Au mois de juillet, l’Agence météorologique coréenne a déclenché pour la première fois son alerte maximale pour les fortes chaleurs, un fait révélateur du changement climatique et de son impact en Corée.
La KMA déclenche une alerte inédite
Ce dimanche 12 juillet, l’Agence météorologique coréenne (KMA) a activé pour la première fois son alerte maximale pour les fortes chaleurs, à Gyeongsan et Pohang, deux villes de la province du Gyeongsang du Nord.
Cette alerte est un nouveau palier, qui s’inscrit dans une réforme du système d’alerte coréen et qui remplace un système à deux niveaux par un système à trois niveaux afin de mieux s’adapter au changement climatique et aux vagues de chaleur qui touchent le sud-est de la Corée.
Pour déclencher cette nouvelle alerte, deux conditions sont requises : des températures ressenties d’au moins 35 °C pendant deux jours consécutifs et des prévisions de plus de 39 °C pendant au moins une journée. Lorsque ces deux conditions sont remplies, même les personnes en bonne santé s’exposent à un risque accru de problèmes de santé graves, tels que des maladies liées à la chaleur ou des décès. La KMA recommande alors de cesser toute activité extérieure.
La KMA a aussi créé un système d’alerte spécifique aux nuits tropicales (lorsque les températures ne descendent pas sous 25 °C de la nuit). En effet, les maladies liées à la chaleurs peuvent augmenter jusqu’à 90 % durant ces nuits, même si les températures restent stables.
Des alertes de niveaux inférieurs, activées lorsque les températures ressenties dépassent 25 °C pendant au moins deux jours consécutifs, ont également été déclenchées dans le reste du pays.

Des records de température confirmés par la KMA
Dans la foulée, les villes de Séoul et Incheon ont enregistré une température minimale de 27,6 °C. Il s’agit de la température minimale journalière la plus élevée pour un mi-juillet depuis 1907. D’autres villes ont aussi battu des records, avec par exemple 26,7 °C à Yeosu, 27,3 °C à Changwon ou 27,2 °C à Cheongju. Dans le même temps, les températures maximales ont atteint 33 °C dans la plupart des régions, voire jusqu’à 35 °C dans certaines provinces. Les nuits tropicales se sont aussi amplifiées, un minimum de 28,2 °C étant relevé à 4 heures du matin sur l’île d’Ulleung, en mer de l’Est.
Ces pics de chaleur s’inscrivent dans une tendance de fond. En effet, le nombre annuel moyen de jours de vague de chaleur (lorsque les températures maximales sont d’au moins 33 °C) est passé de 8 dans les années 1970 à 19 sur 2021-2026. Le nombre de nuits tropicales est quant à lui passé de 4 à 14 sur la même période.

Des prévisions de fortes chaleurs préoccupantes
Comme dans le reste du monde, et en France, dont la métropole a subi plusieurs canicules en juillet, ces vagues de chaleurs s’expliquent en partie par les activités humaines : combustion du pétrole, du charbon, du gaz… Elles devraient donc continuer à se multiplier et avoir de lourdes conséquences économiques et humaines.
Début juillet, le fait que le mois de juin ait été plus frais que d’habitude avait laissé espérer un été plus doux. Mais cet espoir est déjà démenti. Selon la KMA, la probabilité que les températures soient au-dessus de la moyenne est de 60 % pour juillet et de 50 % pour août.
Par ailleurs, le risque que les vagues de chaleur et les pluies arrivent d’un coup est accru par l’arrivée tardive de la saison des moussons. Le retour des pluies de mousson, à l’origine prévu pour le 14 juillet, devait permettre un bref répit avant le retour des fortes chaleurs et de l’humidité. Désormais, la KMA se concentre sur la surveillance du typhon Bavi, au sud de l’archipel d’Okinawa, qui pourrait fortement impacter la météo régionale.
Sources : France24 | Korea JoongAng Daily | Korea Times | SCMP | SE Daily
Source image de Une : Korea Times

