Deux semaines après son élection à la présidence de la République de Corée, Lee Jae Myung s’est rendu au sommet du G7 au Canada, une première occasion d’affirmer sa diplomatie sur la scène internationale.
Lune de miel présidentielle pour Lee Jae Myung
Elu président de la République de Corée le 4 juin 2025, Lee Jae Myung s’est fixé pour objectif de redonner à son pays une image de stabilité politique et démocratique, après la crise institutionnelle qui a secoué la Corée du Sud depuis décembre 2024. Malgré ses premières hésitations, il a finalement accepté l’invitation au sommet du G7, un forum réunissant les chefs d’Etat et de gouvernement de sept des dix premières puissances économiques mondiales.
Ce pari semble avoir été réussi, dans la mesure où le président sud-coréen a pu rencontrer, en marge des discussions officielles, plus de dix dirigeants lors de réunions bilatérales et d’échanges informels. La visite présidentielle au Canada a également permis à son épouse, Kim Hea Kyung, de faire ses débuts en tant que Première Dame, notamment lors d’une visite d’un centre artistique dédié aux personnes en situation de handicap et à l’occasion de rencontres avec des ressortissants coréens installés au Canada.


Une diplomatie « empathique » pour réunir les Coréens
Lee Jae Myung doit encore construire l’image qu’il souhaite renvoyer aux citoyens coréens, et plus particulièrement aux conservateurs, dont il cherche à gagner la confiance afin d’apaiser la situation politique en Corée. En cela, le sommet du G7 a été l’occasion pour le nouveau président d’adopter une diplomatie « empathique », mettant en avant des récits personnels afin de susciter l’adhésion de la population.
Plusieurs de ses rencontres ont été médiatisées à travers des photographies officielles, contribuant à façonner une image fondée sur des valeurs de proximité, de dialogue et d’unité. Ainsi, sa rencontre avec le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a permis de souligner une trajectoire commune marquée par des origines modestes et un passé ouvrier. De même, l’échange avec la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a été l’occasion de valoriser l’importance du dialogue régulier avec les citoyens et l’opposition. Enfin, ses discussions avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, lui aussi ancien avocat en droits humains, a permis de faire émerger des affinités politiques autour de la volonté d’unité nationale.

Une diplomatie « pragmatique » pour confirmer la puissance économique coréenne
Le pragmatisme est une valeur centrale du nouveau président sud-coréen. Le sommet du G7 a en effet surtout constitué une véritable opportunité de repositionner la Corée du Sud sur la scène géopolitique et économique internationale. Ainsi, en marge des discussions officielles, Lee Jae Myung s’est entretenu avec le Premier ministre japonais, Shigeru Ishiba. En dépit des tensions historiques entre les deux pays, un rapprochement inédit avait été amorcé sous le mandat du président Yoon Suk Yeol. Bien qu’issu de l’opposition politique, Lee Jae Myung semble déterminé à poursuivre cette dynamique afin de répondre aux enjeux géopolitiques en Asie de l’Est, notamment ceux liés au nucléaire nord-coréen.
Sur le plan économique, une réunion avec Donald Trump était prévue afin de négocier les nouveaux droits de douane imposés à la Corée du Sud. Celle-ci a cependant été annulée en raison du départ précipité du président américain, mais pourrait être reportée à l’occasion du sommet de l’OTAN, prévu les 24 et 25 juin aux Pays-Bas. Enfin, Lee Jae Myung a utilisé le sommet du G7 comme une plateforme internationale pour annoncer sa volonté de faire de la Corée du Sud un « pôle mondial de l’intelligence artificielle ». Ce projet viserait à renforcer le rôle économique et technologique de la Corée du Sud à l’échelle mondiale, par l’intermédiaire de partenariats bilatéraux et multilatéraux, sous la forme de câbles sous-marins constituant une « voie rapide de l’énergie ».

Sources : Yonhap News Agency (1)(2)(3)(4)(5) | The Korea Herald (1)(2)(3) | The Korea Times
Sources Images : The Korean Herald | The Japan Times

