En avril, un ressortissant chinois est arrêté pour avoir tenté d’obtenir des informations militaires sensibles, soulignant les failles de la législation sud-coréenne face à l’espionnage chinois.
Espionnage chinois près des bases militaires
Le 3 avril, un ressortissant chinois est arrêté par les autorités militaires sud-coréennes pour avoir tenté d’acheter des informations militaires classifiées à un soldat coréen. En échange d’une compensation financière, le soldat a introduit illégalement des caméras et des téléphones sur sa base afin de photographier des contenus sensibles de l’intranet militaire, notamment des plans relatifs à des exercices conjoints entre la Corée et les États-Unis. Les deux individus sont placés en garde à vue par le Commandement du contre-espionnage de la Défense, respectivement pour violation de la loi sur la protection des secrets militaires et pour complicité. Cette affaire fait suite à des révélations survenues en juin 2024, lorsqu’il a été révélé qu’un agent chinois avait reçu, pendant sept ans, des documents sensibles de la part d’un employé du Commandement du renseignement de la Défense.
Le 23 avril, deux ressortissants chinois sont interpellés par le Commandement du contre-espionnage de la Défense pour avoir pris des photographies d’avions militaires et filmé à proximité de bases militaires américaines. Ils ont déjà été arrêtés deux jours plus tôt à la base aérienne d’Osan, centre des opérations de l’US Air Force, ce qui a suscité des soupçons d’espionnage. Cette affaire présente plusieurs similitudes avec un autre incident survenu en mars, impliquant deux adolescents chinois qui ont photographié plusieurs bases militaires. En juillet 2024 déjà, trois étudiants chinois ont été arrêtés pour avoir filmé illégalement, à l’aide d’un drone, le porte-avions américain USS Theodore Roosevelt. Au total, entre juin 2024 et avril 2025, les autorités sud-coréennes recensent onze cas de prises de vues non autorisées impliquant des ressortissants chinois.

Une loi coréenne impuissante face à l’espionnage chinois
Selon l’article 9 de la loi sur la sécurité nationale, l’espionnage est passible de trois ans de prison (voire de la peine de mort en théorie), ou d’une amende pouvant atteindre 30 millions de wons. Cependant, malgré leurs arrestations, ces suspects ne peuvent être inculpés pour espionnage, dans la mesure où la loi réserve cette qualification aux affaires impliquant la Corée du Nord. C’est ainsi que l’agent chinois et l’employé civil arrêtés en juin 2024 n’ont pas été poursuivis pour espionnage, en dépit de la transmission d’identités d’agents sud-coréens sous couverture. Cette situation a d’ailleurs conduit plusieurs acteurs institutionnels à réclamer une réforme de la loi sur la sécurité nationale.
Pour l’instant, les individus sont poursuivis en vertu de la loi sur la protection des secrets militaires, qui prévoit une peine pouvant aller jusqu’à dix ans de prison et pouvant être augmentée de 50 % si l’accusé est un ressortissant étranger. Quant aux étudiants arrêtés pour avoir pris des photographies, ils ont été relâchés, aucune preuve d’espionnage n’ayant été décelée dans les images saisies.
Des cas d’espionnage liés aux tensions régionales
Ces incidents impliquant la Chine surviennent dans un contexte de tensions croissantes dans la région. En effet, d’autres affaires similaires ont été signalées aux Philippines, à Taïwan et au Japon, d’autres partenaires clés des États-Unis dans l’Indo-Pacifique, un espace géostratégique qui gagne en importance avec l’affirmation des revendications territoriales chinoises en mer de Chine méridionale et autour de Taïwan.
De son côté, l’ambassade de Chine en Corée du Sud appelle ses ressortissants, via la plateforme WeChat, à se familiariser avec les lois coréennes encadrant l’usage des drones et à faire preuve de prudence. Elle exhorte également les médias sud-coréens à faire preuve d’intégrité et à ne pas politiser les affaires juridiques ordinaires.
Sources : Eurasian Times | Korea Herald | Korea JoongAng Daily | News Week | San
Source images : Eurasian Times

