Ce vendredi 3 avril 2020, le président Moon Jae In a participé à la commémoration du soulèvement de Jeju. Le président de la République de Corée a pris part à la cérémonie commémorative en rendant hommage aux victimes et en rappelant l’importance de partager les souvenirs afin que les citoyens puissent rêver de paix, de réunification et d’unité du peuple.
Que s’est-il passé le 3 avril 1948 ?
Tout commença le 1er mars 1947, lorsque les habitants de Jeju organisèrent des manifestations sur l’île. Le chaos de la guerre rendait incertain l’évolution politique de la péninsule et les deux Corée n’étaient pas encore officiellement constituée (15 août 1948 pour la Corée du Sud et 9 septembre 1948 pour la Corée du Nord). En novembre 1947, les Nations Unies prévoient des élections libres pour permettre aux Coréens de choisir leur gouvernement sans occupation japonaise. Sur l’île de Jeju, les habitants s’étaient organisés en comités populaires. Entre mars et mai 1948, les tensions ne font que monter sur l’île et après des attaques de plusieurs postes de police, le gouvernement de Rhee Syngman ordonne une vaste opération de représailles. Celle-ci débute le 03 avril 1948. Les élections sont annulées sur l’île et plusieurs dizaines de milliers de personnes sont massacrées ou portées disparues. Quelques 30 000 personnes au total sont tuées, soit 10 % de la population de l’île, dont des femmes, des enfants et des vieillards.
Moins connu que le soulèvement de Gwangju de 1980, le soulèvement de Jeju a été crucial dans l’histoire de la Corée du Sud. Mouvement populaire survenu dans le chaos de l’après-guerre, il a été violemment réprimé par le gouvernement de Rhee Syngman et a fait plusieurs milliers de morts et disparus. Tu pendant des décennies, le soulèvement de Jeju reste un profond traumatisme pour les Coréens et transparaît dans de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques.
Voici les œuvres dont les hiboux ont pu traiter jusqu’ici :
- Le documentaire Haewon de Gu Ja Hwan (구자환)
- Le roman Filles de la Mer de Mary Lynn Brach
Une commémoration importante
En janvier 2000, une commission d’enquête a finalement été établie. Puis, en 2003, le président Roh Moo Hyun a présenté pour la première fois les excuses officielles de l’État sud-coréen.
Aujourd’hui, le gouvernement a à cœur de rappeler la mémoire populaire qui a favorisé le développement du modèle démocratique sud-coréen. Moon Jae In a ainsi affirmé qu’il relevait du devoir de l’État de faire la lumière sur ce qui s’était exactement passé pour rétablir la justice historique et juridique mais aussi pour les familles des victimes longtemps ignorées.
Il a, par ailleurs, demandé à l’Assemblée nationale d’adopter un projet de révision de la loi spéciale sur l’événement dit du « 3 avril » dans le but d’assurer les dédommagement aux familles des victimes.
Article rédigé par Casado Hélène.

