L’oiseau aux ailes d’or s’envole. Ses ailes larges de plusieurs dizaines de li battent au-dessus de la mer d’azur. Mais ce battement n’a pas la violence et la vigueur qui chassent les démons et les mauvais dragons.
À propos de l’auteur

Le style de Yi Mun Yol s’évertue à laisser aux lecteurs le choix de leurs interprétations. Après des siècles de littératures aux fins morales, Yi Mun Yol ouvre, dans le silence, l’horizon du récit. Son œuvre peut être séparée en deux catégories. D’un côté, il y a les fables politiques qui explorent les injustices sociales ; de l’autre, il y a les œuvres semi-autobiographiques qui observent les peurs existentielles, la perte d’identité ou l’implosion des communautés.
Résumé
Kochuk, abandonné par sa mère à la mort de son père, est confié au maître calligraphe Soktam. Apparemment doté d’un don pour la peinture et la calligraphie, l’enfant grandit sous l’hostilité du maître dont il veut obtenir l’affection. En quête de l’oiseau aux ailes d’or qui jaillira de son art, Kochuk vieillit et se remémore ce temps passé où son art, quittant l’art traditionnel, essayait de se teinter d’inspiration occidentale. Qu’est-ce que l’art, questionne l’oiseau. Et les peintres de brûler leur vie à essayer d’y répondre à grands coups de pinceau.
Mon avis sur L’oiseau aux ailes d’or
Cette nouvelle d’une centaine de pages m’a saisie par son tranchant à la première lecture. Le personnage de Kochuk et sa quête d’art semblent tous deux, aux heures de la vieillesse, tellement vains. Mais à la deuxième lecture, on découvre une réflexion complexe de l’auteur sur le rôle de l’art et la rencontre de ses expressions occidentales et orientales au vingtième siècle. Ainsi, ce récit peut se lire selon plusieurs angles. Le premier raconte l’histoire d’un individu, le talentueux calligraphe Kochuk. Le deuxième parle de la transformation de la culture artistique coréenne au vingtième siècle. Le troisième réfléchit à la nature de l’art sur un plan plus métaphysique. Le quatrième, c’est la vie de l’auteur telle qu’il l’esquisse dans ces pages.
Parce qu’il y a tous ces angles d’interprétations, cette nouvelle très divertissante est aussi un objet littéraire vraiment complexe. En lisant ce livre, on comprend pourquoi Yi Mun Yol est considéré comme l’un des meilleurs auteurs coréens contemporains. Il réussit à mêler des éléments autobiographiques très personnels à des questionnements généraux sur l’art tout en parlant, avec un regard presque historien, de la Corée moderne. L’oiseau aux ailes d’or est un véritable petit bijou littéraire. Si vous le trouvez au détour d’un rayon, ne manquez pas de le lire.
Où le trouver ?
L’oiseau aux ailes d’or de Yi Mun Yol, trad. CH’OE YUN, Patrick MAURUS, Ed.Actes Sud Littérature, Lettres coréennes, février, 1990, ISBN 978-2-8686-9494-2
Sources : LTI Korea |Bibliomonde |Actes Sud
Article rédigé par Casado Hélène.

