Sorti il y a quelque temps, La Nuit du Hibou nous emmène dans une petite ville de montagne coréenne. Isolée, sa population se morfond. Ne reste que la forêt angoissante, les bûcherons et les habitants qui ne peuvent partir. Mais l’arrivée de l’avocat Lee Ha In pourrait bien changer la donne. Est-ce que ce roman noir remplit ses engagements ? Voyons cela sans plus attendre !
Avant-propos
La Nuit du Hibou est un roman de l’autrice sud-coréenne Pyun Hye Young, publié en France chez Rivages/Noir en juin 2022. L’histoire se déroule dans une petite ville de montagne, où toute l’activité locale dépendait autrefois d’un « Institut » qui gérait une forêt profonde et obscure. Réticent, mais accédant à la requête de sa mère, Lee Ha In s’y rend après la disparition de son frère, qu’il n’a pas vu depuis des années. Que peut bien cacher cette disparition, cette ville et cette forêt ?
Pyun Hye Young, née en 1972 à Séoul, s’est imposée comme une figure marquante de la littérature sud-coréenne contemporaine, reconnue notamment pour ses univers sombres et oppressants. Autrice de plusieurs nouvelles au début de sa carrière, elle enchaîne les romans depuis 2010, reprenant la solitude et la culpabilité comme thèmes principaux.
Avec ce roman noir, Pyun Hye Young livre à nouveau un thriller psychologique comme le fut Le Jardin. Paru en 2022, La Nuit du Hibou est à ce jour le dernier ouvrage de l’autrice traduit en français.

Mon avis sur La Nuit du Hibou
Malheureusement, je suis très mitigée sur ce livre. Les promesses du « roman noir » et du thriller ne sont pas au rendez-vous. Les indices sur le secret du lieu sont faciles à détecter et ne donnent quasiment aucun suspense. De plus, l’histoire n’avance pas beaucoup. J’ai été surprise à la fin de la première partie, mais revenir encore sur les états d’âme des personnages ne m’emballait pas. J’étais dans l’expectative de quelque chose qui n’arrive pas. Voir les pages s’égrainer et la fin approcher sans que l’histoire n’avance réellement… Ce n’est pas un bon signe de mon côté.
« Il ne pouvait pas trahir la forêt. Il ne devait pas. S’il le faisait, il était mort. »
Page 61
Si la forêt est synonyme d’inconnu, voire de menace, elle ne prend plus vraiment d’importance pendant les deux derniers tiers du livre. Pour l’atmosphère sombre, on repassera. On fait plutôt face aux tourments des lieux isolés, quand toute une ville ou un village ne dépend que d’une structure pour vivre. Lorsqu’il n’y a plus rien à faire, on se demande pourquoi tout le monde reste ou ne tente rien pour donner un nouveau souffle à la ville. Peut-être que je connais un peu trop ce sujet et qu’une approche plus sociologique m’aurait convenu. Ou une ambiance sincèrement angoissante. S’ajoute le problème du « secret » : je m’attendais à quelque chose de plus important ou mieux traité.
« C’est pour cette raison qu’il avait refermé la porte avec colère, mais il réalisa après le départ de Ha-In qu’il avait réagi bêtement. Plus tard encore, il fut inquiet à l’idée qu’on pourrait interpréter son « Désolé pour votre frère » comme un aveu qu’il connaissait cet homme et son destin, mais c’était trop tard. »
Page 73
Au moins, l’aspect psychologique est bien présent. Un étranger vient poser des questions, là où « tout le monde » sait et préfère se taire. La routine est brisée, mais pas la solitude qui a une emprise sur ce lieu depuis des années. Jusqu’ici, les habitants la trompaient avec l’alcool. Et ce dernier a une part prépondérante dans l’histoire. Les problèmes, comme l’addiction, sont bien traités. Ils instaurent légèrement le doute et apportent même un petit plus dans cette histoire qui manque cruellement d’éléments marquants.
Où trouver La Nuit du Hibou ?
Pyun Hye Young, La Nuit du Hibou, traduit par Lee Tae Yeon et Pascale Roux, Rivages/Noir, juin 2022, ISBN : 978-2-7436-5660-7, au prix de 22 euros.
Source images : Éditions Payot & Rivages | The New Yorker

