Avez-vous déjà vu un chat de l’époque Joseon ? L’artiste Banharagu peut nous aider à les imaginer ! Cette portraitiste animalière est spécialiste de la peinture traditionnelle populaire coréenne minhwa. Partez à la découverte de son univers folklorique et de ses petits modèles à quatre pattes !
Qui se cache derrière le pseudo banharagu.01 ?
Banharagu (반하라구) est une illustratrice coréenne basée à Busan. Elle est très discrète sur sa vie personnelle et reste d’ailleurs anonyme. Son pseudo est inspiré du verbe « 반하다 » (banhada) qui signifie « tomber amoureux ». Avec ce nom, elle souhaite que les personnes tombent sous le charme de ses peintures, mais aussi des animaux qu’elle dessine, de la même manière que les propriétaires chérissent leurs animaux de compagnie.
Banharagu se définit comme spécialiste des « portraits d’animaux de compagnie » (반려동물초상화 / banryeodongmul josanghwa), expression qu’on retrouve d’ailleurs sur sa biographie Instagram.
Elle s’est fait connaître sur les réseaux sociaux pour ses illustrations d’animaux domestiques dans le style minhwa. Elle publie sur Instagram sous le pseudo @banharagu.01 depuis début 2022. Son travail est à ce jour suivi par plus de 47,5 milliers de personnes, essentiellement en Corée. Elle est également active sur Naver Blog et Kakao Talk Channel sous le même pseudo.
L’œuvre de Banharagu
Ses débuts : toujours un lien profond avec les animaux de compagnie
L’aventure graphique de Banharagu débute pendant la période post-Covid, alors qu’il lui était difficile d’avoir des activités en extérieur. En 2023, elle explique lors d’une interview pour Bricks Magazine :
« J’ai commencé à dessiner pour rendre hommage à mon premier animal de compagnie, décédé il y a longtemps. Nous étions séparés depuis si longtemps que les photos que j’avais de lui étaient décolorées et que la qualité de celles sur mon téléphone laissait à désirer. Alors, j’ai voulu faire revivre mes souvenirs en repeignant ces images. »
Par la suite, l’artiste autodidacte se met à dessiner ses autres animaux de compagnie ainsi que ceux de ses amis puis à les partager sur les réseaux. L’aventure Banharagu est lancée !
Style graphique : inspiré du minhwa
Dès ses débuts, Banharagu développe un style très personnel. Son univers reprend les codes de la peinture folklorique populaire coréenne minhwa, littéralement « peinture du peuple », dont les éléments majeurs sont les paysages, les petits animaux, les tigres et les objets de bibliothèque. Pour les curieux, le hibou Oriana l’explique d’ailleurs en détail dans son article à ce sujet.
Bien que passionnée de dessin depuis l’enfance, Banharagu n’a jamais pris de cours d’art plastique avant de se lancer dans son aventure artistique et s’est formée seule au style minhwa en se documentant.
Ses sujets de prédilection sont les animaux de compagnie, principalement, les chats et les chiens. Toutefois, il lui arrive d’en dessiner d’autres, comme des lapins ou encore des poules ! Ceux-ci sont représentés de plein pied et dans un style réaliste. Le contraste avec la toile en motif de papier hanja et les décors « aplatis », caractéristiques du style minhwa, font ressortir les animaux du tableau comme s’ils étaient en relief. Une attention particulière est donnée à la texture de la fourrure, que l’artiste dessine avec application trait par trait. Dans une interview pour le magazine ELLE Korea, elle explique à ce sujet :
« Au début, il me fallait une semaine pour terminer un projet. Petit à petit, je me suis habituée à dessiner la fourrure et les caractéristiques des animaux, donc le temps nécessaire pour finir un projet s’est graduellement raccourci. Maintenant, il me faut environ deux jours pour le terminer. »
Les décors de ses portraits reprennent les codes des peintures minhwa. On y trouve des éléments caractéristiques de ce genre tels que des fleurs (pivoines, camélia, chrysanthème, lotus), des arbres (pêchers, pins, bonzaïs), des animaux (oiseaux, papillons) et des objets du quotidien (bibliothèques, livres, pinceaux de calligraphie, vêtements traditionnels, céladons). Chaque élément de décor possède une signification. Par exemple, les camélias symbolisent la noblesse et l’amour, les pivoines, la richesse et l’honneur, les papillons, la longévité…






Pour réaliser ces portraits, l’artiste s’appuie sur des photographies envoyées par les propriétaires de ses modèles à quatre pattes. L’ajout d’éléments de décors permet de personnaliser les œuvres et de leur donner une signification. Banharagu indique dans son interview pour Bricks Magazine que les pêches sont particulièrement populaires car elles symbolisent la santé et la longévité, ce que les propriétaires souhaitent le plus pour leurs petits compagnons. Les animaux sont aussi parfois vêtus de hanbok, le vêtement traditionnel coréen. L’artiste utilise plusieurs médiums, mais l’art numérique est majoritaire dans le cadre de ce projet.
Ses expositions et ses collaborations : vers différentes facettes de Banharagu
Depuis ses débuts, Banharagu a été invitée à prendre part à des expositions collectives aux côtés d’autres artistes contemporains travaillant autour de l’esthétisme traditionnel coréen. On peut notamment mentionner sa participation aux expositions HOPE organisée par l’Atelier Cheong Eun à Londres en mai 2024, Noah’s Ark au Severence Art Space de Séoul en fin d’année 2024, Timeless Treasures : A Gift from Korea au Centre culturel coréen des Émirats arabes unis en décembre 2024 et Galleries Art Fair du Coex Hall à Séoul en avril 2025.
Avis à notre lectorat en Corée ! Banrahagu participe au moment de la publication de cet article à l’exposition 길상화보 (kilsanghwabo) qui se tient à la Salt Gallery du café SELAHS à Busan jusqu’au 31 janvier 2026. Elle y expose six tableaux et animera un atelier de peinture sur soie le 21 janvier prochain.



À côté de ses projets personnels, Banharagu compte quelques collaborations à son actif.
En 2023, elle illustre une série de spots publicitaires pour Sparta Coding Club, une école d’informatique. Dans ce projet intitulé « 훈민코딩 » (hunmin coding), on voit le roi Sejong Le Grand, inventeur de l’alphabet coréen, faire un voyage dans le temps et rapporter des technologies numériques à son époque. Dans le même temps, elle réalise des dessins pour une publicité KT faisant la promotion des téléphones Samsung Galaxy Z Flip5 et Galaxy Z Fold5. Ces deux projets relativement similaires changent par rapport à son style habituel, s’éloignant du genre minhwa pour un genre traditionnel classique.
En 2024, elle imagine le design d’une assiette pour la compagnie de services WOOWA BROS. (우아한형제들). Elle y dépeint l’histoire des services de livraison à travers différentes époques en six panneaux.
Son dernier projet : l’enseignement !
Depuis fin 2024, Banharagu s’est associée avec le Royal Garden Atelier à Busan. Elle y donne des ateliers d’arts. Lors de ces séances, les participants s’exercent à la peinture minhwa sur différents supports matériels : peinture sur lin, peinture sur soie, peinture sur toile… Elle propose également une session de peinture d’animaux de compagnie dans le genre minhwa, le style d’œuvre qui l’a fait connaître.






Banharagu développe actuellement une offre de cours d’art numérique pour ceux qui veulent s’essayer au dessin sur tablette graphique.
Pourquoi j’aime l’univers de Banharagu ?
J’ai découvert le travail de Banharagu sur les réseaux. Tout de suite, c’est la finesse des détails des animaux qui a attiré mon attention. Je ne suis d’habitude pas une grande fan des dessins animaliers réalistes, mais l’alliance avec le style traditionnel m’a paru très intéressante. C’est d’ailleurs grâce à l’artiste que j’ai découvert le style minhwa. J’étais déjà très réceptive à l’esthétique traditionnelle coréenne et aux paysages fleuris, j’ai donc été ravie de voir se combiner ces éléments anciens avec un sujet au style plus actuel. J’aime particulièrement le jeu des couleurs, à la fois colorés et tamisés. Je trouve que son univers est aussi apaisant que joyeux.
Les portraits animaliers de Banharagu dégagent également quelque chose de touchant. Derrière chaque dessin, il y a en réalité une histoire : celle des animaux et de leurs propriétaires. À l’aide des symboles, les portraits deviennent de véritables supports de vœux, grâce auxquels les propriétaires expriment leurs bons souhaits pour leur animal.
Pour conclure
Banharagu, artiste autodidacte, jongle avec adresse entre tradition et modernité. Experte du style de peinture traditionnel folklorique minhwa, elle sait se démarquer grâce à son concept insolite de portraits d’animaux de compagnie.
L’illustratrice n’a pour l’instant pas une longue carrière derrière elle, seulement quatre ans, mais parvient déjà à faire du dessin son métier. Depuis des débuts en 2022, elle a pris part à une dizaine de projets et a été l’objet de cinq articles dans la presse. Elle est actuellement professeure d’art spécialisée en peinture traditionnelle et ne cesse de faire évoluer son style graphique.
Retrouvez le travail de Banharagu sur son compte Instagram : @banharagu.01
Sources : Instagram de Banharagu | Instagram des ateliers d’art de Banharagu | Naver Blog de Banharagu | Kakao Talk Channel de Banharagu | Magazine Elle Korea | Bricks Magazine | Bricks Magazine | YouTube de KT | YouTube de Sparta Club Coding
Sources images : Instagram de Banharagu | Instagram des ateliers d’art de Banharagu | Naver Blog de Banharagu | Naver blog du café SELAHS
Traductions coréen > français : K.OWLS.



