La Corée du Sud est un pays riche de par sa culture mais aussi son Histoire. En effet, si certaines personnes viennent en Corée pour visiter un maximum de cafés ou pour vivre la nightlife coréenne, d’autres préfèrent visiter un maximum de lieux historiques comme des temples, ou culturels comme des musées. Faisons donc un tour au musée de la guerre et des droits humains des femmes à Séoul.
Un musée chargé d’un lourd passé
Un peu de contexte historique
Pour contextualiser, ce lieu traite de sujets très sensibles tels que l’occupation de l’armée japonaise en Corée et de ses crimes de guerres, dont un en particulier : l’esclavagisme sexuel qui a duré de 1932 à 1945. En effet, tout au long de cette occupation, beaucoup de femmes asiatiques ont vécu l’enfer en étant utilisées comme « femmes de réconfort ». Ces femmes-là étaient utilisées de manière non consentie pour subvenir aux pulsions sexuelles des soldats japonais.
Bien que ce musée soit remplit d’un lourd passé, il est important de s’y rendre afin de mieux comprendre le pays du matin frais mais aussi pour ne pas oublier.
À la découverte du musée
Grâce à la volonté des survivantes de l’esclavagisme sexuel et à des organisations, ce musée a ouvert ses portes le mercredi 5 mai 2012. Le but de cet espace culturel est de sensibiliser les visiteurs au passé sombre de la Corée mais aussi de rendre hommage aux victimes via diverses expositions proposant des archives de guerre provenant de l’armée japonaise elle-même et en documentant l’activisme actuel des femmes en Corée et à travers le monde afin que ces crimes cessent et ne se reproduisent plus.
Adresse : 20, World Cup buk-ro 11-gil, Mapo-gu, Séoul
Horaires : ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h.
L’entrée dans le musée est autorisée jusqu’à 17h.
Fermé tous les lundis, dimanches et lors des fêtes nationales.
Ce musée est un petit peu différent de ses congénères car il se situe dans une maison rénovée se trouvant dans un quartier résidentiel de Séoul. De plus, à la différence de l’aménagement habituel de ces lieux d’expositions, la visite ne se mène pas d’étages en étages mais bien de pièces en pièces regroupées sous trois chapitres différents.
Chapitre 1 : In The Past, Those Heavy Times
Bienvenue dans la première partie du musée de la guerre et des droits humains des femmes de Séoul !
La visite commence directement par une entrée en la matière avec une première exposition dans un environnement sombre qui représente la sévérité dans laquelle vivaient autrefois les Halmonis (nom donné par le musée aux survivantes de l’esclavage sexuel). Puis au fur et à mesure de la visite, les appels à l’aide et les messages sombres se transforment alors en messages d’espoir accompagnés de la luminosité qui s’éclaircit petit à petit, montrant alors qu’après des moments où tout est noir, la lumière finit toujours par percer et dominer.
À l’accueil, le message d’espoir continue grâce à la vidéo projetée de papillons battant des ailes dans le ciel qui représentent la liberté de ces femmes autrefois enfermées.
Toutefois, les salles Gravel Road : Into the Fire, Basement Exhibit : Her Life nous plongent à nouveau dans un environnement morose, dur et froid via leurs expositions qui nous invitent à marcher sur un chemin de cailloux sous les bruits de coups de feu tout en observant les photos accrochées aux murs de femmes victimes de ces crimes barbares ou encore en ayant sous les yeux des scènes de champs de batailles et de « maisons de réconfort » : endroits dans lesquels les soldats japonais abusaient des Halmonis.
Toutefois, comme le chemin de la vie, le musée reprend de la couleur et de l’espoir au niveau des escaliers.


Chapitre 2 : Where the Past Meets the Present
Ce chapitre énonce une vérité tout aussi sombre que le premier… En effet, grâce à ses quatre « History Room », le musée propose plusieurs expositions découlant d’archives provenant directement de l’armée japonaise de l’époque. Ces documents montrent que l’esclavage sexuel et les « maisons de réconfort » étaient des crimes systématiques et très organisés. Bien souvent, des écoles et des temples étaient utilisés comme « maisons de réconfort ». Cependant, certaines archives montrent bien que les maisons étaient positionnées de façon stratégique : plus elles se trouvaient près des combats de première ligne, plus les conditions y étaient difficiles et violentes comme pour déferler toute sa colère et sa rage de ces combats en abusant et torturant ces femmes. De plus, les plans, les photos et vidéos d’archives montrent que chaque maison était aménagée de façon méthodique avec des chambres divisées en plusieurs « compartiments » contenant de la literie ou des baignoires.
En bref, la cruauté de l’Homme que ces quatre salles dénoncent risque de vous prendre aux tripes et de marquer vos esprits à jamais.

En poursuivant votre chemin vous tomberez sur quatre nouvelles salles d’expositions toutes appelées The History of Movement. Ici, la résilience de ces femmes et leurs combats juridiques vous accompagneront tout du long. Vidéos, photos, documents administratifs, voici la preuve du combat acharné que les anciennes « femmes de réconfort » ont vécu afin d’être reconnues par le Japon qui jusqu’ici, ne voulait pas admettre sa faute. Ce sont les premiers pas de l’activisme féministe en Corée du Sud, réunissant victimes, partisans de la cause et organisations gouvernementales.
Ces expositions permettent de montrer aux visiteurs du musée la force de ces femmes blessées, en plein combat pour leur vie.
Le chapitre deux se termine par le Memorial Hall, une pièce dédiée à rendre hommage à toutes les femmes victimes de ces actes de barbarie. C’est ici que se trouve un mur rempli de visages, de dates de naissance et de mort de milliers de femmes et de briques noires commémorant celles dont l’Histoire n’a pas su retenir le visage ou le nom afin de ne jamais oublier. Tout visiteur est libre d’y déposer des fleurs afin de rendre hommage à chacune de ces personnes présentes.
C’est peut-être la pièce la plus marquante du musée.

Chapitre 3 : Empowering the present, advancing toward the future
Quant au troisième et dernier chapitre de ce lieu emprunt d’Histoire, il est là pour parler haut et fort des violences sexuelles que subissent les femmes en temps de guerre, notamment en Afrique avec par exemple la République Démocratique du Congo surnommée « capitale du viol » et partout dans le monde car aujourd’hui encore, rien n’a changé.

Pour conclure, ce lieu culturel n’est malheureusement pas un lieu fait pour s’amuser et rigoler entre amis ou en famille mais reste néanmoins toujours très intéressant pour les amoureux de la Corée, car le passé constitue aujourd’hui ce que nous aimons de ce pays. De plus, ce musée occupe une place toute particulière dans ce pays où les femmes ont du mal à se faire leur place. Le musée de la guerre et des droits humains des femmes de Séoul permet de montrer que l’activisme quel qu’il soit est primordial et ne doit jamais s’arrêter !
Une pensée pour toutes les femmes qui subissent aujourd’hui encore, des violences sexuelles durant les temps de guerre ou pas.
Sources : Women and War Museum | Asian Studies
Sources images et image de couverture : Women and War Museum | Tripadvisor | The Soul of Seoul



