Pour célébrer la fin de l’année 2023 et le passage à 2024, les hiboux de la rubrique News vous proposent six actualités coréennes inédites qui ont marqué le pays en 2023 !
Sommaire : les actualités coréennes de 2023
- Corée du Nord : réunion au sommet entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine
- Politique : le chef de l’opposition sud-coréen pris dans un tourbillon judiciaire
- Santé : la ville de Séoul supprime des budgets alloués aux minorités
- Justice : le Japon condamné à indemniser des victimes d’esclavage sexuel
- Culture : la Corée du Sud élue membre du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO
- Divers : manifestations contre l’interdiction de la consommation de viande de chien
Corée du Nord : réunion au sommet entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine

Le 13 septembre, s’est déroulée une rencontre stratégique entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine, en Russie.
Il s’agissait du premier déplacement à l’étranger du dirigeant nord-coréen depuis 2020, confirmant un rapprochement russo-nord-coréen. En août, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou avait déjà assisté aux célébrations du 70e anniversaire du « Jour de la victoire » à Pyongyang.
Ce rapprochement s’explique par l’isolement politique de la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Alors que la Russie souffre de ruptures de stocks de munitions, le renforcement de ses liens avec la Corée du Nord lui permet de retrouver un fournisseur en armes. La rencontre entre Kim Jong Un et Vladimir Poutine aurait donné lieu à un accord garantissant la fourniture de la Russie en munitions contre de l’aide au développement technologique. Lors de ces échanges, le dirigeant nord-coréen aurait assuré à son homologue russe un soutien total dans son « combat sacré » contre l’Occident.
Ce sommet n’a pas été sans répercussion. Alors que le président biélorusse Alexandre Loukachenko a saisi l’occasion pour proposer la signature d’un pacte de coopération tripartite, les États-Unis ont exprimé leur inquiétude de voir ces deux pays contourner les sanctions internationales en s’aidant mutuellement.
Politique : le chef de l’opposition sud-coréen pris dans un tourbillon judiciaire

Visé par plusieurs enquêtes pour corruption, abus de confiance et transfert illégal de fonds vers la Corée du Nord, le chef de l’opposition sud-coréen Lee Jae Myung avait décidé d’entamer le 31 août une grève de la faim afin de proclamer son innocence et de dénoncer la « chasse aux sorcières » orchestrée par le président sud-coréen actuel Yoo Suk Yeol et dont il ferait l’objet. Ses détracteurs affirment à l’inverse que cette grève de la faim n’est qu’un prétexte pour échapper aux juges.
Le lundi 18 septembre 2023, le chef du parti démocrate Lee Jae Myung a été transporté à l’hôpital après vingt-quatre jours de grève de la faim. Trahi par les élus de son propre parti, il apprend depuis son lit d’hôpital la levée de son immunité parlementaire. Son arrestation aurait dû avoir lieu le 27 septembre. Cependant, son mandat d’arrêt a été annulé par la Cour centrale de Séoul, affirmant que les preuves étaient insuffisantes.
L’affaire se poursuit malgré tout : fin novembre, Kim Yong, considéré comme le bras droit de Lee, est jugé coupable d’avoir reçu des fonds illégaux et est condamné à cinq ans d’emprisonnement. Plus récemment, le bureau des procureurs de Suwon a perquisitionné le bureau du gouvernement de la région du Gyeonggi afin de récolter davantage de preuves liées aux allégations selon lesquelles Lee et son épouse auraient utilisé des fonds régionaux pour acquérir des biens personnels. Affaire à suivre en 2024.
Santé : la ville de Séoul supprime des budgets alloués aux minorités

Début décembre, le gouvernement métropolitain de Séoul a annoncé la réduction drastique de certaines subventions à des établissements publics de santé et à des centres à destination de minorités (femmes, personnes en situation de handicap et/ou à faible revenus). À ce titre, les trente-trois pharmacies publiques de nuit de Séoul, alternatives plus abordables aux urgences pour les foyers plus précaires, disparaîtront progressivement des vingt-cinq districts de Séoul.
Seize des cinquante-deux entreprises en résidence au Seoul Woman Craft Center doivent partir dans les prochains mois, presque un an avant la fin prévue de leur contrat. Le centre avait été créé en 2017 afin d’encourager les femmes à échanger et entreprendre, notamment dans le domaine de l’artisanat. La bibliothèque Seoul Braille Library et le Seoul Acceleration Center for Gender Equity, centre pour l’équité entre les sexes, fermeront aussi courant 2024.
Face aux nombreuses critiques, la ville s’est défendue en soulignant les besoins financiers nécessaires pour mener à bien le nouveau projet de revitalisation économique de Séoul.
Justice : le Japon condamné à indemniser des victimes d’esclavage sexuel

Le 23 novembre 2023, la Cour suprême de Séoul a condamné le gouvernement japonais à indemniser seize femmes réduites à l’esclavage sexuel par l’armée japonaise lors de son occupation de la Corée.
De 1931 à 1945, près de 200 000 filles et femmes, dont de nombreuses Coréennes, ont été enlevées afin de devenir des « femmes de réconfort », forcées de se prostituer pour les soldats de l’armée impériale japonaise. La reconnaissance et l’indemnisation des victimes de cet esclavage sexuel a toujours été et demeure encore aujourd’hui un sujet épineux des relations nippo-coréennes.
La décision du 23 novembre vient substituer une décision prise en avril 2021 par une cour inférieure, qui avait préféré éviter l’incident diplomatique et avait rejeté la demande de ces seize femmes, mettant en avant le principe de souveraineté du gouvernement japonais concernant les demandes qu’il souhaitait honorer. La ministre japonaise des Affaires étrangères Yoko Kamikawaa a exprimé l’indignation de Tokyo quant à cette nouvelle décision, la qualifiant de « contraire au droit international et aux accords entre les deux pays ».
La Haute Cour de Séoul a jugé que dans ce cas précis, le Japon ne devait faire l’objet d’aucune forme d’immunité et enjoint Tokyo à verser l’équivalent de 141 000 euros à chacune des plaignantes ou à leur descendance.
Culture : la Corée du Sud élue membre du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO

Ce 23 novembre, la Corée du Sud a été élue membre du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO. Cet organe, composé de 21 pays, a pour mission de déterminer quels biens culturels et naturels sont ajoutés ou retirés de la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La Corée du Sud va tenir ce poste jusqu’en 2027.
La Corée du Sud fait maintenant partie des pays qui vont décider si les mines d’or de l’île japonaise de Sado vont être ajoutées à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ou non. Or, si le Japon soutient cette candidature depuis de nombreuses années, la Corée du Sud s’y oppose en raison du travail forcé des Coréens qui aurait eu lieu lors de la domination coloniale japonaise en Corée. La Corée du Sud donnera également son avis sur la révision du statut de l’île d’Hashima, sur la liste depuis 2015, où 800 Coréens auraient également travaillé de force entre 1910 et 1945.
Selon les autorités coréennes, ce mandat sera une opportunité pour la Corée du Sud de souligner l’importance qu’elle attache aux enjeux mondiaux actuels tels que le changement climatique ou la répartition équilibrée des sites patrimoniaux dans les régions du monde.
Divers : manifestations contre l’interdiction de la consommation de viande de chien

Traditionnellement consommée en soupe lors des périodes de boknal (jours les plus chauds d’été), la viande de chien est réputée pour ses vertus énergisantes et désaltérantes. Depuis plusieurs années, les groupes de protection des animaux sont de plus en plus influents dans la sphère publique coréenne, tandis que la présence d’animaux de compagnie dans les foyers est en forte croissance. L’explosion des ventes de poussettes pour chiens (comparée à celles plus faibles des poussettes pour bébés) est un fort indicateur de l’attachement des Coréens à leurs animaux. De ce fait, la consommation de viande de chien ne fait que décroitre.
Ce mardi 12 décembre, des éleveurs de viande de chiens ont manifesté devant le bureau présidentiel à Séoul pour annuler le projet de loi interdisant toute consommation de viande de chien d’ici à 2027, qui devrait être voté en 2024. Ils affirment que la consommation de chien est un droit fondamental et qu’il appartient à chacun de choisir d’en manger ou non. Ils accusent aussi le gouvernement de menacer leur survie et d’abus de pouvoir pour légifération sans consultation de l’opinion publique. Il reste encore 1 150 élevages canins, 34 boucheries et près de 1 600 restaurants qui vendent des aliments à base de viande de chien en Corée.
Conclusion : quelles sont les actualités coréennes qui vous ont marqué en 2023 ?
C’est sur cette dernière que nous concluons notre compilation des actualités coréennes de l’année 2023. Avant de vous souhaiter une très bonne année 2024, l’équipe News de K.OWLS est curieuse de connaitre les actualités coréennes en 2023 qui vous ont marqué. N’hésitez pas à nous les partager sur les réseaux sociaux en mentionnant le compte de K.Owls.
Sources : AP News (1) (2) | Courrier international | Korea JoongAng Daily (1)(2) | Korea Times (1)(2) | Libération | Ouest France | Pulse News | Reuters | RFI | Seoul Craft Center | The Guardian | The Korea Herald | Yonhap News Agency
Sources images : France 24 | Japan Times | Mike Swigunski | Laurynas Me

