Selon un projet d’exploration spatiale dévoilé ce 30 mai par le président Yoon Suk Yeol, la Corée du Sud devrait envoyer un véhicule sur la Lune d’ici 2032 avant d’explorer l’espace lointain.
Un président sud-coréen à la conquête de l’espace
Ce 30 mai, le président sud-coréen Yoon Suk Yeol s’est exprimé dans les bureaux de l’Administration coréenne de l’aérospatiale (KASA) pour présenter le « projet spatial Gwanggaeto », en hommage au roi ayant dirigé l’empire Goguryeo et conquit la péninsule coréenne au Ve siècle.
Lors de son discours, le président coréen a partagé sa volonté de faire émerger la Corée du Sud comme pays leader du développement spatial, en affrontant les défis de l’espace. La KASA entrerait ainsi dans une « nouvelle ère spatiale », en rassemblant des experts pour stimuler l’innovation et l’industrie aérospatiale.
Economiquement, le gouvernement sud-coréen souhaite attirer 100 trillons de won (environ 71 milliards d’euros) en provenance du secteur privé pour soutenir l’industrie spatiale sud-coréenne et prévoit d’accroître le budget national dédié à l’exploration aérospatiale à 1,5 trillion de won en 2027 (environ 1 milliard d’euros), ce qui représente une augmentation de 80 % par rapport au budget de 2024.
Pour marquer ce tournant politique, le président a par ailleurs fait du 27 mai une « journée de l’espace ».

Vers la Lune et l’au-delà
De son côté, la KASA a déclaré développer des fusées spatiales réutilisables en coopération avec le secteur privé, dans l’optique de devenir une des cinq puissances mondiales dans le domaine aérospatial. Ces fusées seront capables de lancer des charges de 500 kilogrammes à 500 kilomètres en orbite, en accord avec les dernières avancées technologiques. Jusqu’à maintenant, le gouvernement sud-coréen se concentrait sur des projets de faible intensité de fusées à usage unique, comme Nuri (KSLV-II).
La KASA, qui compte créer un complexe de véhicules spatiaux privés en partenariat avec le Centre spatial Naro, a également publié une feuille de route pour son exploration de l’espace lointain. Celle-ci projette d’envoyer un vaisseau vers L4, un des cinq points de Lagrange (une position dans l’espace où un objet peut rester stationnaire par rapport à deux corps célestes grâce à l’équilibre des forces gravitationnelles), pour y observer le Soleil. A l’heure actuelle, aucun pays n’a jamais envoyé de vaisseau vers L4, qui se situe à 380 000 kilomètres de la Terre.
Enfin, la KASA prévoit d’entraîner un astronaute sud-coréen dans le cadre de son projet de construction de base lunaire dans les années 2040, tout en développant des stratégies pour explorer l’astéroïde Apophis 99942, qui devrait se rapprocher de la Terre en 2029.
Conclusion
En 2022, la Corée du Sud était devenue le septième pays à lancer un orbiteur lunaire et le onzième à lancer une fusée locale pour installer un satellite artificiel en orbite. L’année dernière, deux satellites de reconnaissance militaire avaient été envoyés en orbite pour observer la Corée du Nord, grâce à une fusée SpaceX. La privatisation de l’aérospatial aurait ainsi pour objectif de renforcer l’indépendance de la Corée du Sud dans ce domaine stratégique.
Sources : The Korea Herald | Yonhap News Agency (1)(2)

