Le 29 octobre, le ministère chinois des Affaires étrangères a confirmé l’arrestation d’un citoyen sud-coréen accusé d’espionnage dans le pays.
Le premier Sud-Coréen sous enquête pour espionnage en Chine
Cette confirmation par le gouvernement chinois qu’un expatrié en Chine était détenu pour espionnage est la première affaire de ce type impliquant un ressortissant sud-coréen depuis la promulgation de la nouvelle loi chinoise contre l’espionnage en juillet 2023, attirant particulièrement l’attention de la presse et des autorités sud-coréennes.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, n’a pas décliné l’identité de l’individu en question. Selon un rapport de l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, le détenu serait un homme, ancien ingénieur chez Samsung Electronics âgé d’une cinquantaine d’années, qui travaillerait pour une entreprise chinoise de semi-conducteurs à Hefei, dans la province d’Anhui dans l’est de la Chine. Il aurait été arrêté en décembre 2023 pour avoir divulgué des secrets industriels et des informations commerciales sensibles à la Corée du Sud.
Cette arrestation intervient après l’interpellation par la Corée du Sud d’un autre ancien cadre de Samsung, Choi Jin Seog, pour avoir prétendument volé des informations sensibles afin d’aider un client à construire une usine de fabrication de puces en Chine.
Lin Jian a cependant affirmé que l’ambassade de Corée du Sud à Pékin était informée de cette arrestation et que Pékin avait fourni aux diplomates sud-coréens les « moyens nécessaires à l’exercice de leurs fonctions consulaires ».
Nouvelle loi anti-espionnage : des arrestations inquiétantes qui se multiplient
La famille du détenu s’est plaint de la lenteur et de l’insuffisance de l’assistance consulaire offerte par les postes diplomatiques sud-coréens sur place. Lors de l’arrestation, il y a maintenant près d’un an, la famille avait sollicité l’aide de l’ambassade de Corée du Sud à Pékin. On l’avait alors orientée vers le consulat général à Shanghai, au motif que le détenu était un résident de cette circonscription. Enfin, le consulat général l’avait de nouveau renvoyée à l’ambassade. Une semaine a donc été nécessaire avant que le dossier soit définitivement affecté à un agent consulaire.
Face aux journalistes, Lin Jian a déclaré que l’homme avait été arrêté « conformément à la loi sur des soupçons d’espionnage » et que ses droits légaux seraient sauvegardés. En revanche, un des proches du suspect a affirmé que celui-ci avait été détenu dans un hôtel et interrogé pendant cinq mois. Il a également indiqué que le suspect souffrait de diabète et qu’il n’avait pas accès à son traitement.
Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères de la Corée du Sud a déclaré être au courant de cette détention et qu’il fournissait l’assistance consulaire nécessaire. Au même titre que l’ambassade de Corée du Sud à Pékin, ils n’ont cependant par souhaité apporter davantage de commentaires sur l’affaire.
Dans un contexte de guerre technologique avec les États-Unis, la Chine avait révisé la loi nationale sur le contre-espionnage afin d’en élargir le champ d’application. Cette loi interdit le transfert de tout document, donnée et information « liés à la sécurité et aux intérêts nationaux » sans autorisation.
Les inquiétudes grandissent alors qu’une confusion demeure sur les actes encore autorisés et les entreprises et gouvernements étrangers ont demandé plus de clarté à ce sujet. En effet, les arrestations et enquêtes de ce type se multiplient et, non seulement empoisonnent des relations diplomatiques déjà contextuellement tendues, mais peuvent également dissuader les entreprises étrangères d’investir et de mener des activités en Chine. En novembre 2023, des expatriés japonais avaient quitté le pays à la suite d’accusations similaires portées contre un compatriote travaillant pour Astellas Pharma.
Sources : South China Morning Post (1) (2) | AP Archive | Reuters (1) (2) | World KBS French | Yonhap
Source image : Reuters
Article rédigé par Romane TOMIO.

