On continue notre série sur la découverte d’artistes sur la thématique des couleurs. Pour compléter le bleu déjà évoqué ici, aujourd’hui je vais vous présenter des œuvres autour du rouge, symbole également du sud et du feu en Corée du Sud.
Between Red 33, Sea Hyun Lee
Paysage rouge
Dans son œuvre Between Red 33, l’artiste Sea Hyun Lee propose une réinterprétation de la peinture traditionnelle de paysage à l’encre. Marqué par son passage dans la zone démilitarisée pendant son service militaire, l’artiste partage ce souvenir à travers ce médium pour en explorer la temporalité et ancrer son expérience personnelle à la fois dans le passé et le présent. Les montagnes se teintent de rouge, faisant écho à la souffrance que l’artiste éprouve face à la réalité, et rappelant la vision nocturne à travers les lunettes militaires, tandis que les frontières s’estompent grâce aux différentes nuances de l’encre diluée, créant l’illusion d’un paysage en mouvement.
Thousands, Kyungwoo Chun
Autour de l’héritage
L’artiste Kyungwoo Chun questionne lui aussi à sa manière la notion de temporalité et d’héritage. Au cours de ses recherches pour remonter le fil de son héritage, il trouve ses homonymes dans une région de Chine. Il développe alors son projet autour des portraits de ces personnes qui portent le même nom que lui. Le temps de capture photographique est allongé à une minute pour créer un contraste entre cet instant figé et le mouvement qu’il est possible de capturer pendant ce laps de temps. Cette série se teinte également de rouge et les informations personnelles des personnes photographiées sont présentées pour ancrer sa démarche dans quelque chose de réel.


Conjunction 17-89, Ha Chong Hyun
La matérialité du monochrome rouge
Dans sa série d’œuvres Conjunction, l’artiste Ha Chong Hyun développe un style unique en explorant la matérialité de ses médias. Ce pionnier du Dansaekhwa se sert de toiles en chanvre pour proposer une nouvelle façon de peindre de l’arrière de la toile vers l’avant, dénommée baeapbeop. Il propose ainsi une nouvelle perspective plus contemporaine autour de la couleur, en la libérant des codes traditionnels.
Si vous êtes de passage à Paris, vous pourrez retrouver cette œuvre au sein de l’exposition « Couleurs de Corée. Lumière sur l’art contemporain coréen », au Centre Culturel Coréen.
Spring, Choi Dayoung
L’art de la nacre revisité
Issue d’une famille d’artisans spécialisés dans la technique de la laque Ottchil, l’artiste Choi Dayoung a naturellement manifesté un intérêt pour le travail de la laque et de la nacre, appelé Najeonchilgi, typique de l’art traditionnel coréen. Grâce à une étude approfondie de cette technique, elle en tire une nouvelle forme d’expression artistique guidée par les spécificités physiques du matériau, créant des motifs originaux inspirés des motifs traditionnels. Son travail axé sur la lumière, explore ainsi les différentes facettes du matériau en créant un nouveau langage artistique à partir d’un héritage séculaire.
Certains artistes font le choix de se servir d’un héritage artistique séculaire, en reprenant des techniques traditionnelles tout en leur apportant un langage plus contemporain ; tandis que d’autres œuvres présentées nous dévoilent une recherche plus personnelle. La série se poursuivra avec d’autres couleurs importantes dans la symbolique coréenne pour découvrir de nouveaux artistes !
Sources : Gallery 51 | Almine Rech | Centre Culturel Coréen | OTT Studio | Choi & Choi Gallery
Source image de une : Almine Rech



