Le 15 février dernier, dans une publication de l’Agence de presse centrale nord-coréenne, la sœur du dirigeant Kim Jong Un, Kim Yo Jong, a évoqué la possibilité d’une reprise du dialogue diplomatique avec le Japon.
Un appel au dialogue émis par le Japon, soutenu par Séoul et Washington
Le 14 février, le Premier ministre japonais Fumio Kishida s’est exprimé au sujet de l’importance de la tenue d’un sommet entre le Japon et la Corée du Nord afin d’aborder la question des japonais kidnappés par la Corée du Nord dans les années 1970 et 1980 afin d’être entraînés pour devenir des espions, dossier qui empoisonne encore à ce jour les relations diplomatiques entre les deux pays. Kishida a également insisté sur la nécessité, dans le contexte stratégique actuel, de maintenir les efforts en faveur d’un dialogue régulier.
Une réaction du ministère sud-coréen des affaires étrangères, rappelant le dialogue tripartite actif avec les États-Unis et le Japon sur la question nord-coréenne, a également appuyé le rôle bénéfique que jouerait un dialogue bilatéral Tokyo-Pyongyang sur la question de la dénucléarisation de la péninsule, et donc pour la paix et la stabilité dans la région. Le porte-parole du département d’État américain a également affirmé le soutien de Washington à la tenue de ce dialogue.
Un parti pris surprenant de la part des autorités de Corée du Nord
La réaction de Kim Yo Jong aux déclarations du Premier ministre japonais a beaucoup surpris. Lors d’une prise de parole à la commission du budget de la Chambre des représentants, elle a évoqué la possible reprise du dialogue diplomatique avec le Japon et est même allée jusqu’à envisager une visite de Kishida à Pyongyang.
La sœur du dirigeant nord-coréen, dont l’influence est grandissante au sein du parti, tient ici une position tout à fait surprenante dans la politique étrangère nord-coréenne actuelle. Il reste néanmoins important de souligner qu’elle a subordonné la reprise d’un dialogue Pyongyang-Tokyo à deux conditions non négligeables :
- que le Japon renonce à ses prises de positions anti-nucléaires pro-américaines et ainsi ne s’oppose plus au « droit légitime de la Corée du Nord à l’autodéfense » ;
- que la question des enlèvements qui, selon Pyongyang, est déjà résolue, ne soit pas à l’ordre du jour.
En définitif, Kim Yo Jong maintient la position officielle du régime en affirmant que la question des programmes nucléaire et balistique nord-coréens n’est pas centrale dans l’amélioration des relations entre les deux pays. Elle a également ajouté, venant ainsi apporter une nuance peu prometteuse, que ses propos relevaient entièrement de son opinion personnelle et que l’exécutif nord-coréen n’avait pas d’intérêt à renouer le contact avec Tokyo.
Sources : Yonhap | KBS World French (1) (2)
Source image : Courrier international
Article rédigé par Romane TOMIO.

