Ce 1er décembre, j’ai eu l’opportunité de voir en avant-première le film Greenhouse de Lee Sol Hui, grâce au distributeur Art House Films. J’en profite donc pour vous parler de ce thriller qui sortira le 29 mai dans les salles françaises !
Le premier long-métrage de Lee Sol Hui
Lee Sol Hui est une réalisatrice sud-coréenne née en 1994. Après avoir étudié les arts visuels à l’université Sungkyungkwan, elle rejoint la Korean Academy of Film Arts, où elle se spécialise dans la réalisation. Elle présente ses courts-métrages au Festival international de musique et de film de Jecheon en 2017, au Festival du court-métrage indépendant de Daegu en 2020 et au Festival international du film de Busan en 2021.
En 2022, Lee Sol Hui réalise son premier long-métrage, Greenhouse, également présenté au Festival international du film de Busan. Il s’agit d’un projet personnel pour la réalisatrice, inspirée par sa mère, qui s’occupait de sa grand-mère lorsqu’elle était plus jeune. Après sa sortie en Corée, le film bénéficie d’une projection inédite en France lors du 18e FFCP, dans l’attente de sa sortie à l’échelle nationale en janvier 2024.
La distribution de Greenhouse
À la distribution de Greenhouse, nous retrouvons d’abord Kim Seo Hyeong dans le rôle de la protagoniste Lee Mun Jeong, Yang Jae Seong dans le rôle du vieil aveugle Gang Tae et Sin Yeon Suk dans le rôle de sa femme Hwa Ok. Sont également présents Ahn So Yo dans le rôle de la jeune Sun Nam et Won Mi Won dans le rôle de la mère de Lee Mun Jeong, Cheon Hwa.

Le synopsis de Greenhouse
Mun Jeong est une aide-soignante à domicile qui souffre de troubles psychologiques et dont le fils est en centre de détention pour mineurs. Quand elle n’est pas dans sa serre qui lui sert de logement, elle rend visite à sa mère à l’hôpital. Mun Jeong s’occupe aussi avec bienveillance d’un vieil homme aveugle et de sa femme. Si le vieil homme lui en est reconnaissant, ce n’est pas le cas de la vieille femme. Lorsque se produit un accident brutal dans leur maison, Mun Jeong doit prendre une décision intenable…
Mon avis sur Greenhouse
Être seul dans une société aveugle
Pour son premier long-métrage, Lee Sol Hui s’attaque à un problème de la société coréenne, que l’on peut retrouver dans une moindre ampleur en France, celui de l’isolement. Ne se contentant pas d’une traditionnelle constatation de l’isolement dans une société ultra développée (comme pour les hikikomori au Japon), la réalisatrice coréenne préfère dédier son film aux personnes âgées poussées par la société à aller en EPHAD alors qu’elles ont encore la majorité de leurs capacités, ainsi qu’aux femmes battues par leurs conjoints, que la justice ne daigne écouter.
De plus, Lee Sol Hui se concentre sur la façon dont les membres de la société décident de ne pas voir la détresse subie par leurs proches : un gardien de centre de détention pour mineurs ne se sent pas concerné par le fait que la mère d’un détenu s’automutile, un père de famille à l’étranger ne semble pas préoccupé par le fait que sa mère devienne folle, et une accompagnatrice de cercle de parole accuse de démence une jeune femme manipulée et battue.
Des personnages trop réalistes ?
L’écriture des personnages m’a laissée un peu plus perplexe. D’un côté, le fait que chaque personnage ait des qualités et des défauts renforce le réalisme et la crédibilité de l’histoire. Mais en donnant autant de place à leurs défauts, il devient plus difficile pour le spectateur de s’accrocher aux personnages. Je trouve que cela est embêtant en ce qui concerne l’héroïne. En effet, on a du mal à ressentir la peur ou le stress qu’elle peut éprouver en deuxième partie, ce qui « casse » le suspens que le film tente d’installer. En outre, le spectateur n’éprouve aucune émotion lorsque des événements dramatiques arrivent à ses proches.
Une conclusion inattendue pour Greenhouse
Pour être honnête, j’étais très étonnée lorsque le générique de fin a commencé à défiler sur l’écran. En effet, après un rythme assez lent pendant près d’une heure trente-cinq, Mun Jeong et Sun Nam effectuent des actions qui auraient déclenché des péripéties dans la majorité des thrillers coréens. Mais dans Greenhouse, ces événements composent en fait la conclusion du film. Si je n’ai rien contre les fins ouvertes (même si j’avoue que je trouve cela personnellement très frustrant), j’ai été déçue du fait qu’il n’y ait pas eu cette « montée en crescendo » plus tôt dans le film.
En quittant la salle, j’étais très perplexe de la conclusion. Mais après y avoir songé davantage, j’ai réalisé que la conclusion de l’arc narratif de Mun Jeong montrait que l’héroïne mettait son passé derrière elle (et par là, tous les aspects de sa vie passée) et qu’elle pouvait désormais renaître, même si on se doute qu’elle devra encore traverser des épreuves liées à ses actions.




Conclusion
En dépit d’un rythme assez lent et d’une conclusion au premier abord très étonnante, Greenhouse était une découverte très intéressante. Je suis intriguée par ce que la réalisatrice Lee Sol Hui pourra nous proposer par l’avenir. En attendant, je vous invite à voir son film à sa sortie en salles en mai !
Nos remerciements à la société de distribution Art House Films pour nous avoir permis de voir Greenhouse en avant-première !
Sources images : Hancinema | Art House Films

