Le nouveau plan du Bureau de l’éducation de Séoul pour protéger les étudiants LGBT et mettre fin à la discrimination dans les écoles est contesté depuis sa publication en décembre dernier. En effet, le sujet des droits LGBT reste encore tabou en Corée du Sud.
Plan de protection des droits LGBT
Ce plan, qui va s’appliquer jusqu’à 2023, devait à l’origine protéger et soutenir les élèves appartenant à des minorités, culturelles ou sexuelles, afin de mettre fin à la haine et à la discrimination dans les établissements scolaires. Les directives du plan devaient ainsi permettre à ces élèves d’être en sécurité et assurer leur bien-être.
En ce qui concerne les étudiants appartenant à une minorité sexuelle, le Bureau de l’éducation de Séoul avait l’intention de distribuer du matériel éducatif permettant de sensibiliser à l’égalité des genres dans les écoles. Il devait également envoyer des inspecteurs détecter les violations des droits de l’Homme auxquelles faisaient face les étudiants LGBT.

Contestations et pétitions
Cependant, l’inclusion des termes « élèves LGBT » a suscité des débats et les personnes s’opposant à ce plan ont déclaré que cela « encouragerait l’homosexualité » dans les écoles.
Une pétition contre ce plan de protection des droits de l’Homme a donc été publiée sur le site internet du Bureau de l’éducation de Séoul le 12 janvier 2021 et a été signée par plus de 31 000 personnes à ce jour. La personne à l’origine de cette pétition a fait part de ses inquiétudes concernant « l’idéologie » transmise à travers l’éducation nationale.
Une association réunissant 25 groupes de parents d’élèves a ensuite organisé un rassemblement le 14 janvier afin de protester contre le plan, lors duquel elle a exigé la démission de la responsable de l’éducation à Séoul.
Face à ces contestations, le Bureau de l’éducation de Séoul a fini par retirer les termes « minorités sexuelles » de son plan de protection des étudiants.

Rappel sur les droits LGBT en Corée du Sud
Il faut savoir que la Corée du Sud reste majoritairement intolérante envers les personnes LGBT : un sondage mené en 2014 par la Commission nationale des droits de l’Homme de Corée montrait que 92 % des adolescents appartenant à une minorité sexuelle avaient déjà été victimes de discours haineux, et dans 80 % des cas, de la part de leurs professeurs.
Une association regroupant 138 groupes de droits de l’Homme a donc salué l’effort du Bureau de l’éducation de Séoul, qui est l’un des premiers documents officiels de l’éducation à mentionner la protection des minorités sexuelles dans le pays.
Si vous voulez en savoir plus sur la communauté LGBT en Corée du Sud, n’hésitez pas à lire cet article publié l’année dernière sur notre site.
Source : The Korea Herald

