Voilà un sujet joyeux et emprunt de gaieté me direz-vous ! Sûrement pas l’article le plus jouasse que vous lirez aujourd’hui, je vous le concède bien volontiers.
Néanmoins, la mort est un sujet sensible et important pour le peuple coréen. Il est donc intéressant de se pencher dessus et de découvrir les us et coutumes qui l’accompagnent, de la partie terre-à-terre avec les rites funéraires aux éléments plus fantastiques et folkloriques comme le personnage de la faucheuse.
Les funérailles et les rites funéraires
La vie d’un être humain commence quand il naît et se finit quand il décède (je ne vous apprends rien là), deux étapes extrêmement cruciales dans la vie d’un homme ou d’une femme. Lorsque la mort frappe un proche, tout comme chez nous, il y a des rites funéraires et des traditions à respecter. Bien évidemment, chacun fera en fonction des différentes religions, il existe donc des variantes.
En Corée, les funérailles durent trois jours, chacun correspondant à une étape bien précise de la cérémonie mortuaire. On appelle cette façon de procéder jang-lié-shik.
Jour 1
- La chambre funéraire
Le corps du défunt est transporté jusqu’à la maison funéraire, lieu où se déroulent les 72 heures de deuil. La famille réserve une chambre funéraire avec une première pièce où est installé l’autel de la personne décédée.
Sur cet autel est posé un cadre contenant une photographie de la personne décédée, entouré de rubans noirs ainsi que des compositions florales blanches appelées gouk-hoa, de l’encens et parfois de la nourriture.


Une deuxième pièce est, quant à elle, réservée aux personnes extérieures (collègues de travail, amis, etc.) qui pourront se restaurer (nourriture et boissons).
L’entreprise funéraire va également prêter à la famille des hanbok noirs ainsi qu’un ruban blanc pour les cheveux des femmes et un costume noir avec une chemise blanche pour les hommes. Ces tenues de deuil seront le seul habit des membres de la famille pendant les trois jours de deuil.
Pour ce qui est du bon fonctionnement de cette longue cérémonie, elle est confiée à un employé de la maison funéraire, en lien constant avec le fils aîné ou le gendre aîné qui préside.
- Présenter ses respects au mort
Les visiteurs viennent présenter leurs respects à la personne décédée. Une procédure en deux temps : allumer un encens et accomplir deux jeol.
Le jeol est une salutation coréenne. En Corée, les révérences et les saluts sont très importants dans le sens où ils sont porteurs de respect selon la manière dont ils sont faits. Ici, le jeol montre un respect très fort. En effet, il consiste à s’agenouiller avec les mains et le front au sol. Les invités réitèrent une troisième fois ce salut devant la famille. Et pour finir, ils inclinent le haut de leur corps à 45°.

Il est commun que les visiteurs signent un livre de condoléances et donnent une enveloppe contenant de l’argent au maître de cérémonie (le fils aîné ou gendre).
Une fois ses condoléances présentées au défunt et à la famille, il est coutume d’aller s’asseoir dans la deuxième chambre pour se restaurer et boire du soju et du makgeolli.

Jour 2
Le deuxième jour est synonyme de mise en bière (le corps du défunt est placé dans le cercueil). Le corps est lavé, puis habillé avec des vêtements blancs, coiffé, rasé ou/et maquillé.
La famille se recueille une dernière fois devant l’être aimé. Le corps est par la suite installé dans un linceul et placé dans le cercueil.
Un repas consacré au mort est célébré lors de l’enterrement. Un repas qui est reconduit à chaque date anniversaire du décès du défunt pendant une période de deux ans.
Jour 3
Enfin, le troisième jour est celui de l’inhumation. Le corps est enterré ou bien incinéré (pratique qui commence doucement à prendre de l’ampleur). Lorsque le cercueil est enterré, celui-ci se trouve dans un caveau familial ou individuel.
Auparavant, le mort retournait dans sa ville natale pour y reposer mais de nos jours, rester proche de la famille est privilégié.
Le messager de l’au-delà, le Jeoseung Saja
Selon certaines croyances, la Mort apparaîtrait sous les traits du personnage de la Faucheuse, que l’on appelle en Corée Jeoseung Saja. Semblable à un être humain, il s’agit en réalité d’un esprit servant le roi Yeomna, seigneur du monde souterrain. Le Jeoseung Saja est généralement représenté avec le teint pâle et vêtu d’une tenue noire accompagnée d’un gat, un chapeau de l’ère Joseon lui aussi noir.

Le Jeoseung Saja se révèle devant les personnes proches de la mort en croisant leur regard. Il n’est donc pas étonnant de le retrouver dans des endroits tels que les hôpitaux ou encore sur les scènes d’accident. Cet être mystique recueille et guide les esprits afin de leur indiquer le chemin vers l’au-delà. Il est impossible de lui échapper. Il s’impose comme étant une passerelle entre la vie d’avant et la vie d’après des personnes récemment décédées.
Avec le succès du drama Goblin qui met en scène le destin d’un goblin et du Jeoseung Saja, ce dernier est représenté de manière beaucoup plus attrayante, moderne et sexy (oui n’ayons pas honte de le dire !) en le faisant apparaître sous les traits de l’acteur Lee Dong Wook.

Vous l’aurez donc compris, en Corée du Sud, la mort est « soumise » à des codes très spécifiques (72 heures de deuil, célébration des aïeux, etc.).
On va quand même essayer de finir sur une touche humoristique ! L’émission de divertissement très populaire Gag Concert a intégré dans un de ses segments Stubborn, le personnage de Jeoseung Saja ! Je vous laisse donc sur cette petite vidéo qui, j’espère, vous fera sourire !
Sources : My Seoul Searching – Atelier de francais – Mythologica – Wikipedia – Blog Slate

