Ce vendredi 22 mars, le gouvernement sud-coréen a exprimé de profonds regrets face à la publication au Japon de nouveaux manuels scolaires de collège falsifiant des faits historiques concernant les îlots de Dokdo.
Dokdo : un contentieux vieux de 80 ans
Situés en mer de Japon (ou « mer de l’Est » pour les Coréens), les îlots Dokdo (Takeshima en japonais ou encore Rochers Liancourt en français) sont un récif volcanique dans les faits contrôlé par la Corée du Sud, mais revendiqué par le Japon depuis la fin de la colonisation en 1945. Ces îlots représentent donc un sujet de discorde profond qui empoisonne les relations diplomatiques entre les deux pays depuis près de 80 ans.
Malgré la reconnaissance de la souveraineté coréenne sur ces îlots dans des cartes datant du XIXème siècle, le Japon affirme aujourd’hui que Dokdo fait, et a toujours fait, partie de son territoire. Cela a donné lieu à plusieurs épisodes de tension diplomatique entre les deux États. Notamment en avril 2018 lors du Sommet inter coréen, où le Japon avait demandé la modification de la carte de la péninsule coréenne représentée sur un dessert. Ou bien lors des Jeux Olympiques de Pyeongchang deux mois avant, où cette même carte figurait sur les drapeaux officiels de la délégation conjointe Corée du Sud – Corée du Nord et où le Japon avait inscrit Dokdo sur la carte du parcours de la flamme olympique.
Des manuels scolaires revendiquant la souveraineté japonaise sur Dokdo
Ce n’est pas une première, le Japon falsifie régulièrement dans ses manuels scolaires les faits historiques liés à la période la colonisation japonaise en Corée du Sud (1910-1945). C’est également le cas dans les derniers manuels scolaires publiés au Japon : sur 18 manuels examinés par le ministère japonais de la Culture et de la Science, 15 établissent une nouvelle fois la souveraineté japonaise sur les îlots de Dokdo.
Le ministère des Affaires étrangères sud-coréen a réagi ce vendredi 22 mars avec un communiqué indiquant que « le gouvernement présente ses profonds regrets en apprenant que le gouvernement japonais a approuvé des manuels scolaires de niveau collège qui défendent l’idée d’une souveraineté japonaise sur les îlots de Dokdo et font des déclarations qui ne correspondent pas aux faits historiques ». Le communiqué conclut en réclamant « du gouvernement japonais l’application d’un enseignement de l’histoire qui soit basé sur les excuses et l’autocritique qu’il a lui-même affichés ». L’Ambassadeur du Japon en Corée du Sud, Koichi Aiboshi, a également été convoqué par le Vice-Ministre Kim Hong Kyun à ce sujet.
Alors que l’année 2023 a observé une volonté de rapprochement entre Séoul et Tokyo, notamment incarnée par la diplomatie du Président Yoon Suk Yeol, une véritable entente de long terme est rendue difficile par un ensemble de contentieux non résolus qui encore aujourd’hui constituent des obstacles à l’établissement d’une vision uniforme de l’Histoire. Les manuels scolaires japonais, au-delà du contentieux territorial que représente Dokdo, déforment également les faits liés au travail forcé ou bien encore aux femmes de réconfort, d’autres contentieux encore bel et bien au cœur des relations diplomatiques nippo-coréennes.
Sources : Yonhap | Planète Corée | Korea Times | KBS World French
Source image : Nikkei Asia
Article rédigé par Romane TOMIO.

