Phénomène éditorial en Corée, « Les Biscuits » de Kim Sun Mi est un roman bienveillant sur la reconstruction de l’estime de soi. Destiné aux jeunes lecteurs, ce livre illustre avec finesse comment l’attention portée à autrui aide à reconstruire la confiance de ceux qui en ont besoin.
Avant-propos
Née à Séoul, Kim Sun Mi est une toute nouvelle autrice que l’on connaît encore peu. En 2019, elle a reçu le Prix d’excellence lors du 3e Concours de romans policiers et de suspense pour son ouvrage TO A MURDERER. Les Biscuits est son premier roman jeunesse (ou light novel) publié initialement chez Wisdom House, aussi éditeur de Puuung ! Kim Sun Mi a remporté le Grand Prix Jeunesse lors du 3e Prix de la Littérature Fantasy pour la Jeunesse de cette maison d’édition sud-coréenne, ainsi que le Prix culturel Shingu 2024. Le livre a connu un bon succès en Corée du Sud avec ses deux volumes.
Dans ce roman jeunesse, Jeseong est un adolescent isolé par des troubles auditifs qui compliquent son quotidien. Pourtant, ce handicap cache un don étrange : il est le seul à pouvoir percevoir la présence de ceux que le monde a « effacés », des individus en grande détresse qui ont perdu toute confiance en eux. Surnommées les « biscuits » par Jeseong et ses amis, ces personnes en errance deviennent le cœur d’une mission secrète. Ensemble, ils décident de tendre la main à ces invisibles, prouvant qu’une simple attention peut être le déclic et redonner une place dans le monde à ceux qui pensaient avoir disparu. Toutefois, la situation se complique quand un de ces « biscuits » est dans un état de détresse extrême…
Mon avis sur Les Biscuits
J’ai passé un bon moment avec ce light novel. Fini rapidement en deux séances de lecture, il m’a fait du bien par sa facilité d’accès. Après un livre philosophique qui m’a fait beaucoup réfléchir, c’est appréciable. Pas besoin de comprendre de grands concepts, l’essentiel est présent.
Nous suivons Jeseong, un jeune adolescent assez désabusé. Mais cela se comprend assez vite, il souffre de troubles auditifs au point d’avoir été en hôpital psychiatrique, pour le plus grand malheur de ses parents. Plutôt que d’être aidé, ses parents sont honteux et préfèrent maquiller la vérité. Même son médecin ne l’écoute pas. Jeseong ne fait donc pas spécialement confiance aux adultes. Heureusement, il a sa bande d’amis d’enfance qui sont toujours là ! Pour de la littérature jeunesse, Jeseong est un personnage qui sort de l’ordinaire. Il n’est pas défini par ses troubles, a un caractère bien trempé, mais sans être dépourvu d’empathie et de remise en question. Le tout avec ce soupçon d’adolescence qu’il faut. C’est un personnage bien représenté et réaliste pour parler de sujets bien plus graves.
J’étais encore petit à l’époque, et je ne voulais pas laisser voir la solitude et la terreur que j’éprouvais à me sentir enfermé par les sons. Moi qui ne trouvais pas ma place, c’est avec la rencontre des biscuits que les émotions enfouies en moi ont commencé à changer.
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La thématique de ce livre est bien la santé mentale via le concept des « biscuits. » C’est ainsi que Jeseong définit les personnes qui effacent peu à peu leurs existences, au point de vraiment disparaître. Car ses troubles, qui lui gâchent la vie, sont aussi ce qui lui permet d’entendre ces personnes que l’on peut avoir du mal à percevoir, même en étant à côté. Cela peut être causé par du harcèlement, de la négligence. Ou le fait d’être introverti dans un monde qui considère ce trait de caractère comme un défaut. Il y a une réflexion autour de cela qui me semble très intéressante afin d’expliciter ce qui peut amener à un manque grandissant de confiance en soi, de repli sur soi et de dépression. Les personnes qui effacent peu à peu leurs existences, au point de vraiment disparaître.
Ces biscuits-là ont passé si longtemps à se considérer comme des êtres inutiles que les gens de leur entourage ont cessé à leur tour de leur accorder de l’attention. C’est le début d’un cercle vicieux : les biscuits qui avaient déjà perdu le courage de se manifester se mettent à dissimuler encore davantage leur existence.
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J’ai vu certaines personnes critiquer la résolution, ce qui peut se comprendre. Mais je pense que Kim Sun Mi a été cohérente avec son histoire, ses personnages et surtout sa « morale » pour un public d’adolescents. C’est une fable contemporaine qui prouve que l’entraide est essentielle.
Mais ce dont j’avais besoin dans l’immédiat, ce n’était pas d’un adulte qui me console en disant que j’avais commis une erreur tout à fait compréhensible, que n’importe qui peut se tromper, mais plutôt d’un ami qui se moque de moi en me traitant de crétin, et qui cherche une solution avec moi.
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Avec ce qui se passe à la fin de l’histoire et sachant qu’il y a un second livre, je suis assez curieuse de voir comment l’histoire va continuer. Au moins, il y a encore de la matière pour faire évoluer Jeseong et d’élaborer un peu plus ses amis. Et oui, il y a un second volume, sorti il y a peu en Corée du Sud.
Où trouver Les Biscuits ?
Kim Sun Mi, Les Biscuits, traduit par Irène Thirouin-Jung, Éditions Seuil Jeunesse, mai 2026, ISBN : 979-10-235-2238-9, au prix de 15,90 €.
Sources : Seuil Jeunesse | Wisdom House


