Ô île d’Io, ô île d’Io,
Io Io ô île d’Io
Je pleure à son seul nom, Io
Va-t’en sans parler d’Io
Va-t’en sans parler d’Io
À propos de l’auteur
Né en 1938, Yi Chong Jun (이청준) est l’un des auteurs coréens les plus fameux et récompensés de son époque. Il fut l’auteur de treize romans et d’une centaine de nouvelles. Après ses études de littérature allemande à l’université de Séoul, Yi Chong Jun commence à écrire des textes imprégnés de littérature conceptuelle. À l’époque, son style a beaucoup intrigué ses lecteurs qui étaient immergés dans des mondes étranges aux personnages qui l’étaient tout autant.
Pourtant les sujets qu’il aborde restent très familiers aux coréens. Dans le Mur des rumeurs, il parle de la guerre de Corée. Avec Ce paradis qui est le vôtre, il s’intéresse au sujet de la charité et de la quête de puissance. Dans le Fauconnier, ce sont les artisans qui le questionnent. Le roman Les Cons et les imbéciles traite du malaise social de la jeunesse coréenne après la guerre. Dans l’île d’Io, c’est le thème du mythe salvateur qu’il aborde. Ainsi, les écrits de Yi Chong Jun sont imprégnés de préoccupations politiques, existentielles et métaphysiques.
Résumé
Lors d’une expédition maritime à la recherche d’une île mythique, le journaliste Chon Nam Sok disparaît en mer. Un militaire est chargé de clarifier l’accident auprès du Journal. Pourtant, personne ne semble surpris de cette nouvelle, ni n’y attacher d’importance. Alors le militaire se met à enquêter sur les raisons qui poussent les habitants de l’île de Jeju à ne pas se surprendre de cette disparition.
Mon avis sur l’île d’Io
L’Île d’Io est un ouvrage déroutant. On est à la fois intrigué par l’enquête du militaire qui essaye de rationaliser l’imaginaire des insulaires, et en même temps, on est emporté dans le flot fantastique d’une réflexion qui parfois nous échappe. Peu à peu, la question de pourquoi est mort le journaliste Chon Nam Sol se transforme en un prisme infini de questions sur l’existence et la nécessité des mythes. C’est une manière habile, pour l’auteur, que de nous renvoyer à nos propres échappatoires.
Si le texte peut sembler angoissant à certaines pages, il y en a d’autres beaucoup plus limpides. Comme si nous étions au cœur d’une tempête de mots, le récit nous noie, nous sauve, nous retourne et nous perd jusqu’à devenir une allégorie de nos propres quêtes. Le militaire cherchant la vérité, pas à pas, enquêtant avec obsession, est un peu le naïf qui essaye de comprendre ce que le journaliste – ou l’auteur – essaye de montrer aux autres personnages – ou lecteurs. À la fin de la lecture ne reste que cette question : À nous, quelle est notre île d’Io ?
Où le trouver ?
L’île d’Io de Yi Chong Jun, traduct. Choe Yun & Patrick Maurus, Ed. Actes Sud, 1991, ISBN : 978-2-8686-9605-2
Sources : KBS World France |Literatura Coreana |Actes Sud
Article rédigé par Casado Hélène.

