À la suite de la bousculade meurtrière ayant eu lieu dans le quartier séoulite d’Itaewon en octobre 2022, l’Assemblée nationale avait adopté une loi spéciale prévoyant une enquête approfondie sur les évènements, loi à laquelle le Président Yoon Suk Yeol a opposé son veto, ce mardi 30 janvier.
Une loi spéciale pour enquêter sur le drame d’Itaewon
Le 29 octobre 2022, une bousculade lors des festivités d’Halloween dans le quartier d’Itaewon à Séoul ôta la vie à 159 personnes. Ce drame qui toucha profondément le pays reste encore aujourd’hui difficilement explicable, faute d’une enquête approfondie sur ses causes.
Le 9 janvier 2024, l’Assemblée nationale sud-coréenne, souhaitant remédier à ce manquement, avait voté une loi spéciale prévoyant la création d’une commission d’enquête sur les évènements d’octobre 2022. Cette commission parlementaire spéciale devait, au-delà de clarifier les causes exactes de la bousculade, garantir le droit des victimes et de leur famille à obtenir réparation et de mettre en place des mesures permettant que ce genre de catastrophes ne se reproduisent pas. La loi prévoyait que la commission soit composée de onze membres : un recommandé par le président de l’Assemblée nationale, deux par les familles des victimes, quatre par le Parti démocrate (PD) et quatre par le Parti du pouvoir du peuple (PPP).
L’Assemblée nationale étant majoritairement occupée par des députés du parti d’opposition, le PD, le projet de loi avait été adopté sans encombre, en l’absence des députés du parti au pouvoir, le PPP, qui avaient choisi de boycotter le vote ce jour-là. Seulement quelques jours après, le PPP a décidé de proposer au Président Yoon Suk Yeol d’opposer son veto au projet de loi.
Un veto présidentiel opposé à la demande d’enquête
Le 30 janvier dernier, malgré une manifestation organisée par le PD, les associations civiles et religieuses et les familles des victimes, le Président Yoon a donc exercé son droit de veto envers cette loi spéciale lors d’un débat politique portant sur les moyens de défendre les droits et les intérêts de la population. Il s’agit du neuvième projet de loi censuré par un veto présidentiel depuis le début du mandat actuel.
Par ce veto, le chef de l’Etat, précédé d’une décision en Conseil des ministres plus tôt dans la journée, demande donc une nouvelle étude du projet de loi. Le texte sera ensuite à nouveau soumis à un vote et devra obtenir le soutien des deux tiers de l’Assemblée afin de contourner le veto présidentiel, soit 199 votes sur 298. Or, si les députés du PPP, occupant 111 sièges, parviennent à voter d’un seul homme, le projet sera définitivement abandonné.
Afin d’expliquer cette décision d’apposer un veto présidentiel, le Premier ministre Han Duck Soo a affirmé que la composition de la commission telle que prévue par la loi serait en faveur du PD. En effet, le Président de l’Assemblée nationale étant un membre de l’opposition, le PD deviendrait majoritaire au sein de la commission. Il a également été avancé que des enquêtes suffisamment exhaustives avaient déjà été menées et qu’il n’était pas nécessaire d’en diriger davantage.
Sources : Yonhap | KBS World French | The Korea Herald
Source image : Arirang News
Article rédigé par Romane TOMIO.

