Pour toutes les personnes qui aiment les histoires remplies de secrets, de mensonges et de retournements de situation, ou pour l’ensemble des dramavores qui adorent le glamour et le chic du milieu très sélectif des cheabols, vous êtes au bon endroit !
À la suite de notre nouvelle rubrique sortie le mois dernier (La K’sélection dramas et films coréens) et l’engouement de l’équipe TV/Ciné, j’ai décidé de me lancer dans le visionnage un peu à l’aveugle. Sachez que c’était un de mes meilleurs choix de février ! Alors si vous voulez en savoir plus sur mon dernier coup de cœur, The Art Of Sarah, la suite est pour vous très chers Owlers.
Présentation du drama The Art Of Sarah
The Art Of Sarah en bref
The Art Of Sarah est un drama de 8 épisodes sorti le 13 février dernier sur Netflix. Il est réalisé par Kim Jin Min (My Name, The Liar And His Lover, God Of War). Pour le scénario, il est confié à Chu Song Yeon dont il s’agit du premier drama.
En parlant de l’histoire, voici un bref résumé : Sarah Kim est une femme mystérieuse. Déterminée à devenir une icône du luxe, elle est prête à user de tous les moyens pour y parvenir. Mais à quel prix ? C’est ce qu’essaie de savoir l’opiniâtre détective Park Mu Gyeong, bien décidé à comprendre ce qui lui est arrivé.



Le casting du drama The Art Of Sarah
Shin Hye Sun est une actrice que vous avez déjà pu voir dans les dramas Dear Hyeri, See You In My 19th Life ou Mr. Queen. Elle interprète le rôle de Sarah Kim.
Lee Joon Hyuk est un acteur qui est apparu dans les dramas Love Scout, The Veil et No Mercy. Il incarne le rôle de l’inspecteur Park Moo Kyeong.
Park Bo Kyung joue dans les dramas Genie Make A Wish, Moving et Beyond Evil. Dans The Art Of Sarah, elle joue le rôle de Jeong Yeo Jin.
Kim Jae Won est un acteur que vous avez pu voir dans les dramas Hierarchy et Our Blues. Il sera d’ailleurs à l’affiche du prochain Yumi’s Cells (saison 3). Dans le drama The Art Of Sarah il interprète le rôle Kang Ji Hwon.
Jung Da Bin est une jeune actrice à l’affiche des dramas High Cookie, Live On et Glitch. Elle joue ici le rôle de Woo Hyo Eun.
Les raisons de mon coup de cœur envers The Art Of Sarah
Une esthétique visuelle travaillée
Dans The Art Of Sarah, l’esthétique visuelle est travaillée mais il ne s’agit pas seulement d’une question de cinématographie.
Il y a quelques années en arrière, le film Parasite a été encensé par la critique notamment pour sa cinématographie : tout d’abord car l’esthétique du film était visuellement travaillée et représentative mais aussi et surtout car chaque image avait été choisie pour exprimer un propos. Les lignes, les nombres, les lieux, les espaces, tout avait été méticuleusement réfléchi pour que les idées du film, à savoir notamment l’idée de castes, soient aussi bien exprimées par le scénario mais aussi par l’image.
Dans The Art Of Sarah, la volonté est similaire. Effectivement, les scènes sont visuellement esthétiques et plaisantes. On s’imagine parfaitement faire partie de cette élite. Les couleurs sont d’ailleurs vives et scintillantes. Pourtant, lorsque la réalité nous rattrape, la colorimétrie devient sombre et terne. Ces deux mondes entrent en collision aussi bien au travers de l’histoire que par l’image qu’on en a à l’écran et les différences deviennent saisissantes. Le propos n’a pas besoin d’être évoqué car il est très largement souligné par l’image.
De plus, les contrastes sont si forts qu’ils nous donnent une impression de rêve et de cauchemar entre la réalité que Sarah souhaite et à laquelle elle aspire, et celle dans laquelle elle vit.
Les lieux font partie intégrante de l’histoire et ne servent pas simplement de fond ou d’arrière-plan. D’ailleurs, les bâtiments ou lieux choisis pour aborder la Sarah riche et élitiste sont souvent immenses avec de grands espaces, tandis que les autres sont beaucoup plus restreints, comme si liberté et prison entraient en permanence en collision… Serait-ce une métaphore visuelle du huis clos et de l’enfermement intérieur de Sarah ?





Attention, les parties qui vont suivre peuvent vous spoiler des informations ou des images du drama. Je vous conseille donc de les lire après avoir visionné le drama. Si vous souhaitez éviter les spoilers, vous pouvez reprendre votre lecture de l’article ici.
Un huis clos métaphorique et physique
Un huis clos définit une œuvre dans laquelle l’action se déroule dans un lieu unique et enferme donc ses personnages dans une pièce, un endroit dont ils ne peuvent pas sortir.
Dans le drama The Art Of Sarah, une majorité de l’intrigue se déroule dans cette salle d’interrogatoire où Sarah Kim et l’inspecteur Park Moo Kyeong se font face. Les seuls moments où les personnages et nous, les spectateurs, sommes autorisés à quitter la pièce, sont lors de retours en arrière, qui sont d’ailleurs souvent centrés sur des lieux fermés, étroits où un sentiment de prise au piège ressort. Par ailleurs, ces flashbacks permettent de lier les éléments de l’enquête et de pouvoir définir ou imaginer ce qu’il s’est passé et comment nous en sommes arrivés ici.
Mais plus qu’un enfermement visuel représenté par cette salle d’interrogatoire, le drama utilise aussi le métaphorique. Cette salle n’est pas qu’un simple lieu, elle nous permet aussi de nous représenter physiquement ce que ressent Sarah, à savoir son sentiment d’être confinée et enfermée dans une caste et une vie qu’elle n’a pas choisies. Malgré tous ses efforts pour réussir à s’en éloigner et à s’échapper de sa condition, elle se retrouve sans cesse ramenée à sa condition d’origine.
Pourtant, cette salle d’interrogatoire sera le dernier lieu de confinement psychologique dans lequel le spectateur la voit. Elle lui permettra son ultime tentative d’évasion. En renonçant à son identité, elle devient enfin libre de ses chaînes, un comble quand on sait qu’elle termine par la suite en prison.
La dernière scène de cette série nous exprime bien ce moment : le policier lui demande sa véritable identité et se retrouve ainsi coincé dans un mystère sans réponse, tandis que la prévenue est telle une page blanche ou un nouveau-né. Elle n’est plus piégée par aucune case, caste et identité. Elle est enfin libre psychologiquement de ses chaînes et peut enfin devenir qui elle veut sans contrainte.
Ainsi, la question « Qui est Sarah ? » devient la prison de l’inspecteur mais aussi du spectateur…






Qui est Sarah ?
Quand on se lance dans le drama The Art Of Sarah, une obsession naît rapidement chez le spectateur, à savoir découvrir « Qui est Sarah ? ».
Dans un premier temps, Sarah est présentée comme une rumeur : une femme fascinante, qui possède tellement d’argent qu’elle dépense sans compter. Une femme d’affaires venue de l’étranger qui serait à la tête d’une nouvelle marque de luxe. Une femme de l’élite qui fait partie des personnages les plus influents du monde de la mode.
Sarah est donc une femme glamour et mystérieuse mais très vite, elle devient cette héroïne, cette martyre assassinée dans les égouts dans la discrétion la plus totale, à la suite d’une soirée de lancement de sa marque Boudoir. Elle devient une femme déchue à qui on a voulu retirer ses privilèges et son influence en la cachant dans l’endroit le plus sale au plus proche de son monde d’origine.
On pleure donc la perte de cette femme incroyable qui, malgré son ascension sociale, n’a pas l’air d’être imbue d’elle-même et prend soin de ses employés, peu importe leur grade. Par ailleurs, elle entretient une relation d’amitié importante avec une autre entrepreneuse qui se voyait perdre sa confiance en soi face à sa non-acceptation par l’élite.
Après ce constat et cette position de martyre, le drama bascule et nous découvrons la face cachée de Sarah, à savoir une femme manipulatrice. Arrivée de nulle part, elle n’hésite pas à utiliser les personnes autour d’elle pour arriver à ses fins mais aussi à transformer des scènes anodines en sa faveur…
Mais ce n’est pas tout, plus le drama avance, plus l’on comprend que Sarah Kim n’existe pas et qu’il s’agit d’une identité créée de toutes pièces afin de se venger et de permettre à l’héroïne de s’extraire de sa pauvre condition.
Sarah est donc une identité parmi tant d’autres. Par conséquent, il est impossible pour l’inspecteur du drama et pour le spectateur de pouvoir définir l’héroïne. Tout se mélange et la vérité finit par être floue. Tout devient à la fois indissociable et complètement contradictoire…
Quand je pense au personnage de Sarah Kim, une image d’une peinture de Picasso me vient en tête et je comprends enfin pourquoi cette affiche faite de collages et l’utilisation de la phrase d’accroche comme une censure du personnage. Tout n’est que mensonge…Finalement, ce n’est pas son identité qui est importante : celle-ci finit par devenir secondaire.
Sarah Kim représente l’envie et le désir à l‘état pur. On pourrait même croire qu’il s’agit juste d’une personnification de l’état psychologique du personnage. Une chimère éphémère coincée dans un tissu de mensonges et de vérités cachée.









Des révélations au sein de l’équipe de tournage
Pour ma part, je trouve que le drama The Art Of Sarah est un prodige visuel et scénaristique. J’appréciais déjà les esthétiques du réalisateur Kim Jin Min notamment avec ses dramas Extracurricular, Mariage Contract ou encore Lawless Lawyer, mais je trouve que The Art Of Sarah est sa meilleure réalisation. En ce qui concerne le scénario, j’ai été bluffée et happée tout du long. Il s’agissait du premier travail de scénariste de Chu Song Yeon, mais j’espère que ce ne sera pas son dernier. J’attends avec impatience son prochain projet.
Enfin, on ne peut pas parler de The Art Of Sarah sans parler de ses acteurs. L’ensemble du casting délivre une performance incroyable mais je voudrais m’attarder sur ses acteurs principaux que j’ai trouvé saisissants ! Ils partagent beaucoup de scènes en commun avec des passages très expressifs et j’entends expressifs pas seulement dans les mots mais surtout dans leur langage corporel. Parfois, le son n’est pas nécessaire pour comprendre les dessous et tenants de la scène ainsi que les enjeux de l’instant. Ils partageaient déjà l’affiche du drama Secret Forest/Stranger en tant que personnages secondaires et ils m’avaient déjà fait forte impression mais de les retrouver en tête d’affiche avec cette performance… Incroyable !


Conclusion
Pour terminer, The Art Of Sarah est un drama dont je vais me souvenir pendant très longtemps et ce, pour plusieurs raisons.
Alors si cet article n’a pas suffi à vous convaincre, je vous offre deux arguments supplémentaires (c’est cadeau !) :
- Sachez que The Art Of Sarah est disponible en version française. Vous pourrez donc le découvrir avec votre famille, vos amis ou vos amoureux non-dramavores !
- Si vous aviez apprécié l’ambiance de Celebrity avec ses flashbacks, sa filmographie originale et cette infiltration au sein des ultra-riches, mais souhaitez quelque chose de plus sombre… jackpot !
Maintenant, j’espère vous avoir convaincus. Pour ma part, je me dirige vers un nouveau coup de cœur, mais ça sera peut-être le sujet d’un prochain article. Bon visionnage les Owlers !
Sources : Hancinema ı Mydramalist
Source images de Une et acteurs : Hancinema






