En 2026, la Corée du Sud accueillera la session annuelle du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui lui permettra de promouvoir son patrimoine culturel tout en affirmant ses positions sur la scène diplomatique.
Le Comité du patrimoine mondial en Corée du Sud
La ville de Busan accueillera la 48e session annuelle du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO du 19 au 29 juillet 2026.
Cette décision a été annoncée cette semaine à Paris, lors de la 47e session du comité, dont la mission est de mettre en œuvre la Convention du patrimoine mondial en protégeant les sites culturels et naturels présentant une « valeur universelle exceptionnelle ». Cela se fait par leur inscription sur une liste et par un suivi régulier visant à s’assurer que les pays concernés appliquent les mesures nécessaires à leur préservation.
La 48e session du Comité du patrimoine mondial sera la première à se tenir en Corée du Sud, 38 ans après l’adhésion du pays à la Convention. En 2023, la Corée du Sud a été élue pour un mandat de quatre ans en tant que membre du comité, condition nécessaire pour accueillir une session. Le système fonctionnant par rotation entre les continents et le Japon ainsi que la Chine ayant déjà organisé des sessions, la Corée était un choix logique pour l’UNESCO.
L’événement devrait réunir 3000 participants, dont 196 représentants d’Etats et des délégués d’organisations non gouvernementales. Il sera également l’occasion d’échanger sur les évolutions liées au patrimoine mondial, notamment lors de rencontres parallèles.

Un moment symbolique pour le patrimoine coréen
Alors que l’actuelle session du Comité du patrimoine mondial a permis l’inscription des pétroglyphes préhistoriques gravés dans la roche à Bangucheon sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, cette annonce marque un moment symbolique pour la reconnaissance du patrimoine coréen.
En effet, l’année 2026 marquera le 30e anniversaire de l’inscription des premiers sites coréens au patrimoine mondial : le temple Haein, qui abrite le Tripitaka Koreana ; le sanctuaire Jongmyo, où se trouvent les tablettes royales de la dynastie Joseon ; le temple Bulguk et la grotte Seokguram à Gyeongju, capitale de l’ancien royaume de Silla.
Le Comité du patrimoine mondial étant le principal événement culturel international, cette session sera l’occasion d’élever le prestige de la Corée du Sud. Le service coréen du patrimoine culturel, qui anticipe des retombées diplomatiques, compte ainsi faire tout son possible pour réaffirmer « [notre] responsabilité partagée envers le patrimoine commun à l’humanité ».

Patrimoine et tensions historiques
La tenue de cette session à Busan pourrait permettre à la Corée de renforcer son poids dans la défense de ses intérêts culturels, notamment en ce qui concerne la reconnaissance de son histoire. Un sujet qui alimente depuis des années des tensions entre la Corée du Sud et le Japon pourrait ainsi refaire surface : celui de la mémoire des travailleurs forcés coréens sur des sites japonais inscrits au patrimoine mondial.
Lors de l’inscription en 2015 de l’île industrielle de Hashima sur la liste du patrimoine mondial, le Japon s’était engagé à ne pas occulter la mémoire des travailleurs forcés coréens présents sur l’île. Selon la Corée du Sud, cet engagement n’aurait pas été respecté, menant Séoul à demander l’inscription de l’île à l’ordre du jour de révision de l’UNESCO, sans succès.
Il s’agissait de la première fois que la Corée du Sud exprimait ses revendications envers le Japon aux Nations Unies. Un geste étonnant après la rencontre entre Lee Jae Myung et le Premier Ministre japonais, censée amorcer un rapprochement diplomatique. Ainsi, la tenue de la session à Busan serait l’occasion pour les deux parties d’échanger de manière approfondie en marge des réunions officielles.
Sources : Korea JongAng Daily | The Korea Herald | The Korea Times (1)(2) | Yonhap News Agency (1)(2)

