L’attribution du Prix Nobel de littérature 2024 à l’autrice sud-coréenne Han Kang a fait sensation en Corée du Sud, où les célébrités ont félicité son engagement pour la langue coréenne et la démocratie.
L’autrice Han Kang honorée du Prix Nobel de littérature 2024
Ce 10 octobre, l’autrice sud-coréenne Han Kang a gagné le Prix Nobel de littérature 2024 « pour sa prose poétique intense qui affronte les traumatismes historiques et expose la fragilité de la vie humaine ». Elle est ainsi devenue la première autrice sud-coréenne, de même que la première femme asiatique, à recevoir ce prix prestigieux. Avant Han Kang, seul l’ancien président Kim Dae Jung avait reçu un Prix Nobel, celui de la paix, en 2000.
Han Kang est une autrice qui a bénéficié d’une reconnaissance mondiale après la sortie de son roman La végétarienne en 2016, alors traduit en 28 langues, avant de continuer sur sa lancée avec Celui qui revient en 2018 et Impossibles adieux en 2021, tous récompensés par des prix internationaux. En gagnant le Prix Nobel de la littérature, Han Kang participe à la reconnaissance internationale de la littérature coréenne.

Un Prix Nobel pour la défense de la langue coréenne et de la démocratie
Après l’annonce de l’attribution du prix, le père de Han Kang (Han Seung Won, également romancier) a annoncé qu’elle ne s’adresserait pas à la presse dans un contexte où de nombreuses personnes meurent quotidiennement à cause des guerres en Ukraine et en Palestine. Cependant, de nombreuses célébrités sud-coréennes ont félicité l’autrice sur les réseaux sociaux.
Parmi elles, l’auteur Kim Young Ha a félicité Han Kang dans son rôle en faveur de la reconnaissance de la langue coréenne, qui a failli disparaître pendant la colonisation japonaise. Les chanteurs RM et V du groupe BTS, qui avaient déjà recommandé Celui qui revient à leurs fans, ont félicité l’autrice sur Instagram. L’acteur Nam Myung Ryeol a aussi complimenté Han Kang pour avoir montré qu’un pays du « Tiers-monde » pouvait surmonter les difficultés liées à la traduction et gagner face à des ouvrages écrits en français ou en anglais.
Enfin, les médias ont relevé le message adressé à Han Kang par le président conservateur Yoon Suk Yeol, qui a qualifié cette attribution d’historique. Ces félicitations ne sont pas passées inaperçues dans la mesure où Han Kang était sur la liste noire du gouvernement de la présidente conservatrice Park Geun Hye après la publication de Celui qui revient, dont l’action se déroulait dans le contexte du Mouvement démocratique du 18 mai 1980. Le gouvernement sud-coréen n’avait alors adressé aucune félicitation à l’autrice récompensée par les festivals internationaux et avait fait retirer son roman La végétarienne des bibliothèques scolaires.
L’intérêt envers Han Kang propulsé par l’attribution du Prix Nobel
Depuis que le Prix Nobel lui a été attribué, l’intérêt des Sud-Coréens envers Han Kang a explosé. Depuis le 10 octobre, l’autrice a vendu plus de 1 million de livres, marquant un record dans l’industrie littéraire sud-coréenne et faisant crasher les principaux sites de ventes de livres en ligne. Sur le site de Kyobo, les ouvrages de Han Kang occupent les neuf premières places des dix livres les plus vendus, dont la plupart sont désormais en rupture de stock.
L’attribution du Prix Nobel de littérature à Han Kang a aussi relancé l’intérêt des Coréens pour deux films adaptés de ses romans, The Vegetarian et Scars, qui ont bénéficié de séances spéciales dans plusieurs complexes cinématographiques du pays.
Sources : The Korea Herald (1)(2)(3)(4)(5)(6) | The Korea Times | Yonhap News Agency
Source image : The Nobel Prize

