisé par Noh Do Yeon. Ce court-métrage a été diffusé pour la première fois en 2014 et est probablement l’un des plus célèbres dans le cinéma coréen. Il aborde un thème que l’on associe souvent à la Corée du Sud : la chirurgie esthétique, pour en faire une satire. Noh Do Yeon semble également dénoncer les diktats de l’apparence et ce souhait qu’ont beaucoup d’adolescents d’être comme les autres pour se sentir acceptés.
Synopsis
Née dans une société où la chirurgie esthétique est la norme, depuis l’enfance Chung In Hyung souhaite elle aussi se faire opérer, comme ses parents et sa sœur avant elle, afin de se sentir acceptée. Quand sa meilleure amie subit elle aussi cette opération, In Hyung décide de franchir le pas. Toutefois, cette quête d’acceptation ne mènera pas au résultat escompté.
Human Form s’inscrit dans le genre body-horror*. Je ne suis pas une adepte de ce sous-genre d’horreur habituellement, mais Human Form a réussi à me convaincre, car il le fait différemment. Il n’y a encore une fois rien d’excessivement graphique. Pourtant le résultat de cette chirurgie esthétique que tout le monde subit a de quoi faire frissonner, instaurant une ambiance dérangeante. L’apparence identique de tous ces personnages personnifie la laideur des diktats et des stéréotypes. J’ai trouvé le message que le réalisateur souhaitait faire passer somme toute classique mais important et il le fait avec originalité. Ce court-métrage m’a plu dans le thème qu’il aborde et sa façon de le traiter, voire même de le dénoncer.
Sa mise en scène est également très bien réalisée. La partie où In Hyung marche seule dans la rue exacerbe encore plus son sentiment de solitude et de marginalisation. D’autant plus qu’elle croise des personnes « conformes » à cette société dans laquelle elle vit. Ce court-métrage peut également faire penser à un épisode de Black Mirror dans sa vision futuriste et sa façon de traiter son sujet. Je ne peux malheureusement pas en dire plus, il est très facile de laisser échapper un spoiler quand il s’agit d’un court-métrage d’à peine dix minutes. Je vous laisse donc aller le découvrir vous-mêmes et n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
* Genre horrifique dans lequel une partie du corps ou tout le corps d’une personne est altérée pour susciter la peur
3. Nose nose nose eyes
Nose nose nose eyes par la réalisatrice Moon Ji Won arrive donc en troisième place de ce top de courts-métrages d’horreur. Il est disponible depuis 2020 sur la chaîne YouTube ALTER, spécialisée dans les courts-métrages d’horreur des quatre coins du monde. Cependant sa première projection date de 2017 dans divers festivals. Il aborde le thème de la folie, de la famille et de l’avidité d’argent. Ces trois sujets sont d’ailleurs habilement associés pour donner un court-métrage dérangeant à souhait, mais néanmoins intéressant.
Synopsis
Ce court-métrage met en scène une famille et plus particulièrement, une mère terrifiante, prête à tout pour toucher l’argent de l’assurance-vie de son mari. Jusqu’au jour où leur fille de dix ans va découvrir ce qui se trame réellement derrière la porte de la chambre de ses parents.
J’ai apprécié ce court-métrage car il est à la fois perturbant et pourtant rien n’est clairement montré à l’image, seulement suggéré. La réalisatrice laisse le spectateur s’imaginer lui-même ce qui a bien pu arriver et c’est un procédé qui peut se révéler plus efficace que toutes les mises en scène montrées à l’écran. J’ai aussi bien aimé l’ambiance malsaine et dérangeante qui émane de ce métrage. La mère est effrayante et je n’ai pas pu m’empêcher d’appréhender chacune de ses actions. Les jeux d’acteur sont remarquables également. La mère (Lee Ju Yeong) joue parfaitement bien la folie, la femme insensible face à ce qu’elle fait subir à son mari, et la fille (Kim Ja Yeong) est touchante dans le rôle d’une enfant qui fait aveuglément confiance à sa mère autant qu’elle en est terrifiée. Le rôle du père (Oh Jeong Se) est mineur comparé aux deux autres, mais il n’est pas en reste.
L’esthétique générale du métrage est également bien pensée et agréable. L’horreur grimpe en flèche dans Nose nose nose eyes où on suit progressivement la folie et l’avidité d’argent de la mère. J’apprécie le fait qu’il n’y ait aucune scène d’horreur graphique, bien que par extension ce métrage peut lui aussi s’inscrire dans le genre body-horror. On se sent rapidement dérangé par les événements et je suis certaine que beaucoup auront envie de regarder ailleurs par appréhension de ce qu’il pourrait se passer, rendant le court-métrage encore plus oppressant.
2. Night Watcher
Avant-dernier film de ce classement de courts-métrages d’horreur : Night Watcher (titre original : 야경꾼), diffusé pour la première fois en 2015 et écrit/réalisé par Noh Do Yeon, le même réalisateur que Human Form.
Synopsis
Alors qu’une jeune femme quitte son travail en plein milieu de la nuit pour rentrer chez elle, un employé de la boutique d’en face lui propose de la raccompagner, il aurait soi-disant vu un autre homme la surveiller dans la journée et voudrait s’assurer qu’elle ne soit pas suivie par un prédateur. Cependant, quand la peur s’en mêle, difficile de démêler le vrai du faux…
Night Watcher aborde des thèmes assez communs dans le genre horrifique : une femme seule la nuit et un homme qui la suit. Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce court-métrage c’est qu’il nous induit beaucoup à croire certaines hypothèses plutôt que d’autres, à douter, comme la jeune femme doit elle-même douter. L’histoire est présentée de son point de vue et cela ajoute un sentiment oppressant. J’ai réellement eu peur pour cette jeune femme et je me suis également mise à sa place. Je pense que ce court-métrage m’a autant captivée et effrayée, car il me parle ayant moi-même déjà pu ressentir un léger sentiment d’angoisse à l’idée de rentrer seule chez moi tard après les cours.
Il y a également des jeux d’ambiance plaisants et j’ai apprécié les idées du réalisateur dans sa mise en scène. Je ne peux malheureusement pas développer au risque de spoiler, mais la fin de ce métrage est extrêmement bien trouvée, je vous laisse donc la découvrir par vous-mêmes. Elle est expliquée sur certains points et ouverte à la fois, laissant des détails à la libre interprétation du spectateur. C’est surtout le dernier plan qui a fait travailler mon imagination quant à la réelle finalité de Night Watcher et encore une fois, le réalisateur a su ajouter du mystère sans pour autant tout dévoiler.
Ici, l’horreur est surtout psychologique. Tout est suggéré sans être montré. J’apprécie quand les films d’horreur jouent davantage sur l’imagination plutôt que sur le spectacle sanguinolent pour pas grand-chose. Selon moi, ce n’est pas toujours nécessaire. Night Watcher n’a pas besoin de telles scènes pour atteindre et choquer le spectateur. La fin est particulièrement bien trouvée et je me suis posé beaucoup de questions, pour finalement essayer de remettre toutes les pièces du puzzle ensemble. Enfin, le jeu des acteurs apporte également un plus à ce court-métrage, ajoutant un sentiment d’oppression déjà présent. Je ne souhaite pas gâcher votre visionnage avec un quelconque spoiler, mais je préfère tout de même signaler que Night Watcher sous-entend des thèmes comme les agressions physiques et sexuelles. Cependant, rien n’est montré. Ce qui n’a pas empêché ce court-métrage de me mettre mal à l’aise.
1. Superpower Girl
Enfin, voici mon favori parmi tous ces courts-métrages d’horreur : Superpower Girl. Réalisé par Kim Soo Young, il est sorti en avril 2017. Comme beaucoup des films présentés dans ce top, il a été projeté lors de festivals, notamment le BISFF (Busan International Short Film Festival). Il se classe davantage dans le body-horror et c’est une ambiance assez dérangeante qui s’installe pendant quelques minutes.
Synopsis
Superpower Girl nous présente deux jeunes filles : Mina et Juri. La première est populaire, meilleure élève de sa classe, et la seconde, plus effacée, est la victime des brimades de ses camarades. Jusqu’au jour où Juri se voit dotée d’un pouvoir étrange venu de nulle part, les rôles pourraient s’inverser, mais à quel prix ?
Ce n’est pas pour rien que ce court-métrage obtient la première place de ce classement. J’ai visionné beaucoup de films pour le construire et il est de loin celui qui m’a le plus touchée, car oui, Superpower Girl nous offre un final poétique et touchant. C’est un film d’horreur qui fait monter son ambiance malsaine crescendo, mais malgré sa durée d’à peine vingt-cinq minutes, je me suis attachée à ces deux jeunes filles. Oui, le court-métrage est aussi glauque et dérangeant par moments, mais la symbolique de certains plans est présente et elle donne de la profondeur à l’histoire racontée. L’esthétique générale du film m’a aussi convaincue. J’ai également apprécié qu’à travers Superpower Girl, la réalisatrice essaie de faire passer une critique de cette quête de popularité chez les adolescents et sur le fait qu’une réputation peut s’effondrer aussi rapidement qu’elle s’est construite. Il faut aussi souligner le jeu des deux actrices Lee Yoo Mi (Juri) et Kim Hye Jun (Mina). Vous avez d’ailleurs pu récemment retrouver cette dernière dans Kingdom (2019). Je les ai trouvées poignantes et crédibles dans leurs rôles. Toutefois, attention si vous êtes sensibles, certaines scènes de ce court-métrage peuvent être dérangeantes et il aborde le sujet du harcèlement scolaire.
En résumé, c’est un court-métrage sur le besoin d’être accepté et considéré, surtout à l’adolescence, qui puise une certaine poésie dans l’horreur. Je dois avouer que j’ai également apprécié qu’il me rappelle Army of one du célèbre mangaka d’horreur Itô Junji. Je recommande d’ailleurs ses ouvrages à tous les amateurs de mangas et d’horreur.
Conclusion
À travers ce top de courts-métrages d’horreur coréens vous avez pu découvrir différents pans de ce cinéma particulier, j’ai essayé de varier les genres et les techniques, même si pour les réalisateurs, les mêmes noms reviennent régulièrement. Ce sont les plus connus et il est difficile de passer à côté de leur travail. L’univers cinématographique des courts-métrages est souvent moins connu et pourtant tout aussi riche. Il est aussi plus facile d’accès, car il n’est pas rare que les réalisateurs publient leurs œuvres gratuitement dès leur sortie ou après quelque temps. Si certains des films présentés dans ce top vous ont interpellés je vous invite à en chercher davantage et à partager vos trouvailles ! Et si vous voulez rester dans une ambiance horrifique vous pouvez découvrir un autre top sur le thème d’Halloween écrit par un autre hibou !
Sources : Oh In Chun : HanCinema | Korean Film | Driver : YouTube | IMDb | A moment : YouTube | IMDb | Polaroid : YouTube (noir et blanc) | YouTube (couleurs) | Movie Making (interview réalisateur) | HanCinema | Metamorphoses : YouTube | IMDb | Lee Hyun Soo : IMDb | Torment : YouTube | A function : YouTube | Make it short (interview réalisateur) | IMDb | Brooklyn Film Festival | Noh Do Yeon : KoreanFilm | Human Form : YouTube | IMDb | Night Watcher : YouTube | IMDb | Moon Ji Won : Korean Film | Nose nose nose eyes : YouTube | Palm Spring Film Festival | Kim Soo Young : IMDb | Korean Film | Superpower Girl : YouTube | IMDb
Article rédigé par Alina.

