Lors des élections municipales du 3 juin 2026, plusieurs bureaux de vote ont été touchés par une pénurie de bulletins. Depuis, les citoyens manifestent pour l’établissement de la vérité et le respect de leurs droits politiques.
Une pénurie de bulletins qui dégénère
Ce 3 juin se sont déroulées en Corée du Sud les élections municipales. Cependant, au cours de la journée, 26 bureaux de vote à travers le pays ont été touchés par des pénuries temporaires de bulletins, retardant les votes jusque tard dans la nuit et empêchant des citoyens de voter.
Cette violation du droit de vote a provoqué la colère de nombreux Sud-Coréens, qui ont dès lors commencé à manifester pour contester la gestion des élections et demander de procéder à de nouveaux votes.
Depuis le 3 juin, le gymnase de handball du parc olympique, utilisé temporairement comme centre de comptage des voix, est encerclé par des manifestants qui empêchent l’entrée dans les locaux et la récupération des urnes qui ont servi au comptage. Certains d’entre eux ont pénétré le bâtiment par effraction le 7 juin, menant à l’ouverture d’une enquête de la police. D’autres ont aussi été accusés de violences physiques sur un reporter par une association de journalisme.
Le 9 juin, la justice a ordonné de conserver des preuves de la pénurie de bulletins, notamment les urnes et les vidéos surveillance. Or plusieurs urnes constituant des preuves clés n’ont pas été retrouvées par la Commission nationale des élections (NEC).

La NEC critiquée après la pénurie
La NEC a réagi à la pénurie en s’excusant d’avoir mal anticipé le nombre de votants. Il n’est toutefois pas prévu que ces élections soient annulées. La commission a recommandé l’ouverture d’une enquête sur son dirigeant, qui a démissionné après le 3 juin, en raison d’erreurs systémiques dans la gestion des élections : bulletins de votes distribués sans tampon officiel, bulletins retrouvés au sol, membres de la commission injoignables malgré les pénuries, erreurs sur des documents remplis à la main… Au-delà de cette gestion, c’est le fonctionnement de la NEC qui est questionné, les médias coréens ayant découvert que ses membres voyageaient personnellement au frais des contribuables en déguisant leurs séjours en déplacements professionnels.
Ce problème de gestion a fait réagir l’ensemble de la population coréenne, qu’il s’agisse des groupes politiques, des étudiants ou de la presse. En effet, même si certains partisans se sont appuyés sur des théories conspirationnistes pour accuser le gouvernement, de nombreuses personnes considèrent cette pénurie comme une violation du droit de vote qui entache la confiance publique envers des institutions censées protéger la démocratie. Le média The Korea Herald remet également en cause les compétences de la NEC, qui a dit ne pas avoir anticipé le nombre de votants alors que le taux de participation avoisinait les 60 %. De leur côté, à l’occasion du 39e anniversaire des manifestations démocratiques de juin 1987, les conseils étudiants de 18 grandes universités coréennes ont publié une déclaration conjointe appelant à protéger le droit de vote.
Ainsi, la majorité des Sud-Coréens ont partagé leur volonté qu’une enquête approfondie soit ouverte pour punir les responsables, que des mesures institutionnelles empêchent la répétition d’une telle situation et que la NEC soit réformée.

Une réforme promise par les autorités
Une enquête parlementaire a été ouverte par l’Assemblée nationale sud-coréenne ce 18 juin. Dans le cadre de cette enquête inédite de 45 jours, une commission spéciale de 18 membres enquêtera sur les causes des pénuries de bulletins du 3 juin. Cette commission transpartisane inclura notamment des membres du Parti Démocrate (libéral, au pouvoir) et du Parti du Pouvoir au Peuple (conservateur, dans l’opposition), à l’origine de la demande d’enquête.
Le lendemain, lors d’une conférence de presse à la Maison Bleue, le président sud-coréen Lee Jae Myung a affirmé qu’une réforme de la NEC était nécessaire et passerait par amendement constitutionnel si nécessaire. En l’état actuel, l’indépendance de la NEC empêche toute surveillance externe. Le président propose également de changer la méthode de sélection des membres de la commission. Dans le même temps, le gouvernement a appelé à répondre avec fermeté aux violences en cours.
Sources : Korea JoongAng Daily | The Diplomat | The Korea Times (1)(2) | Yonhap News Agency (1)(2)(3)(4)(5)
Source image de Une : The Diplomat

