Il s’agit d’un procès historique pour les « femmes de réconfort » qui a eu lieu la semaine dernière à Séoul. Pour la première fois, un tribunal a reconnu la responsabilité du gouvernement japonais en ce qui concerne ces actions datant de la Seconde Guerre Mondiale et a exigé qu’il indemnise les victimes.
Remise en contexte
Le terme « femmes de réconfort » est utilisé pour mentionner les victimes du système d’esclavage sexuel organisé par l’armée japonaise durant la guerre (voir un article dédié à ce sujet ici). Malgré la fin de la guerre, les autorités japonaises n’ont jamais officiellement reconnu ces faits et ne se sont jamais excusées.
En 2013, douze victimes sud-coréennes soumettent une pétition au gouvernement japonais pour obtenir 100 millions de won de dommages et intérêts chacune (soit environ 74 858€). Après le refus du japon de coopérer, les victimes portent plainte en Corée en 2015 et leur requête est acceptée par un tribunal de Séoul l’année suivante.
À cause du manque de coopération japonaise, le procès est repoussé de quatre ans, avant que le tribunal de Séoul ne décide de procéder aux délibérations sans la participation du pays insulaire. Le quatrième et dernier procès conclut l’affaire en octobre 2020.

Verdict du procès
En janvier 2021, le tribunal de Séoul rend son verdict : les douze victimes qui ont porté plainte contre le gouvernement japonais doivent recevoir leur compensation financière.
Or, dès le début du procès, le gouvernement japonais a refusé de reconnaître les poursuites, en appelant au principe d’immunité des Etats, une loi internationale selon laquelle « un tribunal d’un pays ne peut pas juger un autre pays en tant que plaideur ».
Le tribunal coréen a donc répondu la semaine dernière que cet acte illégal avait violé les normes internationales et que, par conséquent, l’immunité ne pouvait s’appliquer à ce cas, qui n’est rien d’autre qu’un crime contre l’humanité.

Le Japon va-t-il réellement indemniser les femmes de réconfort ?
Même si le tribunal en a statué ainsi, il y a en réalité peu de chance que le gouvernement japonais paye ces dommages et intérêts. Si ce dernier ne met en rien en œuvre pour remplir son devoir, le tribunal coréen pourrait saisir une partie de ses actifs en Corée, même si cela est plus facile à dire qu’à faire.
De son côté, le Ministre des Affaires étrangères du Japon s’est entretenu avec son homologue coréen pour lui rappeler que cette décision de justice était contraire aux accords passés entre les deux pays en 2015 à propos des femmes de réconfort et à la loi internationale.
Un autre procès va se tenir courant janvier. Il sera intéressant de voir si le tribunal parvient à la même décision ou pas. Mais dans tous les cas, il est certain que ce procès ne va pas aider à l’amélioration des relations entre la Corée et le Japon, qui ne sont pas au beau fixe en ce moment.
Sources : Yonhap News Agency | The Korea Herald

