Découvrez le monde des rêves au travers des yeux remplis d’étoiles d’une jeune employée dans le premier roman de Lee Mi Ye : Le Grand Magasin des Rêves.
Synopsis
Coûte que coûte, Penny veut accomplir son rêve de travailler dans le Grand Magasin des Rêves. Malgré ses inquiétudes et sa nervosité, elle se prépare pour son entretien avec Dollagoot, un patron assez unique. Après avoir brodé un peu lors de celui-ci, elle est embauchée et peut commencer à y travailler. Les découvertes de cette jeune femme très curieuse et enthousiaste nous invitent à la rencontre du monde du sommeil et de ceux qui le peuplent.
Qui est Lee Mi Ye ?

Loin d’avoir fait des études de lettres, Lee Mi Ye (이미예) était ingénieure chez Samsung avant de partir et de poursuivre ses rêves d’auteure. Sorti en 2020, Le Grand Magasin des Rêves (달러구트 꿈 백화점) est son premier roman. Il a fait un carton en Corée, restant trois semaines à la première place des ventes. La traduction française vient de paraître en janvier de cette année. Quant au second tome de la duologie, paru en 2021, sa traduction française n’a pas encore été annoncée. Cependant, pour les impatients qui lisent en anglais, celui-ci paraîtra en novembre 2024 (Return to the DallerGut Dream Department Store).
Mon avis sur Le Grand Magasin des Rêves
Une découverte sans intrigue
Le Grand Magasin des Rêves n’est pas un roman dont l’intrigue tient le lecteur en haleine ; j’irai même jusqu’à dire qu’il n’y a pas d’intrigue. Cependant, la découverte de ce monde inconnu au travers d’une jeune employée est on ne peut plus suffisante pour me garder intéressée et curieuse. À la place, comprendre petit à petit comment le magasin fonctionne, ce qui est nouveau pour Penny comme pour nous et accepter ce qui est normal pour elle et tout à fait étrange à nos yeux, m’a fait rêver au fil des pages. La logique du fonctionnement du magasin ou du monde dans lequel Penny vit est curieusement semblable aux sociétés capitalistes que nous connaissons. Mais avec un grain de sel fantastique qui rend l’expérience commerciale plus sympathique.
Par moments, Penny découvre également des aspects de la société, qui peuvent nous sembler normaux, et elle offre son point de vue externe, telle une alien observant la Terre. Un point de vue qui me paraît souvent trop neutre, comme si l’auteure avait manqué l’opportunité d’approfondir son analyse et d’apporter une critique de la société coréenne.
Un roman dit healing
C’est une lecture confortable et relaxante qui se retrouve bien dans le courant des romans healing qui font fureur. Les idées ingénieuses présentées au travers de petites histoires, telles des anecdotes, les rêves des personnages, font une lecture agréable à laquelle il est facile de revenir. Même si c’est pour 20 minutes dans les transports en commun. Je dois cependant admettre que j’étais tout excitée au début de ma lecture en découvrant ce nouveau monde grâce aux différents moyens choisis par Lee Mi Ye, comme des rencontres inattendues, contes ou articles. La présentation initiale de ce monde peut être saisie d’une manière particulièrement ludique. N’ayant pas lu le résumé, je n’avais que le titre et la couverture comme informations sur le livre et cela n’a fait qu’augmenter mon enthousiasme.
Un coup d’œil aux couvertures
Justement, je souhaite attirer votre attention sur l’illustration de la couverture. On y retrouve le visage d’une jeune femme, supposément Penny, dont la tête déborde de rêves : une illustration belle et invitante. Même si l’histoire parle davantage du magasin, la couverture française rappelle au lecteur qu’on n’en découvre que le point de vue de Penny. En guise de comparaison, dans les éditions coréenne et anglaise, l’illustration met en avant le bâtiment. Ces deux-ci ont également un sous-titre, Le rêve que vous avez commandé est épuisé (The dream you ordered is sold out). Le titre, le sous-titre et l’illustration indiquent très clairement le côté commercial exploré dans le roman, qui m’a fait bien moins rêver que l’illustration française, bien que l’air mystérieux de l’édition coréenne m’attire aussi.



D’autres échos du club de lecture
Le 13 juin, le centre culturel coréen de Bruxelles organisait un club de lecture auquel j’ai participé. Afin d’approfondir mon avis, voici des observations faites lors de notre discussion. Les participantes étant exclusivement des femmes ce soir-là, je n’utilise que le terme lectrice.
Nous avons toutes reconnu le manque de profondeur dans ce roman rempli de bonnes idées. Le côté superficiel nous a même fait questionner si Le Grand Magasin des Rêves était pensé pour une audience jeune adulte. Certaines font remarquer que l’auteure décrit Penny comme une personne curieuse, qui pense et agit différemment des autres, mais les lectrices ne la voient jamais en action.
Les sujets capitalistes et commerciaux autour du magasin sont discutés avec l’émerveillement d’une nouvelle employée un peu naïve. Cela n’est évidemment pas bien passé chez de nombreuses lectrices présentes. Cependant, au fil de notre discussion, nous avons réalisé que le roman était sûrement pensé comme la première partie d’un diptyque, et qu’après l’émerveillement vient le désenchantement. Et cela m’intrigue suffisamment pour que, malgré l’absence d’intrigue ou de suspense, je lise le second tome.
Où le trouver ?
Le Grand Magasin des Rêves, paru en janvier 2024 aux éditions Picquier, peut se trouver en librairie pour 22 €. Celui-ci est directement traduit du coréen au français par Choi Kyung Ran et Pierre Bisiou.
ISBN: 978-2-8097-1648-1
Source : Editions Picquier
Sources images : Editions Picquier | Editions Sam & Parkers | Amazon.UK
Article de Nabi.

