Après leur succès à la télévision, certains K-dramas s’exportent sur scène en comédies musicales.
Vous les avez regardé, vous les avez aimé ou détesté. Peut-être même avez-vous pleuré devant ces scènes devenues cultes que vous vous repassez en boucle. Et si je vous disais qu’il était possible de (re)découvrir certains de vos K-dramas préférés en comédies musicales ? Prolonger les effets de la vague Hallyu, offrir un nouveau souffle et un nouveau public ou bien simplement poursuivre l’exploration des thèmes d’une série, sont d’autant de raisons qui ont poussé certaines maisons de production à franchir le pas. Mais que valent vraiment ces adaptations ? Sont-elles fidèles à leurs sources télévisuelles ? Parviennent-elles à convaincre le public et à surmonter l’épreuve du temps ? Autant de sujets et de questions que ce dossier tâchera de résoudre.
Avant d’aller plus loin, sachez que cet article est coupé en deux et fera l’objet d’une suite le mois prochain.
Caractéristiques des comédies musicales coréennes
Pour mieux comprendre certaines adaptations et certains choix de casting, il me semble opportun de vous présenter (aussi brièvement que possible) les quelques caractéristiques propres aux comédies musicales coréennes de nos jours.
Des productions courtes
Si vous aimez la comédie musicale, vous savez sans doute que de nombreux spectacles se jouent souvent pendant plusieurs mois, un an, voire pour certains, des décennies entières sans discontinuer. Les acteurs s’engagent souvent pour un an (sauf participations exceptionnelles de courte durée) et peuvent être reconduits ou changés d’année en année. En France, si la plupart des spectacles musicaux partent en tournée partout dans l’hexagone (contrairement à leurs homologues britanniques et américains), ils se jouent là aussi pendant au moins un an.
En Corée du Sud, les comédies musicales se produisent pour un temps beaucoup plus court : entre deux et trois mois pour la plupart. Il arrive parfois que certaines se jouent pendant six mois ou un an dans le cas d’une adaptation dont les droits de licence sont très chers, comme Phantom of the Opera ou Les Misérables. De fait, les acteurs et actrices de comédies musicales participent souvent à plusieurs comédies musicales lors d’une seule et même année.
Double, triple et quadruple casting
En France, en Allemagne, aux États-Unis et au Royaume-Uni, la distribution d’une comédie musicale n’a souvent qu’un seul acteur pour chaque rôle avec des alternants et, sinon, des doublures. Le théâtre musical coréen se distingue une nouvelle fois. Si cela n’a pas toujours été le cas, dans les années 1980 notamment, la plupart des distributions de comédies musicales engagent au moins deux ou trois acteurs par rôle, en fonction de l’importance du personnage. Ainsi un roulement se fait entre chaque acteur et les productions annoncent le casting de chaque représentation à l’avance : pratique pour être certain de voir vos acteurs et actrices favoris. Ce système permet notamment de concilier les emplois du temps de chacun, mais aussi d’attirer différents types de spectateurs.
Grand théâtre et Daehakro
La dernière particularité du théâtre musical est la distinction faite entre les pièces dites de « grand théâtre » et celle de Daehakro. Qu’est-ce que tout cela peut bien dire ?
Les comédies musicales dites de « grand théâtre » sont de grandes productions, on y compte de nombreuses adaptations de spectacles étrangers et plusieurs créations originales. Elles incluent une distribution étendue, la nécessité d’avoir un « ensemble » (acteurs et danseurs jouant divers rôles d’ambiance tout le long de la pièce), de grands décors et deux actes distincts avec un entracte. Ces productions se jouent alors dans les plus grands théâtres de Séoul et d’autres villes coréennes (d’où l’appellation). Dans cette catégorie, on compte notamment des comédies musicales comme Hero, Jekyll & Hyde, Notre Dame de Paris, Werther, Frankenstein ou encore Monte Cristo.


À gauche, la salle du grand théâtre Sejong, l’un des plus grands théâtres de Séoul. À droite, la deuxième salle du TOM au coeur de Daehakro
Les pièces dites de « Daehakro », quant à elles, désignent des œuvres jouées dans le quartier de Daehakro à Hyehwa. Elles se jouent dans des théâtres beaucoup plus intimistes (entre 100 et 300 places), n’ont, pour la plupart, qu’un seul acte et une distribution beaucoup plus simple : la plupart n’ont que deux ou trois acteurs sur scène. Si parmi les comédies musicales de Daehakro on compte des adaptations, c’est aussi dans ce quartier que l’on compte la plupart des créations originales coréennes. Parmi les œuvres les plus connues de cette catégorie, on retrouve Thrill Me, Story of My Life, The Devil, Poongwolju ou encore Ppallae (qui se joue sans discontinuer depuis 2006).
Ces dramas adaptés en comédie musicales : présentations
Pour plus de clarté, vous trouverez ci-dessous une brève présentation par adaptation à laquelle vous pourrez vous référer tout au long de l’article pour avoir toutes les informations essentielles à portée de clic. Quand cela est possible, vous trouverez sous les présentations des extraits vidéos. Notez que vous ne trouverez ici que les adaptations qui nous intéressent pour la première partie de cet article : vous pourrez retrouver les autres le mois prochain avec la seconde partie.





Winter Sonata / 겨울연가
Winter Sonata est un des fers de lance de la Hallyu. Diffusé au début de l’année 2002 sur la chaîne publique KBS2 avec Bae Yong Joon et Choi Ji Woo dans les rôles principaux, le drama raconte l’histoire de Yoo Jin, une jeune femme dont le premier amour est mort et qui, dix ans plus tard, voit sa vie vaciller quand elle rencontre un homme ressemblant trait pour trait à son premier amour. Lors de sa diffusion,le drama réalise des audiences correctes mais c’est surtout à l’étranger que Winter Sonata gagnera toute sa popularité.
Fin 2005, une comédie musicale adaptée du drama voit le jour : si les chansons et dialogues sont tous en coréens, interprétés par des acteurs coréens, c’est à Sapporo, au Japon, que la première a lieu. S’en suivra une tournée tout le long de l’année 2006 dans différentes villes japonaises comme Tokyo et Osaka. Au casting : Im Tae Kyung, chanteur de popera, et Lee Sang Hyun dans le double rôle de Jun Sang et Min Hyung, Park Hong Ju dans le rôle de Yoo Jin, Lee Pil Seung dans le rôle de Sang Hyuk et Yang Joon Mo dans le rôle d’une entité mystique semblable à la Destinée.
Ce n’est qu’en 2011 que Winter Sonata se joue en Corée pour la première et unique fois.
Lovers in Paris / 파리의 연인
Lovers in Paris, treizième série coréenne la plus suivie de l’histoire de la télévision coréenne, raconte l’histoire de Tae Young, une jeune femme étudiant le cinéma à Paris qui fait des ménages pour arrondir ses fins de mois. Elle travaille notamment pour Gi Ju, président d’une société automobile, qui lui demande d’être sa fausse fiancée le temps d’une soirée afin de convaincre un investisseur potentiel. Entre Paris et Séoul, l’histoire de Tae Young et Gi Ju sera bien mouvementée. Au casting de ce drama, diffusé en 2004 sur SBS, on retrouvait Park Shin Yang, Kim Jung Eun et Lee Dong Gun.
En 2012, une adaptation sur scène est créée. Sur un livret de Lee Hee Jun et des musiques de Joy Kim, la mise en scène est confiée à Gustavo Zajac, metteur en scène et chorégraphe travaillant aussi bien en Argentine et à Broadway qu’en Asie. À la distribution, vous pouviez notamment applaudir Lee Ji Hoon et Jung Sang Youn dans le rôle de Gi Ju, Bang Jin Hee et Oh So Yeon dans le rôle de Tae Young et Lee Hyun, Jang Woo Soo et Song Won Geun (anciennement connu sous son nom de scène Run) dans le rôle de Soo Hyeok.
Princess Hours (Goong) / 궁
Si vous êtes fan de longue date de K-dramas, il est quasi certain que Princess Hours (ou Goong), diffusé en 2006 sur la MBC, figure dans les dramas que vous avez vu. Dans ce drama atypique qui imagine la Corée du Sud du début des années 2000 sous une monarchie constitutionnelle, la jeune et gaffeuse Chae Kyung se voit mariée du jour au lendemain au prince héritier, Lee Shin, qui n’est autre que son camarade de classe au lycée. Dans cette comédie romantique, vous pouviez retrouver Yoon Eun Hye, Ju Ji Hoon, Kim Jeong Hoon et Song Ji Hyo dans les rôles principaux.
C’est en 2010 que la série est adaptée pour la scène en collaboration avec In Eun Ah, scénariste du K-drama. Joué au Théâtre Yong de Séoul, le rôle de Lee Shin était tenu en alternance par U-KNOW Yunho de TVXQ!, Kim Dong Ho et Song Won Geun tandis que Shin Hee Jung et Kwak Sun Young se partageaient le rôle de Chae Kyung. L’adaptation musicale de Princess Hours s’est joué pendant un mois et demi puis à nouveau en 2011 avant différentes tournées au Japon où de nombreuses idols se sont succédés au casting : Taemin de Shinee, Kim Kyu Jong de SS501 ou encore Hoon de U-KISS.
Couple or Trouble / 환상의 커플
Couple or Trouble est une autre comédie romantique de la chaîne MBC diffusée en 2006 et écrite par les sœurs Hong. La série raconte les aventures d’Anna Jo, une riche héritière qui se lasse de New York et se rend en Corée, rejoindre son mari censé gérer ses affaires là-bas. Mais rien ne va se passer comme prévu : son mari ne semble pas gérer grand chose et alors qu’elle fait route vers l’une des demeures familiales, Anna tombe en panne, aidée par un homme-à-tout-faire d’une petite ville en dehors de Séoul. Han Ye Seul, Oh Ji Ho et Kim Sung Min formaient le trio principal de ce drama.
L’adaptation en comédie musicale de cette série intervient en 2011 et s’est jouée dans le quartier de Daehakro. La distribution se composait notamment de Shin Joo Yeon et Lee Ga Eun pour Anna, Kim Soo Young et Kim Bo Kang pour Cheol Soo ainsi que Lee Chang Won et Jung Sung Il dans le rôle de Billy, le mari d’Anna. L’année suivante, Couple or Trouble reviendra à Daehakro pour un mois de représentation avec une distribution renouvelée.
Crash Landing on You / 사랑의 불시착
Ne mentez pas : si vous entendez les premières notes de cette fameuse chanson de Yoon Mi Rae, vous serez de suite transporté dans la maison nord-coréenne du capitaine Ri Mu Hyeok. À moins de vivre dans une grotte, difficile de passer à côté du phénomène Crash Landing on You qui en a fait chavirer plus d’un et en a converti des centaines aux dramas coréens. Dans ce drama, une riche cheffe d’entreprise se retrouve propulsée en Corée du Nord à la suite d’un accident de parapente. Tentant de survivre et de rentrer chez elle, elle pourra compter sur un capitaine de l’armée nord-coréenne pour l’aider. Diffusé sur la chaîne câblée tvN, le drama en devient, à l’époque, le drama le plus suivi de la chaîne. Vous pouviez notamment voir Son Ye Jin et Hyun Bin donner vie aux deux personnages principaux.
Une adaptation sur scène se fait en 2022, moins de trois ans après la diffusion de la série. Dans cette adaptation, jouée au COEX Artium de Séoul, Lee Kyu Hyung, Min Woo Hyuk et Lee Sang Woo se partageaient le rôle du capitaine Ri Mu Hyeok tandis que Kim Ryeo Won, Im Hye Young et Na Ha Na alternaient pour le rôle de Yoon Se Ri. Enregistrée pendant sa production, la comédie musicale Crash Landing on You a ensuite été diffusée dans plusieurs cinémas coréens mais aussi dans des cinémas au Japon. Elle a par ailleurs été adaptée par la troupe de théâtre de la Takarazuka Revue, une troupe de théâtre et de comédie musicale composée uniquement de femmes.
Dramas coréens sur scène : vers un prolongement de la vague Hallyu 1.0 ?
Rappel
Si vous savez sans doute que le terme Hallyu désigne la déferlante du soft power coréen à travers la pop-culture, vous ne savez peut-être pas que certains chercheurs découpent ce phénomène en plusieurs phases (entre trois et quatre). Cependant, tous s’accordent pour définir la première étape de la Hallyu (ou Hallyu 1.0) comme étant la promotion de la culture sud-coréenne dans les pays asiatiques voisins (notamment le Japon) à travers la musique et les dramas afin de booster le tourisme. Si l’on ne doit citer qu’une seule série coréenne ayant marqué le Japon et lancé une véritable frénésie, c’est bien sûr Winter Sonata (2003), comme je l’expliquais plus haut, et son acteur principal Bae Yong Joon, diffusé en prime time sur la chaîne nationale NHK, chose rare pour une série étrangère. Après sa diffusion nippone, le drama a boosté le tourisme coréen : de nombreux fans japonais ont afflué pour visiter les différents lieux de tournages de la série. Dans le milieu des années 2000, plusieurs événements organisés par l’office du tourisme coréen sont directement organisés pour le public japonais (comme la Dae Jang Geum Week, semaine de célébration autour de la série éponyme diffusée entre 2005 et 2006).

Dramas et comédies musicales : le Japon en ligne de mire
Si les adaptations de K-dramas ne constituent qu’une partie infime du théâtre musical coréen, il est intéressant de comprendre comment et pourquoi ces adaptations arrivent. Pour plusieurs d’entre elles, entre la source, l’année et le lieu de production, il est aisé d’établir un lien avec la vague Hallyu et notamment celle tournée vers le Japon. D’une part, parce que le pays du soleil levant est le plus proche voisin de la Corée du Sud et que depuis le début des années 2000, force est de constater que la vague Hallyu a bien déferlée sur l’archipel et, d’autre part, parce que le Japon possède également un théâtre musical extrêmement riche : entre créations originales, adaptations d’animes et adaptations de musicals étrangers, aussi bien anglophones ou français que coréens. Le candidat pour prolonger la Hallyu sur la scène nippone est donc tout trouvé. C’est d’ailleurs avec cette seule ambition en tête que s’est créée l’adaptation de Winter Sonata, comme l’indique le producteur de l’époque dans cet article du journal Hankyoreh. Sans le même objectif affiché, on peut tout de même supposer que l’idée n’était pas loin pour l’adaptation de Princess Hours, d’abord en engageant quelques idols dans la première coréenne, avant de traverser la mer de l’est avec d’innombrables stars de la K-pop dans ses valises ensuite.

En ce qui concerne Crash Landing on You, si les intentions ne sont pas explicitement données comme pour Winter Sonata, il apparaît plutôt clairement que l’exportation de l’adaptation musicale est un des objectifs : une page Instagram dédiée au spectacle voit le jour (la promotion des comédies musicales se fait habituellement sur les pages officielles des maisons de productions). Parmi les mots-clés que l’on retrouve sur toutes les publications, on peut remarquer le titre du drama en coréen, bien sûr ; mais aussi son titre anglais et son titre en japonais. Le producteur de cette adaptation, A to J Entertainment n’est pas non plus un acteur régulier du théâtre musical coréen. Enfin, pour une comédie musicale dans sa première production, un enregistrement s’est effectué et a ensuite été rapidement sorti dans plusieurs cinémas et au Japon comme je l’ai expliqué plus haut. Si la France nous gâte avec des DVDs de la plupart des grandes comédies musicales, c’est très loin d’être le cas pour les spectacles sud-coréens. Pour les créations originales, des streamings (gratuits ou payants) arrivent parfois mais pour les adaptations, l’histoire est plus compliquée. En cause, les licences d’adaptation et de reproduction principalement. C’est d’ailleurs pour cette raison par exemple que la captation de Elisabeth Das Musical par EMK en 2022 n’est sorti qu’en 2024 dans les salles obscures coréennes ou que l’album des dix ans de Dracula en Corée est sorti avec près de huit mois de retard sur le planning initialement annoncé. Alors forcément, un enregistrement et une sortie de grande envergure aussi rapidement pour CLOY, un drama qui a d’ailleurs trouvé un large public au Japon, me font penser que l’exportation à l’étranger, et notamment le Japon, était un des buts de cette adaptation.
Des succès surtout nationaux
Pour autant, les adaptations de K-dramas, et particulièrement des années 2000, n’ont pas toutes vocation à s’exporter sur le marché japonais.
Au contraire, certaines, comme Couple or Trouble et Lovers in Paris, deux grands succès de la télévision coréenne, n’ont eu pour objectif que de rencontrer le public qui les avait aimées plusieurs années auparavant. Si elles n’ont pas forcément rencontré une approbation assez forte pour garantir plusieurs productions ensuite, le Japon, ou tout autre pays voisin susceptible d’accueillir des comédies musicales coréennes, n’ont pas été pris en compte dans l’élaboration de ces deux adaptations. Je rajouterais même que le fait que Couple or Trouble se soit joué dans un théâtre de Daehakro montre la volonté de l’équipe d’adaptation de tenter d’ancrer la version musicale du drama dans le paysage coréen, de retrouver la magie qui en a fait le succès à l’époque.
Lovers in Paris a certes fait appel à un metteur en scène étranger, ce qui pourrait faire penser que l’exportation du musical était en ligne de mire, mais il n’en est rien : Gustavo Zajac est un metteur en scène ayant travaillé sur plusieurs comédies musicales coréennes telles que Cyrano, Sweet Come to Me Stealthily ou encore l’adaptation de Fiddler on the Roof.

Finalement, si le lien avec la Hallyu est bien prouvé pour certains dramas coréens, il n’est pas la principale raison de ces adaptations en comédies musicales. Au contraire, il semblerait plutôt que ces spectacles soient d’abord pensé pour le public coréen, et à juste titre vu la popularité du théâtre et théâtre musical au Pays du Matin Frais. D’autres adaptations ont d’ailleurs trouvé et renouvelé leur public, comme vous pourrez le lire dans l’article du mois prochain.
Sources : The Musical (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) | Play DB (1) (2) (3) | Asian Wiki (1) (2) (3) (4) (5) | Yes24 | Yonhap News | Hankyoreh | Maekyung Daily | MBN News | CNB News | Joongang Daily (1) (2) | JTBC | Art Chosung | 10Asia | News Culture | Site Officiel de Gustavo Zajac | Korean Television Dramas in Japan : Imagining « East Asianness » and consuming « Nostalgia » de Lee Soo Bum & Ju Hye Jung
Sources images : The Musical (1) (2) (3) (4) (5) | Play DB | Joongang Daily | Sejong Center | TOM Theater Company
Sources vidéos : The Musical (1) (2) (3) | Chaîne YouTube de l’acteur Lee Sang Hyun
Article rédigé par Ceci.

