Si vous aimez la K-Pop et les animés de webtoon coréens, vous avez frappé à la bonne porte. Laissez-moi vous présenter plusieurs génériques qui voient nos artistes favoris en être les fiers porteurs !
Petite explication
Bien que les termes de manhwa et de webtoon se soient répandus ces dernières années, une petite clarification me semble importante pour les personnes qui ne connaîtraient pas ces deux médias.
Pour faire assez simple, les manhwa sont des bandes dessinées coréennes qui ont vu leur création déjà au Xe siècle via des gravures, puis qui se sont développées petit à petit. À la différence des mangas japonais, les manhwa sont plus souvent en couleur et décrivent quasi exclusivement des scènes de la vie coréenne.
Les webtoons sont, quant à eux, des manhwa sous forme numérique, adaptés pour les smartphones, où tout un chapitre défile sur une seule et même page (nous vous en avions parlé plus en détail dans cette trilogie d’articles : «[Zoom sur] L’émergence du webtoon»). (Source)
Mais aujourd’hui nous allons parler des génériques de certains de ces webtoons, qui ont eu la chance de se voir accorder un dessin animé rien qu’à eux, qui ont été chantés par des groupes coréens de K-Pop.
Allons-y !
Les liens uniques entres les chansons et les génériques
Voyons ensemble plusieurs cas de figures, chacun avec un point de vue différent, interprétés par plusieurs groupes.
Nous verrons les liens entre l’œuvre originale et la chanson, ce que les artistes y racontent, à quel point les idols se sont appropriés les univers ou encore finir avec la différence entre une version courte, prévue pour être le générique d’un épisode, et sa version longue clippée.
Le spectateur extérieur
En tant que premier cas de figure, voyons ensemble la chanson Like That, spécialement chantée par le groupe ATEEZ, le générique de la série « Lookism ».
Pour cette histoire, le résumé est assez simple à faire. Un jeune garçon, du nom de Hyeong-Seok Park, est vu comme une personne laide aux yeux de la société et vit assez mal son adolescence à cause de ça. Hors, un beau matin, il se réveille dans le corps d’un garçon beau et excessivement fort physiquement. Alors toute sa vie s’apprête à changer.
Le jeune groupe de K-pop ATEEZ a pour l’occasion créé une chanson pop légèrement hip-hop originale entraînante, qui reste parfaitement en tête.
Dès les premières notes métalliques et impactantes le cadre est posé, on ressent une certaine dureté dans le tout, mais ça ne risque pas de s’arrêter là. En effet, la tension ne fait que s’accentuer, avec un léger instant plus calme avant le refrain final, afin que ce dernier sonne comme une explosion de joie dans tous les sens du terme.
Le lien à faire avec la série est alors assez simple, rien qu’à partir de là.
Hyeong-Seok Park se sent écrasé dans cette grande ville où il habite et la fin de la musique explosive correspond à sa libération quand son physique répondra aux carcans de la société. Toute l’évolution musicale est alors très intelligemment réalisée pour que, malgré une durée de seulement une minute trente, un chouette résumé de ce que sera « Lookism » se dessine devant nous.
Cependant, au niveau des paroles une différence majeure se fait ressentir.
Bien que les voix soient harmonieuses et correspondent aux intentions musicales (en étant dures au début grâce au rap et plus festives vers la fin), on remarque que le point de vue pris par ATEEZ est extérieur.
Les chanteurs déclament des encouragements envers les auditeurs à se dépasser et à ne pas faire attention aux regards des autres. On comprend que l’on doit faire ce qui nous semble juste malgré ce que les autres peuvent penser, et que même si on ne se sent pas à l’aise dans notre corps, ça ne doit pas être un obstacle pour faire ce qui nous plaît !
Seulement, ce simple changement de point de vue, en s’adressant aux auditeurs, nous fait un tantinet sortir du récit.
Like That devient de ce fait une chanson malheureusement assez basique, bien que réalisée avec justesse musicalement, comme nous pouvions le voir plus haut.
Une chose amusante est à noter lors du visionnage du clip, c’est que les chanteurs d’ATEEZ prennent la place de personnages internes au récit, quand on voit ces derniers chanter notamment. Un chouette clin d’œil afin d’introduire les artistes dans l’œuvre elle-même.
Dans la peau du protagoniste
Pour cette partie, penchons-nous sur le générique de « Solo Leveling », nommé pour LEvel et chanté par le chouette groupe TXT.
Mais avant, faisons un rapide tour par l’histoire que nous allons suivre dans cet animé. On y découvre les aventures de Sung Jin Woo, un chasseur particulièrement faible, dans un monde rempli de monstres extrêmement puissants, qui va devenir presque soudainement le plus puissant d’entre eux.
Afin d’accompagner cet animé, TXT décide de nous délivrer une chanson électro-pop qui déboite : LEvel (composé par le génial Hiroyuki Sawano).
Dès le départ, on s’aperçoit que nous ne sommes pas devant une musique banale.
Les premières notes qui annoncent un rythme énergique s’effacent rapidement avant de revenir en force comme pour évoquer un nouvel éveil. Suite à ça, un rythme des plus entraînants nous porte durant toute la durée du générique, marqué par des fortes basses et des synthétiseurs qui battent leur plein, jusqu’au refrain qui après un « Let’s get’em » (un équivalent de « Allons-y » en français) habilement placé au niveau des paroles, explose et nous fait ressentir tout un tas d’émotions positives. Mais cela nous fait surtout ressentir le côté épique et intense de l’histoire qui s’apprête à nous être conté. Le tout se finit sur un court rap, placé là pour faire redescendre la pression avant un nouveau « Let’s get’em » planant qui nous invite à l’aventure.
Du côté des paroles cette fois-ci, TXT chante en prenant place dans la peau du personnage principal lui-même. Ainsi, les auditeurs pourront se sentir plus impliqués dans ce qui est raconté.
On retrouve dans le texte une sorte de condensé de l’histoire, à savoir une personne qui est bien consciente de son niveau initialement mauvais, et qui va malgré tout se donner à fond pour atteindre des sommets. Maintenant il est le meilleur, il le sait bien, mais il va continuer de se donner à fond pour tout déchirer !
Cette construction musicale est alors intelligente sur plusieurs points. À commencer par l’instrumentale qui décrit parfaitement l’avancée de Sung Jin Woo à travers son histoire chaotique. Le rapide arrêt en début de morceau correspond à la défaite rapide que subit le personnage principal avant de se voir attribuer de nouvelles capacités, d’y réfléchir en prenant son temps et de tout exploser, au même titre que la musique elle-même.
Mais ce n’est pas tout car le rythme entraînant et le style assez récent qu’est l’électro-pop correspondent également à tout le propos. L’histoire est actuelle, se passe dans les rues des villes ou de donjons et le héros est assez jeune. Alors la rapidité qui est reflétée lors des refrains nous fait ressentir énormément d’émotions différentes et importantes.
Ainsi, TXT et Hiroyuki Sawano réussissent à nous transmettre bon nombre d’informations en moins de deux minutes, et font du générique de « Solo Leveling » une géniale chanson à écouter !
Quand le générique rencontre le MV
Voyons ensemble maintenant un dernier cas intéressant avec TOP de Stray kids, pour l’animé adapté de « Tower of God ».
L’histoire de ce dernier se résume ainsi, un jeune garçon du nom de Bam part à la recherche d’une fille nommée Rachel, dans une tour gigantesque où chaque étage se révèle être une épreuve pouvant mettre sa vie en danger.
Pour cette musique pop, Stray Kids se permet de mélanger quelques éléments électro, rock ou même hip-hop, faisant de TOP la parfaite musique de générique d’animé.
En effet, le rythme est assez impactant dès le départ, avec une multitude d’instruments qui se mettent en place rapidement, comme une guitare électrique, une batterie ou un synthé afin de marquer le coup avant l’apparition du titre. Suite à ça, une longue partie rappée nous est dévoilée jusqu’à la moitié du morceau, avant qu’une partie plus mélodique n’apparaisse comme un refrain. De ce fait, bien que les instruments soient presque les mêmes tout du long, l’impact et la tension restent intacts. Ce chouette mélange se poursuit jusqu’à la fin, qui semble ouverte de par son côté très planant, comme pour nous inviter à suivre l’aventure du protagoniste.
L’instrumentale résonne finalement comme un parfait générique de dessin animé, mais pas que !
On y retrouve des moments forts, une montée en puissance et un côté jeu vidéo par l’utilisation du synthé à certains moments. Mais là où Stray kids réussit à être malin dans sa construction musicale, c’est que de par les trois aspects qui se dégagent du morceau (la mélodie du début, le rap du milieu et la fin épique), on peut distinguer un rapprochement efficace à l’histoire, dans laquelle le héros doit monter des étages tous différents, bien que contenus dans une grande tour.
En ce qui concerne les paroles de TOP, on se retrouve dans le cas de figure vu juste avant, où les chanteurs vont se mettre à la place du personnage principal de l’œuvre.
Alors nous pourrons entendre les marqueurs d’une certaine compréhension de l’histoire traitée. Avec notamment des mentions claires au fait de devoir monter toujours plus haut, le fait de devoir se dépasser ou que ce qui arrive ensuite est inconnu. Malgré ça, tout invite le protagoniste à être courageux et à ne jamais cesser sa quête quoi qu’il arrive.
On pourra noter un moment impactant lorsqu’on entend « No turning back » (« Pas de retour en arrière » en français), juste avant le dernier refrain, là pour appuyer le fait que Bam ne pourra pas s’arrêter de monter malgré tout ce qu’il vivra dès son apparition dans la tour.
Mais là où le cas de TOP est encore plus intéressant, c’est que nous avons également eu droit à une version MV de cette chanson. C’est-à-dire une version plus longue et clippée avec les artistes de Stray Kids mis en avant pour l’occasion.
Ici, la musique et sa construction restent les mêmes, avec des parties rappées impactantes et un vrai côté épique assumé lors des refrains, bien que le message derrière les paroles ait une consonance différente.
Là où originellement, on pouvait entendre les chanteurs prendre la place du premier rôle pour se donner du courage à soi-même et accentuer l’envie de se dépasser du protagoniste, on peut comprendre ici que ce message s’adresse aux auditeurs eux-mêmes, pour les inviter à se dépasser et à tout donner dans la vie malgré les épreuves qu’ils peuvent traverser. Ce changement n’est alors pas un point négatif du morceau, mais plutôt une marque de la compréhension que les artistes ont du média via lequel ils s’adressent.
Seulement ce n’est pas tout, car la construction visuelle du MV est également intéressante à observer !
Stray Kids est mis en image dans deux lieux distincts, à savoir un grand studio avec un écran géant derrière et devant un fond vert qui nous montre au final un décor urbain de bunker ou en tout cas un espace souterrain restreint. Et c’est là que c’est assez inventif de la part de l’équipe créative de ce clip, car grâce à ça, les artistes se retrouvent devant plusieurs décors, dans plusieurs ambiances et donc dans une multitude de situations possibles, malgré qu’ils continuent tout du long leur chorégraphie.
On retrouve ainsi tout le sel de l’histoire de « Tower of God », où chaque étage reflète une ambiance, un décor ou une épreuve différente, mettant toujours plus en difficulté Bam. D’autant plus quand on remarque que la chorégraphie appuie autant les parties rap assez dures et les refrains plus festifs, comme pour démontrer que l’aventure racontée dans le dessin animé ne sera pas sans embûche jusqu’au bout.
Avoir ainsi les deux visions d’une même chanson s’avère alors super intéressant pour voir tous les aspects que les artistes peuvent nous proposer d’un même projet.
Conclusion
Après cette courte entrevue sur un sujet aussi vaste que les musiques faites par des artistes de K-pop pour des génériques de dessins animés, une chose reste finalement à retenir.
Il semble indéniable que chaque groupe dont nous avons pu parler juste au-dessus a produit, lors de cet exercice particulier, une musique plus que qualitative. Chacune d’entre elles réussit finalement à être intéressante et parfaitement écoutable en dehors du contexte original, comme peuvent l’être les génériques d’animés japonais. Malgré tout, chaque style et chaque parti pris a ses conséquences sur ce que la chanson renvoie en elle-même, et c’est ce qui est des plus intéressants !
J’espère qu’à travers cet article j’ai pu vous faire découvrir un style de musique particulier, des dessins animés ou même des groupes. Mais j’espère aussi vous avoir fait comprendre le sens de certains aspects de la musique et l’impact qu’ils peuvent avoir sur les spectateurs.
Merci pour votre lecture !
Source : Définition manhwa et webtoon
Article de Jimmya.

