Après un premier partenariat signé en 2023, le Centre Pompidou a pour projet l’ouverture d’une nouvelle antenne sud-coréenne à Busan, un projet qui divise l’opinion publique locale.
Un partenariat longuement mûri
Dans une dynamique de rapprochement culturel entre la France et la Corée du Sud, et après plusieurs années de discussion, le Centre Pompidou et la Hanhwa Foundation of Culture signent en 2023 un accord de partenariat prévoyant l’ouverture d’un Centre Pompidou x Hanwha-Seoul à Séoul, dans le quartier financier de Yeouido. Le projet avait alors obtenu le soutien politique des présidents Yoon Suk Yeol et Emmanuel Macron lors de la visite de l’ancien président sud-coréen à Paris. L’ouverture est prévue pour 2026.
L’accord prévoit un total de huit expositions – deux par an pendant quatre ans – issues des collections permanentes d’art moderne et contemporain du Musée national d’art moderne (Centre Pompidou). Grand de plus de 1 500 m², le Centre séoulite devrait également être doté d’un espace éducatif où l’on pourra « explorer et interagir avec les œuvres d’art ».
Laurent Le Bon, président du Centre Pompidou, avait alors déclaré : « La Corée est en train de devenir rapidement le marché de l’art le plus en vogue d’Asie […]. Il est en croissance constante et très prometteur pour l’avenir. Nous coopérerons activement avec Hanwha pour que les valeurs de créativité et d’innovation poursuivies par le Centre Pompidou puissent contribuer au développement du monde de l’art coréen ».
Ce type de partenariats internationaux s’inscrit dans une politique de déploiement à l’étranger des collections du Centre Pompidou, qui sera contraint de fermer ses portes à l’automne 2025 pour d’importants travaux jusqu’en 2030.
Un second projet à Busan qui divise l’opinion publique
En septembre 2024, la ville de Busan a à son tour annoncé avoir signé un accord avec le Centre Pompidou afin d’implanter une nouvelle antenne du musée d’art français dans le pays. Après avoir signé pour une durée initiale de cinq ans, Busan compte renouveler l’accord afin que le musée puisse continuer à accueillir des visiteurs au-delà de cette période. Le projet a été exempté d’examen sur les dépenses de l’argent public des collectivités locales par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité sud-coréen, ce qui permettra de réduire d’environ un an et demi les procédures administratives. Le début des travaux serait donc prévu pour 2027, et l’inauguration d’ici à 2030, comme confirmé par l’Ambassade de France en Corée.
Situé dans le parc Igidae et avec une superficie de 15 000 m², le futur Centre Pompidou-Busan serait équipé de salles d’exposition, des ateliers de création, un espace de spectacle et une réserve muséale. Le musée organiserait chaque année une exposition permanente et une exposition temporaire, et offrirait divers programmes d’éducation.

Rapidement après cette annonce, le projet a été décrié par la société civile et certaines organisations culturelles et artistiques de Busan. Des groupes se sont rassemblés devant la mairie et ont lancé une « commission pour la lutte contre l’ouverture de l’annexe du Centre Pompidou à Busan », affirmant que le projet, promu sans aucune consultation avec la communauté artistique et la société civile de la région, devait être retiré. Ils ont également déclaré : « Le Centre Pompidou-Busan devrait coûter au moins 110 milliards de wons (68 millions de d’euros) pour la construction et 12 milliards de wons (7,4 millions d’euros) par an pour la gestion, et c’est un projet qui peut avoir un impact majeur sur la communauté culturelle et artistique de Busan, mais la municipalité a provoqué une controverse en organisant des réunions du conseil municipal en privé, sans recueillir les opinions du public ».
À l’inverse, l’Association de l’industrie du design du Sud-Est de la Corée (SEDIA) et d’autres associations touristiques se sont positionnées en faveur de ce projet d’antenne, mettant en avant les bénéfices pour l’industrie du design et l’offre culturelle locales.
En réaction, la municipalité de Busan a organisé ensuite plusieurs tables rondes (octobre, décembre 2024 puis mars 2025) destinées à recueillir les opinions du public et d’experts. Estimant que cela n’était pas suffisant, un groupe opposant au projet a demandé un processus de discussion publique, que la Mairie a refusé, mettant en avant un calendrier et un budget serrés.
Sources : Centre Pompidou | Ambassade de France en Corée | The Art Newspaper | Yonhap (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7)
Source image : Connaissance des arts | Centre Pompidou | Yonhap (1) (2)
Article rédigé par Romane TOMIO.



