Le jeudi 24 avril, alors que la Corée du Sud est encore plongée dans le chaos politique, l’ancien président démocrate Moon Jae In (2017-2022), soupçonné d’avoir facilité l’accès à l’emploi de son gendre, a été inculpé pour corruption.
Les faits de corruption reprochés à Moon Jae In
Moon Jae In, homme politique de centre gauche, connu pour sa politique d’ouverture envers la Corée du Nord, était jusque-là le seul président sud-coréen à ne pas avoir été l’objet de poursuites judiciaires. Il fait finalement face, au grand dam de ses partisans, à des accusations de corruption le concernant.
En 2018, le gendre de Moon a été nommé directeur général de la compagnie aérienne Thai Easter Jet, et ce, « malgré l’absence de toute expérience ou qualification pertinente dans l’industrie du transport aérien ». La compagnie est en réalité gérée par un ancien député démocrate qui aurait souhaité s’attirer les faveurs du Président.
Le Bureau des Procureurs du district de Jeonju, dans un communiqué de presse, a estimé que cette nomination était illégale et pour cause, l’entièreté des salaires et autres avantages financiers versés au gendre entre 2018 et 2020 (217 millions de wons, soit environ 132 OOO €) aurait en réalité été reversée à Moon sous forme de pots-de-vin.
En réaction à ces accusations, Moon a lui-même qualifié d’« injuste » son inculpation et a rajouté : « Je vais m’employer à exposer clairement au public et à l’informer de l’abus de pouvoir de l’accusation et de sa politisation, au-delà de la preuve de mon innocence personnelle. » Le Parti démocrate a, lui, réagi en accusant le parquet d’« abus de pouvoir judiciaire incontrôlé ».
La corruption : une affaire de présidents
En Corée du Sud, les accusations de corruption sont prises très au sérieux et il s’avère que les présidents en deviennent systématiquement l’objet. Plusieurs anciens présidents, comme Lee Myung Bak (2008-2013), ont écopé de peines de prison pour ce type de faits. C’est même en partie la corruption qui a mené à la destitution de la présidente Park Geun Hye (2013-2017) en 2017. Visé par une enquête sur des versements d’argent suspects par un fabricant de chaussures à son épouse, Roh Moo Hyun (2003-2008) avait, lui, mis fin à ses jours en sautant du haut d’une falaise.
Il s’agit cependant de la première fois que deux présidents soient poursuivis simultanément. Le président Yoon Suk Yeol, à la suite de la confirmation de sa destitution par la Cour Constitutionnelle, a également été inculpé pour insurrection. En revanche, là où Yoon risque la peine capitale, Moon n’encourt qu’une peine de prison mais rejoint malgré tout la longue liste des présidents poursuivis par la justice.
Sources : RFI | Le Monde | France 24 | Yonhap
Source image : Ouest France
Article rédigé par Romane TOMIO.

