Comme annoncé en septembre dernier par les autorités sud-coréennes, le violeur d’enfants Cho Doo Soon a été libéré ce 12 décembre 2020. Cette libération, qui fait beaucoup de bruit dans le pays, a soulevé une vague d’inquiétude au sein de la population. De son côté, le gouvernement sud-coréen tente tant bien que mal d’apaiser l’opinion publique indignée par le laxisme de la justice envers les criminels sexuels.
Faits et condamnation du violeur
Lorsque les faits se produisent en 2008, Cho Doo Soon a déjà dix-sept crimes, dont des viols et un meurtre à son actif. Il kidnappe une jeune fille de 8 ans alors qu’elle va à l’école puis l’étrangle, la bat et la viole dans les toilettes d’une église à Ansan, dans la province de Gyeonggi. La victime est retrouvée inconsciente, la tête sous l’eau et avec de nombreux dommages internes irréversibles. Le drame fait la Une des médias et choque le pays.
Lors du procès, la prison à perpétuité est demandée mais la cour se contente de douze ans de prison ferme en justifiant que le violeur aurait agi par faiblesse physique et mentale, sous l’influence de l’alcool. Il purge donc sa peine dans l’établissement pénitentiaire de Cheongsong où il suit un programme de psychothérapie de 150 heures et 400 heures d’éducation correctionnelle.

Protestations contre sa libération
Ce jugement a été critiqué par de nombreux Sud-Coréens et notamment les parents, comme étant trop clément. Plus de 5 500 pétitions ont rapidement vu le jour afin de demander à la justice de révéler les informations personnelles du criminel et de le condamner à perpétuité. En 2017, une pétition contre sa libération recueille plus de 610 000 signatures sur le site de la Maison Bleue et en 2019, les médias diffusent enfin le visage du criminel.
Les habitants d’Ansan, où va revenir Cho Doo Soon après sa libération, ont quant à eux été des milliers à appeler leur maire pour empêcher le retour du criminel ou pour demander qu’on révèle son adresse, pour la sécurité des enfants notamment. Le maire d’Ansan a ainsi demandé à la ministre de la Justice de réagir rapidement. Le père de la victime a quant à lui envoyé une lettre à un législateur afin d’inciter les politiciens à prendre des mesures immédiates contre la libération du violeur.
Mesures prises par les autorités
La ministre de la Justice a donc répondu aux appels en déclarant qu’il était légalement impossible de garder le criminel enfermé plus longtemps : la loi constitutionnelle interdisant le double jugement pour un même crime, on ne peut changer une sentence ou ajouter des années de prison à un criminel déjà jugé.
Il faut savoir que depuis 2008, plusieurs projets de loi ont été envisagés par le gouvernement afin de régler ce problème. En 2010 par exemple, le Protective Supervision Act proposait d’isoler les meurtriers et les délinquants sexuels après leur libération. Mais le projet a été refusé par la Commission nationale coréenne des droits de l’Homme en 2014. Bien que l’actuelle ministre de la Justice soit réticente à l’idée d’amender la loi, l’Assemblée nationale est actuellement en train d’examiner d’autres projets de loi sur les potentiels récidivistes.

Même si le gouvernement sud-coréen ne peut garder le criminel enfermé plus longtemps, il va tout de même surveiller le violeur grâce à des caméras et un GPS électronique à la cheville. Son adresse sera publiquement dévoilée et ses voisins seront prévenus de ses allées et venues. Les autorités ont par ailleurs proposé à la victime une protection physique ainsi qu’une aide financière débloquée par le ministère de l’Égalité des genres.
Sources : The Korean Herald | The Korea Times (1)(2)

